La marche vers paques – marchands d’illusions, diversions, égarement dans l’église : Abbé Alphonse Yop Diouf exhorte les chrétiens à puiser à la source d’eau vive
Le Carême est un temps de conversion où le chrétien, par la pratique du jeûne, de la prière et de la charité, est appelé à revenir vers Dieu et à aimer son prochain. Dans cette marche de 40 jours qui conduit à la Pâques, Abbé Alphonse Yop Fa Maak Diouf met en garde les fidèles catholiques contre les marchands d’illusions. Ainsi, à l’image de la femme samaritaine, venue puiser au puits de Jacob, dans la liturgie du troisième dimanche de Carême, le vicaire de la fondation Saint Maurice des HLM, dans l’archidiocèse de Dakar, souligne que l’homme des temps modernes traine encore les casseroles de l’idolâtrie et de l’impiété qui le mènent dans une dépendance aveugle aux faux dieux. Au regard de ces égarements cruciaux et alarmants, il les exhorte à puiser à la source d’eau vive, qu’est le Christ. Enseignement…
De plus en plus des chrétiens de l’Eglise catholique sont partagés entre les différentes églises, à la recherche d’eau vive, ou encore se versent dans l’idolâtrie au moment où le Sauveur se tient à la porte de leur vie. S’appuyant sur la liturgie du troisième dimanche de Carême où la femme samaritaine est venue puiser au puit de Jacob, à une heure chaude de la journée (midi), Abbé Alphonse Yop-Fa-Maak Diouf, vicaire à la fondation Saint Maurice des HLM, dans l’archidiocèse de Dakar, estime que « la condition de la femme samaritaine est le portrait de la société de consommation évoluant dans un clivage idéologique des valeurs ». L’extrait du passage de la femme samaritaine dans la liturgie, qui avait cinq maris dans sa vie et qui vivait en concubinage avec l’actuel, fait dire à Abbé Alphonse que « cette représentation est une illustration pour notre contexte socio-culturel et religieux où l’infidélité et la prostitution religieuse constituent une licence et une marque distinctive des fils de la perdition. Qui plus est, les marchands d’illusions attirent leurs clients au moyen des pactes qui les lient en contrat sans jamais étancher leur soif ni combler leur désir ».
Au regard de ces égarements cruciaux et alarmants, abbé Alphonse apporte un éclairage sur les tentations qui guettent certains chrétiens dans cet univers ésotérique. Il existe, selon lui, de nos jours, des puits d’eaux mortes à l’aspect séduisant et à la fois attrayant, faisant l’objet d’un marchandage proposé aux assoiffées de salut. Il relève que l’expérience que nous vivons en Eglise a montré des divisions dans les communautés, dans les familles, dans des couples, au sein d’une même fratrie confessionnelle. Pire encore, l’on tente de justifier ce fait tente par un prétendu « don de l’Esprit-Saint » qui, soi-disant, opère des séparations entre le bien et le mal, entre des pécheurs et des saints. Voilà, alerte le vicaire, une grosse erreur, un égarement monumental, une ruse du démon qui tente de briser la communion comme véritable fruit de l’Esprit-Saint. Car, en faisant connaitre le don de Dieu à la femme samaritaine, Jésus offre un fruit essentiel : celui de l’unité.
PUISER A LA SOURCE D’EAU VIVE
A en croire abbé Alphonse Yop Fa-Maak Diouf, il y a les puits d’eaux altérées par l’esprit de la séduction du monde. Ces fontaines dans lesquelles vit l’esprit des eaux mènent certaines personnes à la déroute de la perversion des mœurs, moyennant une satisfaction charnelle des passions et des pulsions sexuelles. « Toi croyant, évite de boire à ces sources altérées, au risque de te souiller et d’être possédé. Evite de boire à ces sources qui n’étanchent jamais ta soif de bonheur, ces sources périmées qui, au lieu de t’enrichir, déshydratent ton âme et appauvrissent ta vie », déclare-t-il. Et d’orienter le croyant vers la direction du salut : « toi chrétien, puise à la source d’eau vive qui est le Christ. En Lui, tu trouves l’eau qui désaltère à jamais. Cette offre ne s’achète pas, elle est plutôt un don gratuit. Elle est illimitée comme la grâce du baptême et se renouvelle toujours dans la pratique de la prière et des bonnes œuvres ».
Le vicaire de Saint Maurice estime aussi qu’il existe des puits d’eaux tarissables. Ces puits appartiennent aux idoles de l’argent et du pouvoir. « N’oublie pas que, quelle que soit la grandeur et la force de ces puissances économiques et politiques, ces puits s’évaporent et s’assèchent à la longue. Rappel-toi alors que les biens matériels sont des nuits éphémères et saisonnières. La communion au corps et au sang du Christ vous assure l’immortalité. Car comme l’affirme le Christ : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive, celui qui croit en moi ! Comme dit l’écriture : De son cœur couleront des fleuves » (Jn7, 38) », enseigne-t-il.
Et d’exhorter les chrétiens égarés à un retour vers la maison du Père, l’Eglise universelle qui croit au Père, Fils et Saint Esprit. « Bien aimés, il ne faut plus courir, il ne faut plus chercher loin, il ne faut plus dépenser au risque d’être arnaqués, il ne faut plus rêver au risque d’illusion. L’apôtre Paul a proclamé par une révélation, dans sa lettre aux romains cette vérité fondamentale : « l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui habite dans nos cœurs (Rm 5, 5). Sachez maintenant lire l’heure mes frères et sœurs. Nous voici à l’heure des vrais adorateurs en Esprit et en vérité. Le Christ habite en chaque baptisé et fait jaillir en ce dernier une eau de renaissance et de purification ».
Réalisée par Denise ZAROUR MEDANG

