«Moment décisif pour l’Europe et l’Ukraine», affirme von der Leyen au sommet extraordinaire de Bruxelles
Le ton a changé, les termes des responsables européens aussi : « nouvelle ère », « menace claire », « danger immédiat »… Face à l’offensive russe en Ukraine et au désengagement américain, les dirigeants européens sont réunis à Bruxelles pour un sommet extraordinaire. Le sommet s’est ouvert avec les 27 et également en présence de Volodymyr Zelensky. Le président ukrainien, malmené par l’administration Trump, vient chercher du soutien auprès des Européens.
De notre envoyée spéciale à Bruxelles, Anastasia Becchio – SOURCE RFI
Volodymyr Zelensky a été accueilli chaleureusement par le président du Conseil, Antonio Costa et la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen. Poignée de main appuyée, large sourire, le chef de l’État ukrainien vient en ami et en tant que président d’un pays destiné à rejoindre l’Union européenne, comme l’a rappelé Antonio Costa.
Le président ukrainien a remercié les Européens de ne pas laisser son pays seul face à la Russie, après le gel de l’aide militaire américaine : « Je tiens tout d’abord à remercier tous nos dirigeants européens, pour ce signal fort de soutien constant qu’ils envoient depuis le début de la guerre, tout au long de cette période et la semaine dernière aussi. Vous êtes restés à nos côtés. Nous, Ukrainiens, sommes très reconnaissants de ne pas être seuls. Et ce ne sont pas seulement des mots. Nous le ressentons. C’est très important que vous ayez envoyé un signal fort au peuple ukrainien, aux combattants ukrainiens, aux civils, à toutes nos familles. C’est bien que nous ne soyons pas seuls ; nous le ressentons et nous le savons, merci. »
« L’Europe doit être en mesure de se protéger, de se défendre, tout comme nous devons donner à l’Ukraine les moyens de se protéger », a dit, pour sa part, Ursula von der Leyen.
C’est un moment décisif pour l’Europe et l’Ukraine fait partie de notre famille européenne, c’est aussi un moment décisif pour l’Ukraine. L’Europe est confrontée à un danger clair et immédiat et doit être en mesure de se protéger, de se défendre, tout comme nous devons donner à l’Ukraine les moyens de se protéger et d’oeuvrer en faveur d’une paix juste et durable.
00:56 – Déclaration d’Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, lors du sommet extraordinaire de BruxellesAnastasia Becchio
Après le déjeuner de travail avec Volodymyr Zelensky, les 27 doivent étudier le plan de la Commission pour réarmer l’Europe, qui vise à mobiliser quelque 800 milliards d’euros. La question d’une aide supplémentaire accordée à l’Ukraine doit aussi être abordée. Le chancelier sortant allemand Olaf Scholz a plaidé pour une paix juste et équitable, qui garantisse la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine. L’Allemagne envisage désormais des investissements massifs pour renforcer son armée. Jusqu’ici apôtre d’une stricte orthodoxie budgétaire, elle plaide désormais, par la voix de Friedrich Merz pour un allègement du « corset budgétaire » de l’UE.
Mais d’autres pays, comme la Hongrie, sont réticents à continuer à transférer davantage d’armes à l’Ukraine. Depuis son dîner à l’Élysée, ce mercredi 5 mars au soir, Viktor Orban n’a pas fait de déclaration publique, tout comme Emmanuel Macron, qui est directement allé s’entretenir avec Volodymyr Zelensky au Conseil.