Un chercheur alerte sur le risque de “subir de plein fouet l’IA”, en l’absence d’experts dans ce domaine
Thiès, (APS) – Le président de l’Association sénégalaise des chercheurs en informatique, le professeur Maïssa Mbaye, a alerté sur les risques, pour le Sénégal, de “subir de plein fouet” les implications de l’intelligence artificielle (IA), sans pouvoir se défendre, si le pays ne dispose pas d’experts dans le domaine.
Il a évoqué le “grand enjeu” que représente l’intelligence artificielle et la cybersécurité au niveau national, en alertant sur le risque, pour le Sénégal, de “subir l’IA de plein fouet, sans pouvoir se défendre, si le [pays] n’a pas d’experts dans le domaine”.
Il prenait part à la sixième édition de la Conférence internationale sur la recherche en informatique et ses applications (CNRIA) 2026, une rencontre organisée jeudi par l’Ecole polytechnique de Thiès (EPT), sur le thème “Cybersécurité et intelligence artificielle au service de la digitalisation résiliente et souveraine des services publics”.
Le Sénégal “va être de plus en plus la cible” de cyberattaques, du fait que ”l’État du Sénégal a fait le choix de la digitalisation intégrale”, a-t-il mis en garde.
Le directeur de l’EPT, le professeur Alassane Diène, a jugé “très salutaire” la tenue de cette rencontre abordant le thème de la cybersécurité et de l’intelligence artificielle.
Pour lui, l’initiative est d’autant plus intéressante qu’elle se tient dans une école d’ingénieur intégrant en même temps les réseaux des établissements de formation d’ingénieurs, des écoles et instituts de formation d’ingénieurs.
Cela s’inscrit, dit-il, dans le sens d’une mutualisation des efforts de formation des plateformes de recherche ainsi que des plateformes techniques, mais aussi de l’harmonisation des programmes.
La plupart des écoles d’ingénieurs sont en train de développer des stratégies de digitalisation, a-t-il indiqué, évoquant l’effort qui est en train d’être fait, dans le même moment en termes d’IA et de cyber-sécurité.
”C’est une chose d’améliorer les processus de digitalisation dans les établissements, mais c’en est une autre encore de pouvoir les sécuriser et de pouvoir former le personnel à l’utilisation de cette nouvelle plateforme”, a-t-il précisé.
”L’objectif de la CNRIA était de créer un cadre pour les doctorants”, a dit le professeur Maïssa Mbaye, ajoutant que “pour être autonome scientifiquement, un pays a besoin d’avoir une formation doctorale avec des doctorants”.
“C’est eux qui ont le temps de faire de la recherche avancée et de produire des résultats de niveau mondial”, a affirmé le président de l’Association sénégalaise des chercheurs en informatique.
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