Les États pétroliers d’Afrique centrale, grands gagnants de la crise au Moyen-Orient?

Les bombardements en Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz ravivent les craintes d’un choc pétrolier. Congo, Gabon, Angola, Nigeria… Certains pays pétroliers d’Afrique centrale et les grandes firmes pétrolières de ces pays pourraient tirer parti de la crise.

La fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran, décidée suite aux bombardements dans la région, a ravivé les craintes d’un choc pétrolier mondial. Ce passage stratégique, par lequel transite environ 20% de la production mondiale de pétrole, est crucial pour l’approvisionnement énergétique global.

Alors que les tensions s’intensifient, les pays africains sont exposés comme ailleurs à la flambée des prix et aux risques de pénurie. Mais les pays pétroliers d’Afrique centrale, tels que le Congo, le Gabon, l’Angola et le Nigeria, pourraient tirer parti de cette situation.

Des recettes pétrolières en hausse? 

Le détroit d’Ormuz est un canal vital pour le transport du pétrole des pays du Golfe, notamment l’Arabie Saoudite, l’Iran et les Émirats arabes unis. Chaque jour, environ 21 millions de barils de pétrole y transitent.

La fermeture de ce passage entraîne une diminution de l’offre mondiale, ce qui, selon les lois de l’offre et de la demande, provoque une hausse des prix du pétrole. La mise en pause des échanges via ce détroit a déjà fait bondir le baril d’or noir à 80 dollars. Les pays africains producteurs de pétrole pourraient ainsi « voir leurs recettes pétrolières considérablement augmenter« , explique Brice Voltaire Etou Obami, économiste et expert-comptable

Les États d’Afrique centrale, grâce à la « qualité de leur brut« , sont bien positionnés pour bénéficier de la hausse des prix du pétrole, détaille l’économiste. Il cite l’exemple du Congo, avec sa Société nationale du pétrole, qui produit un pétrole léger, très prisé par les raffineries. 

Des efforts pour le FMI

Lors du dernier sommet de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) à Brazzaville, les dirigeants ont réaffirmé leur engagement à améliorer la transparence et à limiter les déficits. Ces efforts visent à convaincre des institutions comme le Fonds monétaire international (FMI) de la stabilité économique de la région, selon Brice Voltaire Etou Obami. 

« L’émergence économique ne se décrète pas. Elle repose sur trois piliers: la diversification économique, la transformation industrielle et la bonne gouvernance », estime-t-il. Au Congo, des initiatives telles que l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) et la réforme des finances publiques sont déjà en cours pour atteindre ces objectifs. « Il faut maintenant accélérer cette marche« , assure l’économiste.

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