Gabon: le gouvernement dément fermement les accusations de torture contre l’ex-Première dame Sylvia Bongo

Le ministre de la Communication du Gabon, Germain Biahodjow, a vivement réagi après l’interview réalisée par nos confrères de France 24, avec l’ancienne Première dame Sylvia Bongo. Interview pendant laquelle l’épouse d’Ali Bongo est revenue pour la première fois sur sa détention de vingt mois après le coup d’État de 2023. Elle affirme avoir été torturée avec son fils Noureddin Bongo. Le gouvernement a fermement démenti ces accusations et menacé de suspendre les médias relayant ces propos.

Arrêtés après le coup d’État militaire du 30 août 2023 ayant porté au pouvoir le général Brice Oligui Nguema, depuis élu président, Sylvia Bongo, épouse du chef de l’État renversé Ali Bongo Ondimba, et son fils Noureddin Bongo avaient été emprisonnés pendant 20 mois au Gabon avant d’être remis en liberté provisoire et autorisés à quitter le pays, ce qu’ils ont fait en mai 2025.

Ce 6 mars 2026, l’ancienne Première dame gabonaise, Sylvia Bongo, s’est entretenue avec France 24 depuis Londres, au Royaume-Uni, où elle vit désormais en exil. Lors de cette interview exclusive, elle affirme avoir été, avec son fils Noureddin Bongo, victime de sévices corporels lors de ses vingt mois de détention.

Elle décrit son fils à l’issue des séances de torture: « Il était tuméfié de partout (…) avait les yeux qui sortaient des orbites ». Elle explique avoir été « enfermée dans le sous-sol de la présidence » et « torturée ».

« Ils m’ont frappée, c’étaient des tortures physiques ».

Sylvia Bongo, ancienne Première dame 

Dans cet entretien, Sylvia Bongo raconte aussi avoir été convoquée trois fois au cours de sa détention par l’actuel président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, et affirme avoir été menacée, lors de leur première entrevue, de n’être jamais libérée. « Il ne faut pas raconter les tortures » subies, lui aurait-il demandé.

Selon France 24, son fils a diffusé plusieurs vidéos de leur captivité ces derniers mois. L’une d’elles montrerait Brice Clotaire Oligui Nguema demandant à Sylvia Bongo de garder sous silence les sévices infligés. Sylvia Bongo a aussi affirmé avoir été « traitée de sale blanche ». Née à Paris, l’ancienne Première dame gabonaise est également française.

La consule de France à Libreville a été plusieurs fois informée de la détention de Sylvia et de son fils, et des mauvais traitements subis, affirme Sylvia Bongo. Mais « pas grand chose ne s’est produit »« Je me suis sentie abandonnée », confie-t-elle. « J’ai eu trop mal », conclut l’épouse d’Ali Bongo. « Je ne retournerai jamais au Gabon ».

L’ancienne Première dame s’est également exprimée sur l’état de santé d’Ali Bongo à la fin de sa présidence, en 2023. « Cela a été très difficile pendant trois mois », raconte Sylvia Bongo affirmant que son époux était alors partiellement handicapé. « En Afrique, être handicapé est malheureusement mal vu, je ne voulais pas que mon mari se représente ».

« Allégations diffamatoires »

« Le gouvernement récuse fermement ces allégations diffamatoires. Durant leur détention, l’ancienne Première dame, son fils Noureddin Bongo Valentin, ont bénéficié d’un traitement conforme aux règles de droit et au respect de la dignité humaine. Aussi, le gouvernement condamne avec fermeté la diffusion de ces contre-vérités et de récits déformés », a déclaré dimanche 8 mars Germain Biahodjow, le ministre gabonais de la Communication lors d’une conférence de presse.

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Conférence de presse du ministre gabonais de la Communication, Germain Biahodjow, dimanche 8 mars 2026 à Libreville, Gabon.

Il dénonce « la diffusion de contrevérités et de récits déformés, amplifiés par certains médias occidentaux qui, sans vérification suffisante, servent de relais à des campagnes de désinformation » contre le Gabon. Le gouvernement gabonais « se réserve le droit de prendre les mesures nécessaires, y compris (…) suspendre leur droit de diffusion sur le territoire national », a-t-il menac

20 ans de réclusion criminelle

Mi-novembre, la cour criminelle de Libreville a condamné en leur absence Sylvia et Noureddin Bongo, installés à l’étranger, à 20 ans de réclusion criminelle, notamment pour détournements massifs de fonds publics. Les avocats de la famille Bongo ont indiqué en mai 2024 avoir déposé plainte devant la justice française pour « arrestation illégale » et « séquestration aggravée par des actes de tortures et les actes de barbarie » de plusieurs de ses membres, dont Sylvia et Noureddin Bongo, qui possèdent, comme Ali Bongo, la nationalité française.

Leurs conseils avaient assuré que Sylvia Bongo avait été « battue et étranglée » et contrainte d’assister aux tortures infligés à Noureddin Bongo, notamment « battu (…) étranglé, fouetté ou encore électrocuté au taser ». Le gouvernement gabonais avait déjà réfuté à l’époque toute « forme de torture ou de mauvais traitement » contre le président déchu ou sa famille.

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