À la COP 31, le Sénégal va surtout défendre la diversification des financements des politiques climatiques et appeler à des actions tangibles (ministre)

Dakar, (APS) – Le Sénégal va surtout défendre la diversification des financements des politiques climatiques par les partenaires financiers et les encourager à faire davantage d’efforts en vue de résultats tangibles de la lutte contre le réchauffement de la planète, lors de la 31e conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP 31), a-t-on appris du ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Aliou Gori Diouf.

‘’Nous défendrons l’accès aux dons. Il n’est pas question que les financements climatiques proviennent seulement des prêts. Et même s’il doit y avoir des prêts, ils resteront ajustés au niveau d’endettement de notre pays’’, a soutenu M. Diouf.

Les financements climatiques annoncés par les partenaires internationaux doivent être non seulement accessibles mais adaptés aussi aux besoins des pays bénéficiaires, dont le Sénégal, a-t-il dit dans un entretien avec l’APS.

‘’Il ne suffit plus d’annoncer des milliards de dollars pour nous. Il faut que les engagements pris soient honorés et que les financements soient disponibles, accessibles et adaptés à nos besoins’’, a souligné le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique.

Des partenaires ont promis, lors de la COP 29, en 2024, à Bakou (Azerbaïdjan), de mobiliser 300 milliards de dollars américains par an en faveur des pays en développement, d’ici à 2035, a-t-il rappelé.

Renforcer le Fonds pour les pertes et dommages

Mieux, l’idée avait été agitée, lors de la même COP, de faire financer les politiques d’adaptation au changement climatique et de réduction du réchauffement de la planète à raison de 1 300 milliards de dollars américains à réunir par an par divers partenaires publics et privés, d’après lui.

L’adaptation au changement climatique sera l’une des priorités du Sénégal à la COP 31 prévue du 9 au 11 novembre à Antalya (Turquie), selon Aliou Gori Diouf.

‘’Pour un pays comme le Sénégal, l’atténuation est importante, mais l’adaptation est notre priorité numéro 1’’, a précisé M. Diouf.

De la politique d’adaptation menée par le pays dépendront l’avenir des systèmes agricoles et pastoraux et la capacité des infrastructures, des villes et des zones côtières à résister aux conséquences du dérèglement climatique, a-t-il expliqué.

Le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique plaide pour le renforcement du Fonds pour les pertes et dommages. À son avis, les ressources mobilisées par ce mécanisme de financement créé en 2023 sont restées insuffisantes. Elles ne permettent pas de réparer le préjudice subi par les pays en développement, d’après lui.

‘’Nous ne devons pas payer des pots que nous n’avons pas cassés’’

Aliou Gori Diouf rappelle que les pays développés, depuis longtemps tenus responsables d’une part importante des émissions à l’origine du changement climatique, sont appelés à approvisionner le Fonds pour les pertes et dommages.

D’après M. Diouf, au nom de la justice climatique, les pays en développement ne devraient pas s’endetter pour atténuer un réchauffement climatique auquel ils ont très peu contribué. ‘’Nous ne devons pas payer des pots que nous n’avons pas cassés’’, a-t-il martelé, disant s’attendre à ce que les partenaires financiers aillent au-delà de leurs promesses, lors de la COP 31.

Le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique souhaite que la COP de cette année se distingue des précédentes éditions par des engagements dûment honorés et des réalisations tangibles.

Il pense que ‘’le succès de la COP 31 ne devrait pas être mesuré par la seule qualité des décisions adoptées, mais par leur capacité aussi à renforcer la résilience des populations et à protéger les écosystèmes et l’économie’’.

TAB/ESF/MTN

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