Corée du Sud: l’ex-président Yoon Suk-yeol condamné à 5 ans de prison dans un premier procès
Le premier verdict des procès visant l’ex-président sud-coréen, destitué après sa tentative de coup d’État en décembre 2024, est tombé, ce vendredi 16 janvier. Yoon Suk-yeol est reconnu coupable, entre autres, d’obstruction à l’exercice de la justice dans le cadre de son arrestation et abus de pouvoir pour avoir retourné les services de protection présidentielle contre les forces de police. L’ancien chef d’État a été condamné à cinq ans de prison ferme.
Vendredi 16 janvier, le tribunal du district central de Séoul s’est prononcé sur un des multiples volets secondaires de l’affaire qui a plongé le pays dans plusieurs mois de manifestations massives et d’instabilité politique.
« Bien qu’il ait eu le devoir, avant tout autre, de faire respecter la Constitution et l’État de droit en tant que président, l’accusé a au contraire affiché une attitude qui méprisait la Constitution, a déclaré le président du tribunal, Baek Dae-hyun, en rendant son jugement. La culpabilité de l’accusé est extrêmement grave. »
C’est une première condamnation qui donne le ton. Il y a un an, après sa destitution, l’ex-président s’était retranché derrière des gardes armés dans sa villa pendant près d’un mois, refusant de se livrer aux autorités qui avaient dû mener un véritable siège pour le déloger, rappelle notre correspondant à Séoul, Célio Fioretti. Une obstruction aujourd’hui condamnée à cinq ans de prison par le parquet de Séoul, sur les 10 réclamées par les procureurs.
Nam, la vingtaine, vêtu d’une veste militaire, est venu devant le tribunal montrer son soutien au président déchu : « Tout ceci n’est qu’une vengeance politique de la gauche. Toutes ces poursuites judiciaires se basent sur de faux documents, de faux prétextes. Le président Yoon n’a jamais souhaité faire de mal à quiconque, il s’est même rendu aux autorités. »
Une ligne conspirationniste restée inchangée depuis l’arrestation de Yoon Suk-yeol il y a un an, et malgré les preuves énoncées pendant plus d’une heure par le juge lors de cette dernière audience.
Malgré cette condamnation, les soutiens de l’ex-président espèrent toujours un renoncement de la justice, notamment dans le prochain procès au sujet de la tentative de coup d’État. Procès pour lequel les procureurs ont réclamé la peine capitale. Le verdict sera connu le 19 février.
SOURCE RFI

