Affaire Farba Ngom: la défense contre-attaque et annonce une riposte publique
La riposte s’organise. À la suite de la conférence de presse de Yassine Fall, ministre de la Justice et garde des Sceaux, au cours de laquelle de graves accusations ont été formulées contre le député-maire des Agnam, Farba Ngom, et ses conseils, ces derniers ont décidé de sortir de leur réserve. Selon L’Observateur, les avocats de l’élu feront face à la presse le mardi 20 janvier, après avoir obtenu l’aval du Bâtonnier de l’Ordre des avocats.
Cette prise de parole annoncée s’inscrit dans un contexte de forte tension entre l’Exécutif et la défense de Farba Ngom. Les avocats entendent apporter une réplique argumentée aux déclarations de la Garde des Sceaux et, surtout, « clarifier » ce qu’ils considèrent comme des accusations graves et infondées, rapporte L’Observateur.
En attendant cette sortie très attendue, la coordination communication de Farba Ngom a déjà dégainé. Face à la presse, jeudi dernier, ses membres ont dénoncé une tentative manifeste de remise en cause d’une décision judiciaire rendue, selon eux, par des magistrats « compétents et indépendants ». Une attitude assimilée à une pression exercée sur la justice.
Lisant la déclaration au nom de la coordination, Cheikh Ahmed Tidiane Ly a tenu à rappeler que le contrôle judiciaire accordé au député-maire n’avait rien d’un privilège. « Cette décision rendue par des magistrats compétents et indépendants n’était pas un cadeau. Ce n’était pas une faveur. Ce n’était pas une concession politique. C’était l’application du droit. Et c’est ainsi que fonctionne un État de droit », a-t-il martelé, selon les termes rapportés par L’Observateur.
La coordination va plus loin en soulignant que, après dix mois de détention, aucune audition décisive n’aurait été menée et qu’aucune preuve nouvelle n’aurait été versée au dossier. « Aucune preuve nouvelle n’avait été apportée. Aucun risque de fuite n’était établi », insiste-t-elle, tout en mettant en avant l’état de santé de Farba Ngom. Une situation médicale attestée par une expertise et confirmée par une contre-expertise diligentée par l’Ordre national des médecins du Sénégal, rendant, selon elle, la détention « disproportionnée ».
Les partisans du maire des Agnam saluent ainsi le « courage » de la magistrature pour avoir, à leurs yeux, dit le droit dans un contexte jugé sensible. Mais cet acte judiciaire aurait été de courte durée. « À peine la justice avait-elle parlé que la procédure fut interrompue. Le procureur a immédiatement interjeté appel, transformant ce moment de droit en simple parenthèse », regrettent-ils dans des propos relayés par L’Observateur.
Autre point de crispation : la divulgation présumée d’éléments de procédure par le ministre de la Justice. La coordination communication rejette catégoriquement les insinuations relatives à des communications téléphoniques ainsi que l’existence supposée d’une vidéo, qu’elle juge infondées et dangereuses pour la sérénité de la justice.
Pour les proches de Farba Ngom, le véritable enjeu dépasse désormais le cas individuel du député-maire. « Ce que nous dénonçons, ce n’est pas la justice, mais ceux qui tentent de la contraindre. C’est là, aujourd’hui, le véritable débat républicain », conclut la coordination, citée par L’Observateur.

