La France n’a pas «besoin de l’état d’urgence», dit le président Macron

Après les violences et les pillages du week-end dernier en France et une deuxième nuit sous couvre-feu, le Premier ministre Sébastien Lecornu a reçu, ce mercredi 21 octobre, les principales organisations syndicales. Depuis le Qatar, Emmanuel Macron annonce la tenue jeudi d’une réunion avec le renseignement, le Premier ministre et « les ministres concernés » afin d’avoir un « compte-rendu détaillé » de la journée de mobilisation du 17 octobre.

Ce qu’il faut retenir

► La coordination des « gilets jaunes » à l’origine des manifestations a annoncé lundi une nouvelle journée de mobilisation samedi 24 octobre. Le week-end du 17 et 18 octobre a été marqué par de fortes mobilisations contre la vie chère, le manque de moyens dans l’éducation et la dégradation des services publics, réunissant anciens « gilets jaunes », lycéens, étudiants, militants du climat et agriculteurs. 

► En déplacement au Qatar, le président français a annoncé la tenue jeudi d’une réunion avec le renseignement, le Premier ministre Sébastien Lecornu et « les ministres concernés » afin d’avoir un « compte-rendu détaillé » de la journée de mobilisation du 17 octobre, qui a été émaillée de violences et de pillages. Emmanuel Macron a estimé nécessaire de faire « la transparence » sur ce qui s’est passé.

► Ce mercredi 21 octobre, le Premier ministre Sébastien Lecornu a reçu les organisations syndicales CFDT, CGT, FO, CFTC et CFE-CGC à Matignon. Pour la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, le Premier ministre n’a annoncé « aucune mesure » pour répondre aux revendications des travailleurs et lycéens et elle a appelé à un « nouveau cap » dans la mobilisation. 

► Après une première nuit sous couvre-feu lundi, les mesures ont été reconduites mardi soir à Paris, de 23h à 6h, et à Lyon, de 21h à 6h, dans certains quartiers. À Marseille et dans plusieurs secteurs alentour, un couvre-feu visant les mineurs a été instauré de 22h à 5h, au moins jusqu’à vendredi inclus.

Nouveau couvre-feu mercredi soir dans certains secteurs de Paris, annonce la préfecture de police

46 saisines du Défenseur des droits concernant notamment les forces de l’ordre

Depuis le début du mouvement lycéen à la mi-septembre, le Défenseur des droits a reçu 46 saisines, dont plus d’une dizaine liées aux manifestations des 17 et 18 octobre. Elles concernent notamment des blessures, des gardes à vue et des confiscations de pancartes par les forces de l’ordre. Parallèlement, l’IGPN et l’Inspection générale de la gendarmerie nationale ont été saisies après plusieurs interventions, notamment à Mulhouse et à Saint-Étienne. Les précisions d’Arame Mbengue, du service France de RFI:

Mouvement lycéen et étudiant: le gouvernement présentera de «premières décisions» le 26 octobre

Le gouvernement réunira lundi 26 octobre « l’ensemble des représentants de la communauté éducative », « les régions et les lycéens », « pour leur présenter une première série de décisions » en lien avec les revendications du mouvement de la jeunesse, a précisé mercredi le ministre de l’Éducation nationale.

« Lundi matin, nous réunirons l’ensemble des représentants de la communauté éducative, ainsi que les régions et les lycéens, pour leur présenter une première série de décisions qui auront été prises, sur la question des effectifs des classes chargées au lycée, sur la question du remplacement, sur la question de la poursuite d’études et de Parcoursup », système d’orientation pour les études supérieures, a déclaré lors des questions au gouvernement Édouard Geffray.

« Je crois que la responsabilité nous oblige à ne pas mentir aux gens. On ne va pas faire de fausses promesses », a-t-il ajouté, affirmant qu’il répondrait « très précisément et de manière très chiffrée aux revendications qui s’expriment pour pouvoir apporter une réponse crédible ».

Réunion à Matignon avec les syndicats: «Aucune mesure, aucune prise en compte de nos revendications», déplore la CGT

La secrétaire générale de la CGT Sophie Binet a estimé mercredi, à l’issue d’une réunion à Matignon, que le Premier ministre n’avait annoncé « aucune mesure » pour répondre aux revendications des travailleurs et lycéens et elle a appelé à un « nouveau cap » dans la mobilisation. 

« Le Premier ministre, le gouvernement ne nous a annoncé aucune mesure, aucune prise en compte de nos revendications », a déclaré Sophie Binet, à l’issue d’une réunion d’environ 2h30. Elle a estimé que « l’heure est venue de franchir un nouveau cap dans la mobilisation, la grève doit prendre le relais » à partir du 5 novembre à l’occasion d’une journée de manifestation et de grève annoncée début octobre par une intersyndicale.

Samedi 24 octobre, la CGT sera présente dans la rue « pour accompagner celles et ceux qui souhaitent se mobiliser, pour protéger les jeunes et les travailleurs et travailleuses qui souhaitent se mobiliser », a-t-elle également annoncé.

Réunion jeudi avec le renseignement et des ministres pour dresser un «compte-rendu» du 17 octobre, annonce le président Macron

Emmanuel Macron a annoncé qu’il tiendrait jeudi matin une réunion avec le renseignement, le Premier ministre Sébastien Lecornu et « les ministres concernés » afin d’avoir un « compte-rendu détaillé » de la journée de mobilisation du 17 octobre, qui a été émaillée de violences et de pillages. 

Le président français, qui s’exprimait devant la presse en marge d’un déplacement à Doha mercredi, a estimé nécessaire de faire « la transparence » sur ce qui s’est passé.

« La main ne doit pas trembler au sommet de l’État », a estimé mercredi Emmanuel Macron, justifiant ainsi le maintien de sa tournée dans le Golfe. « Il ne doit pas y avoir de fébrilité », a-t-il appuyé. « Je suis dans mon rôle, je suis à ma tâche », a insisté le président français lors d’une conférence de presse à Doha, après trois jours de visites notamment destinées à sécuriser les approvisionnements en carburant de la France.

Emmanuel Macron a aussi estimé qu’« aucune violence n’est légitime », « ni verbale, ni physique, ni contre les biens, ni contre les personnes », condamnant les responsables politiques qui ont été « ambigus » sur cette question.

SOURCE RFI

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