Des chercheurs américains précisent les dégâts causés par les écrans sur le cerveau des enfants

Une consommation numérique excessive peut-elle modifier la structure du cerveau, notamment chez les plus jeunes ? D’après les premiers résultats obtenus par deux chercheurs américains, la réponse serait positive. Le comportement des enfants utilisateurs d’écrans et leurs facultés cognitives pourraient aussi être affectés. Explications dans cet extrait d' »Envoyé spécial ».

Un vieillissement accéléré du cortex ?

Au Centre de recherches sur le cerveau de Tulsa, en Oklahoma, les neurologues Florence Breslin et Martin Paulus n’en sont qu’au début de leurs recherches. Ils veulent rester prudents dans leurs conclusions. Mais leur première découverte est explosive : chez les enfants qui utilisent beaucoup les écrans, le cortex vieillirait plus vite.

Des problèmes de comportement ?

Le cortex, c’est cette zone cérébrale qui régit le langage, la mémoire ou encore la conscience. A mesure que l’on vieillit, son volume diminue – un processus parfaitement normal. Ce que cette étude a permis de découvrir, précise Martin Paulus, « c’est que l’utilisation des écrans chez les enfants accélère cette réduction du cortex – et en particulier l’utilisation des réseaux sociaux ».

Ce processus s’accompagne souvent, poursuit le chercheur, de problèmes de comportement (exubérance, agressivité, tempérament « explosif »). Mais ce n’est pas tout.

Des facultés cognitives moins développées ?

Martin Paulus et Florence Breslin ont voulu mesurer les conséquences de cette réduction du cortex. Ils ont fait passer aux enfants des tests de langage, de mémoire ou de logique. Avec toutes ces données, les chercheurs ont pu évaluer les capacités d’apprentissage des enfants. Et leurs premiers résultats semblent préoccupants.

« Ce qu’on a découvert, expose Martin Paulus, c’est que les enfants qui utilisent le plus les écrans, et qui donc ont aussi une plus grande réduction du cortex, ont aussi des facultés cognitives moins développées que ceux qui utilisent peu les écrans. »

Cette vaste étude doit se poursuivre jusqu’en 2027. Les Etats-Unis y ont investi 265 millions d’euros pour tenter de percer les mystères de notre dépendance aux écrans, et mieux connaître ses dangers.

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