France: les enjeux et points chauds des élections municipales 2026
Les 15 et 22 mars prochains ont lieu les élections municipales en France. Ce scrutin représente un test important à 14 mois de la prochaine présidentielle. Après deux ans d’un débat politique national chaotique post-dissolution, retour à la case locale pour élire les maires des quelque 35 000 communes françaises. Voici quels sont les enjeux et les points chauds des prochaines élections municipales.
Par :Valérie Gas
À Paris, le duel annoncé entre le socialiste Emmanuel Grégoire et la ministre de la Culture Rachida Dati est loin d’être joué d’avance avec la présence de plusieurs challengers : l’Insoumise Sophia Chikirou, le candidat Horizons-Renaissance Pierre-Yves Bournazel, la zemmouriste Sarah Knafo, et le candidat du Rassemblement national (RN) Thierry Mariani.
S’ils dépassent les 10% et qu’ils se maintiennent au second tour, il y aura une triangulaire, ou même une quadrangulaire, et une grande incertitude sur le nom de celui qui succédera à Anne Hidalgo. Le Parti socialiste (PS) peut enregistrer sa plus lourde défaite, la droite un nouvel échec. À Paris, on observe un résumé du mélange des enjeux locaux et nationaux, de la problématique des alliances.
Quelles villes faudra-t-il regarder avec attention ?
Dans les villes gagnées par les écologistes en 2020, notamment Bordeaux, Strasbourg, Grenoble ou Lyon, les résultats vont être scrutés. Après la vague verte, le risque de reflux existe. Le maire de Lyon Grégory Doucet, en difficulté face à Jean-Michel Aulas, candidat de la droite et du centre, est conscient que sa politique n’a pas fait l’unanimité durant son mandat : « Donner la ville aux piétons, ça a toujours été la priorité. Quand on est élu local, on doit faire des choix qui sont au bénéfice de l’intérêt général et qui peuvent ne pas correspondre à l’attente de chaque individu. Je l’assume. On va faire mentir les sondages. »
Les enjeux des partis
Le Parti socialiste va essayer de conserver les grandes villes qu’il détient : Paris, Marseille, Nantes, Rennes, Le Mans, Lille notamment. Avec une difficulté : la concurrence de listes de La France insoumise (LFI), le parti de Jean-Luc Mélenchon, qui se lance vraiment pour la première fois dans la bataille municipale.
À droite, Les Républicains (LR) sortent d’une mauvaise séquence nationale. Ils ont besoin de victoires pour garder leur implantation locale, avec un enjeu stratégique : combien de candidats LR s’allieront au niveau local avec des RN ? Le RN qui lui espère progresser aux municipales. Toulon, Menton ou Marseille sont des villes de conquête pour le parti de Jordan Bardella.
Dans la cité phocéenne, par exemple, les sondages montrent que le maire sortant de gauche, Benoit Payan, est au coude à coude avec le candidat RN, Franck Allisio. Marine Le Pen ne s’y est pas trompé, c’est à Marseille qu’elle a planté le décor des municipales : « Plus nous gagnerons de villes, plus les appuis seront forts pour emporter la décision en 2027 et pour mettre en œuvre l’alternance nationale dont la France a urgemment besoin. »
La présidentielle en ligne de mire
Des municipales tremplin pour 2027, c’est aussi le cas pour Édouard Philippe. La réélection de l’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron au Havre est la première étape qu’il doit franchir pour pouvoir être candidat à la présidentielle, même s’il ne veut pas encore en parler. Lors de son lancement de campagne, il a pris soin de montrer qu’il ne voulait pas mélanger les genres : « Vous allez beaucoup essayer de me poser des questions sur la politique nationale et vous n’allez pas beaucoup réussir. Je suis concentré sur cette campagne municipale. Je vous confirme que je vais tout faire pour la gagner. »
Dans le bloc central, Édouard Philippe est le seul candidat emblématique qui lie son avenir à l’élection municipale. Renaissance peine à exister dans ce scrutin et ne présente quasiment pas de candidats sous son étiquette dans les plus grandes villes.

