Crimes contre l’humanité : la Cour de cassation française relance la procédure visant Macky SALL, selon Juan Branco
L’avocat franco-espagnol Juan Branco a annoncé, sur ses réseaux sociaux, une avancée significative dans la procédure judiciaire visant l’ancien président sénégalais Macky SALL pour des faits qualifiés de crimes contre l’humanité. Selon lui, le conseiller rapporteur de la Cour de cassation française a pris position pour que le dossier soit transmis à la chambre de l’instruction. Une décision qu’il présente comme une nouvelle étape après « trois ans d’obstruction délibérée de l’institution judiciaire française, sur instruction du chef de l’État ».
Dans une déclaration publique, Juan Branco affirme que cette évolution ouvre « une nouvelle porte pour faire la lumière sur les faits de 2023 ». Il rappelle que le Sénégal « dispose de certains des meilleurs juristes au monde », déplorant qu’aucune enquête sérieuse n’ait été menée sur « les 76 meurtres et plus de 200 actes de torture recensés par le Parquet de Dakar entre mars 2021 et avril 2024, à l’instruction du palais présidentiel ».
L’avocat, qui a défendu l’actuel président de l’Assemblée nationale Ousmane SONKO lors des violences de 2021-2023, souligne que cette absence de poursuites au niveau national ouvre la voie, par le « principe de complémentarité », à l’admission de sa communication devant le bureau du Procureur de la Cour pénale internationale (CPI). Il précise toutefois que Macky SALL « est présumé innocent », tout en estimant que la qualification retenue par le Procureur de Dakar lui-même rend « invraisemblable que sa responsabilité ne soit pas engagée ».
« Macky SALL ne deviendra pas secrétaire général de l’ONU. (…) Il restera à vie marqué par le sang versé. Et les autorités qui lui ont succédé par leur soutien à ce que d’aucuns qualifient désormais de boucher. Cela m’a valu la prison et bien d’autres tentatives de déstabilisation de la part de mes propres autorités, qui ont tout fait pour perpétuer le statu quo, y compris en compromettant l’actuel chef de l’État sénégalais», écrit-il.
L’avocat adresse enfin un message à Emmanuel Macron, l’accusant d’avoir soutenu « ces bouchers » et de s’être trompé en croyant « construire sa propre impunité ».
« La violence politique, l’instrumentalisation des magistrats, la mise en œuvre de vils plans pour salir et détruire des opposants, ne mènent les dirigeants qu’à la perte de leur âme et à leur effondrement. Celui-là le contemple, cet homme qui n’a pas atteint ses cinquante ans. Je lui promets les cendres sous lesquelles il m’espérait à jamais », conclut-il.
Pour rappel, Macky SALL est candidat au poste de secrétaire général des Nations unies. Sa candidature a été déposée par le Burundi, le 2 mars 2026. Pour Juan Branco, l’évolution du dossier judiciaire français compromet directement cette ambition internationale : «.
Khadydja NDIAYE

