Une nouvelle enquête vise le député Mouhamadou Ngom, dit Farba, accusé de ‘’trouble à l’intégrité de la justice’’

Dakar, 13 jan (APS) – La garde des Sceaux, ministre de la Justice, Yassine Fall, a annoncé, mardi, à Dakar, l’ouverture d’une enquête concernant le député Mouhamadou Ngom, dit Farba, pour le délit présumé de ‘’trouble à l’intégrité de la justice et à l’ordre public’’, à la suite de la découverte de deux téléphones portables dans sa cellule de prison.

Mme Fall a donné une conférence de presse au cours de laquelle elle a accusé M. Ngom, maire d’une commune située dans la région de Matam (nord), de ‘’diffusion de procès-verbaux confidentiels’’, de ‘’partage de contenus pornographiques’’ et d’‘’échanges relatifs à des manœuvres politiques susceptibles de troubler l’ordre public’’.

Selon la garde des Sceaux, le député a été placé en détention dans une cellule réservée aux prisonniers malades, à Dakar.

Malgré sa situation carcérale, il détenait deux téléphones portables à l’aide desquels il a échangé des centaines d’appels et des messages avec des personnalités politiques, des journalistes et des avocats, dont trois anciens ministres, a déclaré Yassine Fall.

Elle soutient que ces échanges constituent une violation de la loi 87-15 du règlement intérieur des établissements pénitentiaires. 

M. Ngom a interagi, à l’aide des téléphones, avec ‘’des personnalités politiques, des avocats et des professionnels des médias’’, avec des personnes se trouvant ‘’aux États-Unis, en Autriche, au Maroc, au Mali et au Bangladesh’’, a affirmé Mme Fall.

Une exploitation des téléphones utilisés par le détenu révèle qu’il était en possession de ‘’documents judiciaires confidentiels, notamment des procès-verbaux, ainsi que des contenus à caractère pornographique’’, a poursuivi la ministre de la Justice.

‘’Ces faits d’une extrême gravité constituent une violation du règlement intérieur des établissements pénitentiaires’’, a-t-elle argué.

Blanchiment de capitaux

Yassine Fall ajoute que la découverte de ces documents et des objets utilisés, dans la cellule de prison de Mouhamadou Ngom, ‘’ne corroboreraient pas l’existence d’une pathologie incompatible avec l’incarcération’’, un argument qu’auraient défendu ses avocats.

L’enquête annoncée au sujet de M. Ngom vise à situer sa responsabilité, concernant les faits énumérés ci-dessus, a-t-elle précisé.  

Mouhamadou Ngom, dont l’immunité parlementaire a été levée par l’Assemblée nationale, le 24 janvier 2025, est accusé de blanchiment de capitaux. Les faits qu’il est soupçonné d’avoir commis portent sur 125 milliards de francs CFA, selon le Pool judiciaire financier (PJF).

Il est placé sous mandat de dépôt depuis le 27 février 2025, à la suite d’une deuxième comparution devant le collège des juges d’instruction du PJF.

M. Ngom est un militant de premier plan de l’Alliance pour la République, l’ex-parti au pouvoir, fondé il y a une quinzaine d’années par Macky Sall, l’ex-président de la République.

Interrogé par l’APS, Me El Hadji Amadou Sall, un de ses avocats et ancien ministre de la Justice, a annoncé une conférence de presse qui sera consacrée aux accusations faites par la ministre de la Justice. Il n’a avancé aucune date, concernant cette rencontre avec les journalistes.

SMD/FKS/ABB/ADL/ESF

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