Perquisition chez les Tshisekedi en Belgique: la présidence congolaise verrouille ses liens avec l’ambassade belge à Kinshasa
Au lendemain de perquisitions menées en Belgique chez des proches de Félix Tshisekedi, une note du directeur de cabinet du président congolais interdit à ses membres tout contact avec l’ambassade belge à Kinshasa. Aucun motif n’est précisé.
Les membres du cabinet de Félix Tshisekedi doivent désormais s’abstenir de tout contact direct ou indirect avec l’ambassade de Belgique en République démocratique du Congo et son personnel diplomatique et administratif. Cette interdiction s’applique « jusqu’à nouvel ordre« , selon une note circulaire datée du 15 octobre 2026, rapportée sur X par Stanis Bujakera Tshiamala, journaliste et directeur de la publication du média congolais Actualité.cd.
Signée par Anthony Nkinzo Kamole, directeur de cabinet du chef de l’État, la note prévoit une exception. En cas de nécessité dûment justifiée, toute démarche devra être autorisée et passer exclusivement par le ministère des Affaires étrangères, conformément aux usages diplomatiques.
Des sanctions prévues
La consigne vise notamment les directeurs de cabinet adjoints, les conseillers spéciaux, les coordonnateurs des services spécialisés et les responsables de l’Office privé du chef de l’État. Tout manquement expose son auteur à des sanctions administratives et disciplinaires.
La mesure encadre donc les échanges du cabinet présidentiel avec la représentation belge, sans annoncer de rupture des relations diplomatiques entre les deux pays. La note ne donne aucune explication à cette décision.
Son calendrier intervient toutefois dans un contexte judiciaire sensible. Le 14 octobre, des perquisitions ont été menées en Belgique chez des proches du président congolais, selon RFI et Le Soir. Une source interne citée par Stanis Bujakera Tshiamala affirme toutefois que « cette mesure n’a rien à voir avec les perquisitions qui ont visé les membres de la famille Tshisekedi en Belgique« .
Une instruction pour blanchiment
Le parquet fédéral belge a confirmé des opérations « à Bruxelles et dans plusieurs communes des Brabants flamand et wallon« , sans identifier les personnes concernées. Elles s’inscrivent dans une instruction pour blanchiment, ouverte après des plaintes déposées en juillet 2025 par plusieurs organisations congolaises et de la diaspora.
Les plaignants dénoncent un pillage présumé de ressources minières dans le sud-est de la République démocratique du Congo et mettent en cause plusieurs membres de l’entourage familial direct du président. Ces accusations restent à établir par la justice. Selon RFI, Félix Tshisekedi n’est pas lui-même directement concerné par les perquisitions.
L’avocat des parties civiles, maître Bernard Maingain, a dit sa « grande confiance dans le travail des enquêteurs du parquet fédéral et du magistrat instructeur », tout en invoquant le secret de l’instruction pour ne pas détailler les investigations.
SOURCE TV5

