C1: Haaland attendu au tournant avec Manchester City face au Real

Le choc de titans entre Manchester City et le Real Madrid, mercredi en quart retour de Ligue des champions est une occasion en or pour Erling Haaland, muet à l’aller (3-3), de faire taire les critiques sur son faible rendement dans les grands événements.

Le blockbuster met à l’affiche le tenant du titre anglais, porté par ses superhéros (Rodri, De Bruyne, Foden, Silva…) et Pep Guardiola, face au Real et ses quatorze sacres européens (record), mené par Vinicius et consorts sous la coupe de Carlo Ancelotti.

Au coeur de ce casting de luxe, Haaland occupe une place à part: celle d’un serial-buteur redouté par les défenses du monde entier, mais dont la dynamique récente a fait lever quelques sourcils.

« Il est sans aucun doute l’un des plus grands buteurs au monde, mais il n’est pas encore devenu un joueur de classe mondiale », a tranché l’ancien défenseur Jamie Carragher dans une chronique pour The Telegraph publiée après l’aller à Madrid.

L’ex-défenseur de Liverpool a pointé tout particulièrement le manque d’impact, et de but marqué, de la part du géant norvégien contre Arsenal, Liverpool et le Real, c’est-à-dire quand le niveau d’adversité s’élève.

« Haaland a été dominé par William Saliba, Virgil van Dijk et Antonio Rüdiger. Les meilleurs attaquants ne l’auraient pas été », a jugé « Carra ». Sur le réseau X, il a ajouté: « Il doit faire mieux contre les défenseurs d’élite, et cela commence mercredi ».

La presse espagnole n’a pas été tendre après sa performance du match aller, qualifiée d' »impuissante » par le quotidien Marca, tandis que AS l’a jugé « maladroit et désespéré » dans ses tentatives pour dominer Rüdiger.

« Joueur de 4e division »

L’attaquant de 23 ans a déjà prouvé sa capacité à torturer les meilleures équipes du continent. Mais il a peiné, effectivement, à reproduire ces performances récemment.

Depuis son retour de blessure (pied), fin janvier après deux mois d’absence, il a marqué dans sept des dix-huit matches auxquels il a pris part, en club et sélection. Dans cet intervalle, il est resté muet contre Chelsea, Liverpool, Newcastle, Arsenal et le Real, un an après avoir déjà rendu une copie blanche face aux Espagnols en demi-finales de C1.

L'attaquant norvégien de Manchester City Erling Haaland (c.) à la lutte avec le milieu de terrain allemand du Real Madrid Toni Kroos (g.) et le défenseur allemand du Real Madrid Antonio Rüdiger (d.) lors du quart de finale aller de la Ligue des Champions,

L’attaquant norvégien de Manchester City Erling Haaland (c.) à la lutte avec le milieu de terrain allemand du Real Madrid Toni Kroos (g.) et le défenseur allemand du Real Madrid Antonio Rüdiger (d.) lors du quart de finale aller de la Ligue des Champions, à Madrid le 9 avril 2024

AFP/Archives

JAVIER SORIANO

Certains observateurs ont, plus généralement, pointé du doigt sa faible influence dans le cours du jeu, estimant que sa panoplie de joueur apparaissait trop limitée.

« Devant le but, c’est le meilleur au monde. Mais son jeu en général est vraiment médiocre pour un tel joueur », a taclé Roy Keane, fin mars. « On dirait presque un joueur de League Two (la 4e division anglaise, ndlr) », a rajouté l’ancienne gloire de Manchester United, ennemi intime d’Alf-Inge Haaland, le père d’Erling, depuis leurs années communes sur les terrains anglais.

Pep Guardiola a lui défendu le travail souvent invisible et toujours collectif de son poulain.

Le N.9, en aimantant les défenseurs, aide l’équipe « en créant plein d’espaces pour que les autres puissent marquer. Je l’ai vu sur son visage, dans ce qu’il a dit après le match, dans le vestiaire, il était extrêmement heureux (à Madrid) », a assuré l’Espagnol.

Imbattable à l’Etihad

Critiqué ou encensé, l’ancien joueur du Borussia Dortmund fait déjà partie des vingt meilleurs buteurs de l’histoire en Ligue des champions (41 buts en 38 matches), pour sa cinquième campagne seulement.

Et il n’est pas question, pour le Real, de relâcher sa vigilance.

« On ne l’a pas beaucoup vu à l’aller, mais Haaland peut être l’un des meilleurs buteurs du monde à l’heure actuelle. Il est toujours très, très dangereux », a mis en garde Carlo Ancelotti, l’entraîneur madrilène, mardi en conférence de presse.

La manche retour laissera sur le tapis un des deux ogres européens, tous deux présents en demi-finale des trois précédentes saisons.

Manchester City aura toutefois l’avantage de recevoir, ce qui apparaît comme un atout considérable au regard de sa domination habituelle à l’Etihad stadium.

L’armada de Guardiola n’a plus perdu chez elle depuis novembre 2022, toutes compétitions confondues, et depuis septembre 2018 en Ligue des champions, un revers 2-1 face à l’Olympique lyonnais.

Le milieu de terrain belge de Manchester City Kevin De Bruyne (g.) célèbre avec l'attaquant norvégien de Manchester City Erling Haaland (c.) après avoir marqué le quatrième but de son équipe lors du match de Premier League contre Crystal Palace, à Londres

Le milieu de terrain belge de Manchester City Kevin De Bruyne (g.) célèbre avec l’attaquant norvégien de Manchester City Erling Haaland (c.) après avoir marqué le quatrième but de son équipe lors du match de Premier League contre Crystal Palace, à Londres, le 6 avril 2024

AFP

Ben Stansall

Mercredi, les « Citizens » pourraient porter à 42 leur série de matches (nationaux et européens) sans défaite à domicile et égaler le record du club établi il y a plus d’un siècle (décembre 1919 à novembre 1921).

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