Burkina Faso: les concours de beauté de Miss remplacés par un concours d’excellence scientifique de bachelières

Le ministère burkinabè de la Culture avait ordonné en juin dernier la suspension immédiate de l’ensemble des concours de beauté organisés sur le territoire national. Et pour le remplacer, le chef de l’État burkinabé a instauré un concours d’excellence scientifique pour les bachelières.

Au Burkina Faso, les majors en chimie, mathématiques et physique ont pris la place des Miss. C’est une initiative lancée par le capitaine Traoré après l’annulation de tous les concours de beauté dans le pays, que cela soit les élections de reines de quartier ou de promotion ethnique, en attendant une refonte complète de leur cadre réglementaire. 

Selon le communiqué du ministère de la Culture, cité par nos confères de RFI, les autorités de transition justifient cette décision par « la nécessité de réaligner ces manifestations sur les valeurs culturelles burkinabè et sur les orientations idéologiques de la révolution progressiste populaire portée par le capitaine Ibrahim Traoré ». 

Les femmes de l’esprit

Une décision qui n’a pas vraiment surpris, les concours de beauté attirant de plus en plus de critiques, une partie de l’opinion publique leur reprochant de mettre en scène uniquement l’apparence physique de jeunes femmes. Les sponsors se faisaient également plus rares, au point de mettre en difficulté leurs organisateurs, relate RFI. Mais pour le média africain en ligne « AfricTelegraph », la suppression de « Miss Burkina, Miss Université, Miss Côte d’Or ou les nombreuses élections régionales constituent autant de rendez-vous structurants pour les industries créatives locales ». Que deviendront les candidates burkinabè engagées dans des compétitions internationales ? 

Cette initiative rejoint un mouvement plus large d’appropriation culturelle. Les concours de beauté tels qu’ils sont organisés depuis des décennies s’inspirent pour la plupart de ceux des pays occidentaux et reposent sur des standards de beauté qui ne représentent pas ceux du pays.

En attendant, le chef de l’État a lui-même pris en main ce nouveau concours scientifique lancé cet automne appelé « Hakili Mousso » qui signifie « femme de l’esprit » en douala. Quinze lauréates ont été récompensées sur 84 candidates, toutes titulaires du baccalauréat, âgées de moins de 21 ans et sélectionnées sur dossier. 

« Ne vous fixez pas de limites »

Après avoir passé une semaine immersive au lycée scientifique national, elles ont planché sur les épreuves dans différents domaines. Les lauréates ont été ensuite reçues par le président, le capitaine Ibrahim Traoré car l’objectif est double : pousser les filles vers les filières scientifiques et le patriotisme.

« Au-delà des statistiques qui font que beaucoup de jeunes filles partent vers les filières littéraires, nous avons des objectifs stratégiques », assure le dirigeant burkinabé, qui veut développer son pays par la technologie, et encourage les enseignants à « changer les mentalités de la jeunesse ». Ce vivier féminin doit servir à porter la transformation industrielle du pays et accélérer son autonomie technologique.

Le 21 septembre, elles ont été reçues au palais présidentiel. « Ne vous fixez pas de limites. Vous êtes capables de tout faire, »  leur a dit le chef de l’État. 

Cette rencontre a également permis aux lauréates de présenter leurs ambitions. Inès Marie Fabiolas Nikiema, première en chimie, selon le média en ligne burkinabè 237info.net, a notamment fait part de son projet de carrière dans l’aéronautique et de sa volonté de contribuer au développement du Burkina Faso.

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