Convention de l’Union africaine sur l’élimination des violences à l’égard des femmes et des filles : la société civile appelle à accélerer la ratification
Dakar, (APS) – La société civile a exhorté, jeudi, les autorités à accélérer la ratification de la Convention de l’Union africaine sur l’élimination des violences à l’égard des femmes et des filles, afin de renforcer les mécanismes de prévention, de protection et d’accès à la justice de ces dernières.
Elle a lancé cet appel lors d’un atelier technique de plaidoyer qui s’est ouvert à Dakar avec l’objectif de ”construire une stratégie commune pour accompagner et accélérer le processus de ratification de cet instrument continental adopté le 10 février 2025”.
La présidente d’African Women Leaders Network (AWLN) Sénégal, Coumba Mar Gadio, a à cette occasion, partagées des données de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) montrant l’ampleur et la persistance des violences basées sur le genre.
Selon ces chiffres, 31,9 % des femmes âgées de 15 ans ou plus ont subi au moins une forme de violence au cours des 12 dernières années et 24,4 % des femmes en union déclarent avoir subi des violences conjugales.
‘’Derrière ces chiffres, il y a des femmes, des filles, des familles et des vies profondément affectées’’, a regretté la présidente d’AWLN-Sénégal, qui appelle à transformer le plaidoyer en une démarche concrète en faveur de la ratification de la Convention de l’UA sur l’élimination des violences à l’égard des femmes et des filles.
”Cette ratification ne constituerait pas seulement une formalité juridique. Elle serait également un acte politique majeur permettant de renforcer le dispositif national de protection et de réaffirmer l’engagement du Sénégal en faveur des droits humains et de l’égalité entre les femmes et les hommes”, a-t-elle lancé.
Adoptée par l’Union africaine en 2025, la Convention de l’Union africaine sur l’élimination des violences à l’égard des femmes et des filles présente l’avantage d’intégrer des formes de violences qui dépassent désormais le cadre traditionnel des violences physiques ou conjugales.
Elle couvre les espaces publics et privés, ainsi que le cyberespace et reconnaît notamment le féminicide et les violences numériques.
Sa ratification permettrait, selon Aida Gueye Seydi, représentante de l’ONU Femmes, ”de consolider les engagements du Sénégal en matière de droits humains, d’harmoniser son dispositif avec les standards africains les plus récents et de renforcer les mécanismes de prévention, de protection, de poursuite et de réparation au bénéfice des survivantes’’.
Présent à l’atelier de plaidoyer, le Médiateur de la République a apporté son soutien à la démarche, insistant particulièrement sur l’accès des femmes à la justice.
‘’Si les citoyens n’accèdent pas à la justice, il n’y a pas de justice’’, a-t-il lancé, invitant les associations de lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles associations à davantage accompagner les victimes devant les tribunaux.
Demba Kandji a en outre indiqué que les tournées effectuées par la Médiature de la République, dans plusieurs régions du pays, ont permis de recueillir de nombreuses plaintes et préoccupations de femmes confrontées aux violences, notamment sur les chemins de l’école et dans les domiciles.
En appelant à la ratification, les participants ont dit vouloir poser les bases d’une mise en œuvre effective de la Convention de l’Union Afrique sur l’élimination des violences à l’égard des femmes et des filles.
Les deux journées de travaux de l’atelier de Dakar, ouvert aujourd’hui, devraient déboucher sur l’élaboration d’un argumentaire en faveur de la ratification, une feuille de route commune de la société civile et des recommandations à l’attention des institutions concernées.
”L’objectif affiché est de faire de cette mobilisation un point de départ vers une réponse mieux coordonnée et plus efficace contre toutes les formes de violences faites aux femmes et aux filles”, ont déclaré les participants.
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