Boukitingho savoure les exploits d’un « digne fils »
Le village de Boukitingho, qui vit dans la ferveur de cette Coupe d’Afrique des nations (Can), est à fond derrière l’équipe nationale du Sénégal. Les habitants brandissent avec fierté, leur soutien au lion du terroir, Krépin Diatta qu’ils souhaitent revoir au bercail avec le trophée continental.
OUSSOUYE- La concession « Houlidj » de Boukitigho, d’où est originaire le père de Krépin Diatta (Joseph, enseignant de profession) ne désemplit pas pendant les matches du Sénégal. La demeure familiale de l’international sénégalais est le point de convergence de la plupart des jeunes de ce village du département d’Oussouye. « Il y a un grand poste téléviseur qui permet à plus de monde de suivre les matches », explique Hilaire Diatta dit Tokyo, natif de Boukitingho, une bourgade située sur l’axe routier Cap Skirring-Ziguinchor.
Suivre les rencontres du Sénégal dans cette concession, confie M. Diatta, est pour les jeunes, un moyen de communier avec le fils du terroir. Dans cette localité de la commune d’Oukout, tous ou presque, sont fiers des prestations de l’ancien meneur de jeu de l’équipe cadette du village devenu, aujourd’hui, arrière droit de l’une des plus prestigieuses équipes de la coupe d’Afrique qui se joue en ce moment au Maroc. Cette fierté, les populations l’expriment sans retenue quand il s’agit de Krépin Diatta. Normal, martèle Tokyo Diatta. Parce que, dit-il, Krépin a hissé très haut le nom de Boukitingho. « Beaucoup ont connu le nom de notre village grâce à lui. Avant quand on parlait de lui, on faisait plus allusion à Lyndiane (quartier de la commune de Ziguinchor) où vivent actuellement ses parents. Mais, depuis le « Kahat » (initiation à laquelle il a sacrifié en 2025), tout le monde s’est rendu compte qu’il est de Boukitingho », étaye, M. Diatta avec précision.
La rançon d’un attachement à ses origines
Cette ferveur de Boukitingho autour de la coupe d’Afrique des nations, particulièrement de l’un des meilleurs joueurs sénégalais de la compétition, n’est qu’une reconnaissance au dévouement du sociétaire de l’AS Monaco à la cause du village. « Lors de l’initiation de l’année dernière, il a offert 15 tonnes de riz et d’autres denrées pour cette cérémonie importante en pays Diola. Ce don nous avait permis de sacrifier sans difficultés à ce rite traditionnel », souligne Tokyo. Cette action, poursuit-il, n’est pas une première. Krépin, renchérit M. Diatta, s’est toujours investi pour le village.
« Il apporte régulièrement son soutien à la jeunesse, aux organisations de femmes, bref, à toute la communauté » déclare-t-il. « Avant d’être professionnel, Krépin répondait, à chaque fois que de besoin, à l’appel de son terroir. Il a défendu les couleurs de l’ASC Djilessibo de Boukitingho, en catégorie cadette, et il nous a permis de gagner des matches importants face à des adversaires redoutables de la zone », se souvient Faustin Diédhiou, son ancien coéquipier au village. Il a certes grandi à Ziguinchor, confie Lambert Diédhiou, mais ses vacances il les passait à Boukitingho. Krépin, mentionne-t-il, a gardé les bœufs et a cultivé comme tout enfant de notre village. « Nous pouvons dire avec fierté que c’est un digne fils de Boukitingho », révèle son ancien capitaine qui décrit le numéro 15 du Sénégal comme un garçon timide, travailleur et très généreux sur le terrain.
Des prières pour le sacre et un accueil triomphal
L’absence de Krépin Diatta de l’effectif victorieuse de la Coupe d’Afrique des nations de 2022) a laissé un sentiment mitigé à Boukitingho. Les populations étaient partagées entre la joie de voir les « Lions de la Téranga » soulever leur premier trophée continental en senior et la déception née de la blessure de leur fils à la veille de cette compétition. Aujourd’hui, les habitants de Boukitingho, toutes confessions confondues, sont en communion dans les prières pour le Sénégal, mais en particulier pour Krépin, qu’ils souhaitent, voir soulever ce trophée. « C’est le moins que l’on puisse faire pour lui rendre l’appareil. Je puis vous assurer que même dans le bois sacré des prières ont été faites », confie Hilaire Tokyo Diatta. Notre souhait, conclut-il, c’est de voir Krépin et ses coéquipiers remporter cette Can Maroc 2025 et nous l’amener jusqu’à Boukitingho pour fêter le sacre avec les populations.
Kathafa B.H.M. KANFOUDY (correspondant)
LESOLEIL

