« Conflit armé direct », « armes nucléaires »… La Russie menace de guerre l’Otan pour défendre son enclave de Kaliningrad
La tension monte entre l’Otan et la Russie depuis que Moscou a menacé l’Alliance de répercussions belliqueuses dans un document. Le Kremlin se dit prêt à tout pour défendre son territoire de Kaliningrad, enclavé entre la Pologne et la Lituanie. L’Otan a condamné une « rhétorique nucléaire irresponsable » russe.
Thomas Ladonne – avec agences
« La Russie sera prête à utiliser l’entièreté de son arsenal et de ses capacités en sa disposition, y compris des armes nucléaires, afin de défendre son territoire si l’Otan entreprenait quelconque tentative visant à isoler la région de Kaliningrad du reste du pays. » Ces mots, couchés dans un document par la Russie, et envoyés à l’Otan en guise de menace, attisent les tensions à l’est de l’Europe.
L’agence de presse britannique Reuters a pu consulter ce document en question. Au fil des lignes, la Russie accuse l’alliance de pays occidentaux d’une « ligne de conduite dangereuse et imprudente« , qui fait planer la menace d’un « conflit armé direct« . Et Moscou de parachever sa menace en précisant ne pas exclure la possibilité de « frappes russes contre des centres de décision dans les États-membres de l’Alliance« .
Une « rhétorique nucléaire irresponsable »
Une menace condamnée dans la foulée par l’Otan. « Nous condamnons fermement la menace de recours à la force, y compris toute rhétorique nucléaire irresponsable« , a déclaré Allison Hart, la porte-parole de l’Alliance, confirmant que l’Otan avait reçu ce document et qu’elle y avait répondu.
Dans un message envoyé sur son compte X, l’Ambassade de Russie en Belgique reprend les « positions fondamentales » transmises « au Secrétariat international de l’OTAN et au ministère belge des Affaires étrangères ».
Ce que reproche la Russie aux membres de l’Alliance est qu’elle « [constate] une montée en puissance sans précédent de l’activité militaire de l’Alliance le long de [ses] frontières occidentales« , qui englobent Kaliningrad, un territoire qui abritait auparavant la capitale de la Prusse orientale, Königsberg, acquis par l’URSS à la fin de la Seconde guerre mondiale en 1945. La spécificité de Kaliningrad est que cette enclave n’a pas de frontière directe avec la Russie.
Les pays de l’Otan s’inquiètent de la recrudescence des attaques hybrides attribuées à la Russie sur leur territoire, et ont accru leur présence militaire, particulièrement aux frontières orientales de l’Alliance. « L’utilisation de tactiques hybrides par la Russie est un signe de désespoir, mais nous ne serons pas dissuadés de notre soutien à l’Ukraine« , a encore affirmé la porte-parole de l’Otan.
Nikolai Sokov, un analyste nucléaire basé à Vienne et ancien diplomate russe, a déclaré à Reuters qu’il devenait de plus en plus difficile pour les pays occidentaux de continuer à renforcer leur soutien à l’Ukraine sans basculer dans une confrontation directe avec Moscou.Lire la vidéo
« Ils [la Russie] s’attendent à davantage de mesures, notamment un blocus de la mer Baltique – ce qui, selon les critères européens, se situe juste en dessous du seuil de la guerre, mais qui, pour eux, constituera une guerre ouverte. Je vois là un risque d’erreur d’appréciation réciproque« , a-t-il expliqué à l’agence de presse.

