Révolution du Fouta-Toro (1776-2026) : 250 ans d’héritage et de mémoire ravivés

Le Comité mémoriel de la Révolution du Fouta-Toro (Comref) a lancé, le mardi 24 février 2026, à Dakar, les activités commémoratives du 250ᵉ anniversaire de la révolution du Fouta-Toro (1776-2026). La cérémonie a été marquée par le dévoilement de deux monuments à la Place du Souvenir africain, rappelant l’héritage des figures majeures de l’Almamyat.

Les activités commémoratives du 250ᵉ anniversaire de la Révolution du Fouta-Toro (1776-2026) ont été officiellement lancées hier, à Dakar, sur l’esplanade de la Place du Souvenir africain. L’événement organisé par le Comité mémoriel de la Révolution du Fouta-Toro (Comref), en partenariat avec le Centre de recherches Baajoordo, a été l’occasion pour les organisateurs de rappeler le message porté par les révolutionnaires du Fouta en 1776.

« Au XVIIIᵉ siècle, ce siècle dit des Lumières, (…), pendant qu’en Europe se développaient des idées nouvelles, nos propres « Lumières » guidaient déjà les populations vers une société organisée et moderne, à travers l’instauration de l’Almamyat», s’est réjoui Mamadou Youry Sall, directeur du centre Baajoordo.

Selon lui, les Almamys au Fouta ont mis en place un État moderne fondé sur des principes d’un État de droit. «L’Almamyat reposait sur la dignité humaine, l’éthique et la responsabilité. Le pouvoir n’était ni héréditaire ni acquis par la force ou la richesse, mais fondé sur la confiance du peuple», a-t-il ajouté.

C’est pourquoi, a souligné M. Sall, cet anniversaire est une occasion de «commémorer une révolution survenue il y a 250 ans, que l’histoire a rarement célébrée à sa juste valeur». Dans ce cadre, deux monuments symboliques érigés sur l’esplanade de la Place du Souvenir ont été dévoilés.

Il s’agit de stèles en basalte : l’une en forme de livre ouvert et l’autre, une «allouwa», tablette utilisée dans les écoles coraniques. «La tablette reproduit les recommandations de Thierno Souleymane Baal, posant les bases d’un pouvoir légitime et éthique. Le monument en forme de livre présente une lettre de l’Almamy Abdoul Khadre Kane interdisant l’esclavage dans la région, adressée au représentant français à Saint-Louis», a expliqué Mamadou Youry Sall.

Venu présider la cérémonie, Amadou Tidiane Wone a réaffirmé l’intérêt que les plus hautes autorités de l’État accordent à l’héritage laissé par les Almamys du Fouta, notamment Thierno Souleymane Baal, dans cette séquence historique de 1776.

«Chronologiquement, la Révolution du Fouta précède même la Révolution française de 1789. Rien que pour cela, elle mériterait d’être davantage enseignée et reconnue», a assuré le ministre-conseiller à la présidence de la République.

Souleymane WANE

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