Concours général 2026: l’école, première richesse du Sénégal
Soixante ans après sa création, le Concours général reste l’un des plus puissants symboles de la République sénégalaise. Bien plus qu’une cérémonie de récompense des meilleurs élèves, il est chaque année, un rendez-vous où la Nation célèbre le savoir, le mérite et l’effort comme fondements de son avenir. C’est dans cet esprit que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a présidé, hier jeudi 30 juillet, la cérémonie de remise des prix de l’édition 2026. Profitant de cette tribune symbolique, le Chef de l’État a livré une véritable profession de foi en faveur de l’école sénégalaise, appelée, à devenir la première infrastructure du pays et le principal atout de la transformation nationale.
Aux yeux du président de la République, le Sénégal ne pourra réaliser les ambitions de l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050 qu’à la condition de placer l’éducation au sommet de ses priorités. Dans un monde marqué par les bouleversements géopolitiques, scientifiques et technologiques, il a rappelé qu’« aucune nation ne peut durablement prospérer sans placer l’intelligence de sa jeunesse au premier rang de ses priorités ». Loin d’être une simple formule, cette conviction irrigue toute la vision présidentielle de la souveraineté. Pour Bassirou Diomaye Faye, elle ne saurait être réduite aux seules dimensions économique, militaire ou territoriale. Elle repose d’abord sur la qualité du capital humain que produit l’école.
« La première infrastructure stratégique d’une nation est son école. » Cette affirmation, sans doute la plus forte de son allocution. Elle traduit une conception selon laquelle la véritable richesse d’un pays ne réside ni dans ses ressources naturelles, ni dans ses infrastructures, mais dans les compétences, l’intelligence et la créativité de sa population. Le Chef de l’État souhaite inscrire le Sénégal parmi les grandes nations du savoir, convaincu que la prospérité future dépendra plus de la capacité d’innovation que de l’exploitation des ressources du sous-sol.
Cette ambition implique une profonde refondation des politiques éducatives. Le président de la République a accordé une place importante à l’enseignement des mathématiques, des sciences, des technologies et de l’innovation. S’il a salué les efforts accomplis à travers la création du Lycée scientifique d’excellence de Diourbel, le développement des Lycées Nation-Armée pour la qualité et l’équité (LYNAQUE) ou encore plusieurs innovations pédagogiques, il a estimé que les résultats sont encore insuffisants au regard des objectifs fixés.
Les statistiques qu’il a évoquées illustrent cette préoccupation. La proportion d’élèves inscrits dans les séries scientifiques reste pratiquement stable depuis plusieurs années, oscillant autour de 20 %, tandis que les inscriptions en classe de Seconde S continuent de reculer. Pour le Chef de l’État, cette tendance est incompatible avec les besoins futurs du pays. Elle appelle une mobilisation générale de l’ensemble de la communauté éducative pour revaloriser les filières scientifiques et techniques et assurer la généralisation des classes de Terminale S1 dans tous les lycées du Sénégal. Il s’agit, selon lui, d’un impératif si le pays veut disposer, demain, des ingénieurs, chercheurs, médecins, informaticiens et innovateurs capables d’accompagner sa transformation économique.
Mais l’école que dessine Bassirou Diomaye Faye ne se limite pas à la transmission des connaissances. Elle doit également former des citoyens conscients de leurs responsabilités envers la collectivité. C’est pourquoi le Président a établi un lien étroit entre l’éducation et les Jeux olympiques de la Jeunesse que le Sénégal accueillera prochainement, une première sur le continent africain. Au-delà de l’événement sportif, il y voit une formidable opportunité pédagogique.
Selon lui, l’héritage de ces Jeux ne sera ni matériel ni infrastructurel. Il sera avant tout éducatif, civique, culturel, moral et intergénérationnel. Les valeurs olympiques rejoignent les principes que l’école doit transmettre aux jeunes générations. L’objectif est de former non seulement des élèves compétents, mais surtout des citoyens responsables, conscients que leur réussite individuelle n’a de véritable sens que lorsqu’elle contribue au progrès collectif.
Cette philosophie s’est également incarnée dans l’hommage rendu à la marraine de cette soixantième édition, la professeure Awa Marie Coll Seck. Le Chef de l’État a salué un parcours exceptionnel, marqué par l’excellence scientifique, l’engagement au service de la santé publique et le rayonnement international. Ancienne ministre, universitaire, chercheuse et personnalité reconnue dans les grandes organisations internationales, elle représente l’illustration parfaite de ce que peut produire l’école sénégalaise lorsqu’elle permet aux talents de s’épanouir.
À travers son itinéraire, Bassirou Diomaye Faye a voulu adresser un message fort à la jeunesse, en particulier aux jeunes filles. L’ascension d’Awa Marie Coll Seck démontre que les plus hautes responsabilités sont accessibles à celles et ceux qui conjuguent travail, discipline, rigueur et sens du devoir. Son parcours confirme également que « l’excellence ne vaut que par l’usage que l’on en fait », autrement dit par sa capacité à servir l’intérêt général.
Le Président a également tenu à rendre un hommage appuyé aux enseignants, qu’il a qualifiés de « vaillants soldats du savoir ». Dans son discours, ils apparaissent comme les véritables artisans de la République de demain. Leur mission dépasse largement la transmission des connaissances. Ils façonnent les consciences, éveillent les vocations et offrent à chaque enfant la possibilité de dépasser les déterminismes sociaux. À ce titre, l’État attend d’eux qu’ils continuent d’incarner l’exemplarité, la rigueur, le sens du devoir et l’amour de la patrie.
L’un des messages les plus politiques de cette allocution s’est logé dans la volonté affichée de bâtir une République de l’égalité des chances. Le Président a affirmé sa détermination à faire en sorte que chaque enfant puisse croire que son avenir dépendra davantage de son mérite que de son origine sociale ou de son lieu de naissance. Cette promesse traduit une conception profondément républicaine de l’école, appelée à corriger les inégalités plutôt qu’à les reproduire.
S’adressant enfin aux lauréats, Bassirou Diomaye Faye leur a rappelé que la distinction reçue ne constitue ni un privilège ni un aboutissement. Elle marque au contraire le commencement d’une responsabilité nouvelle envers la Nation. Leur excellence ne prendra tout son sens que si elle est mise au service du Sénégal. Le pays, a-t-il insisté, n’attend pas simplement qu’ils réussissent individuellement ; il attend qu’ils contribuent, par leur intelligence, leur créativité et leur engagement, à construire une société plus prospère, plus juste et plus souveraine.
En célébrant le soixantième anniversaire du Concours général, le Chef de l’État n’a donc pas seulement honoré les meilleurs élèves du pays. Il a dessiné une vision de l’avenir où l’école devient le premier instrument de la souveraineté nationale, de l’innovation, de la cohésion sociale et de la prospérité. Une ambition qui place le savoir au cœur et qui fait de la jeunesse non seulement l’espérance du Sénégal, mais sa plus grande richesse.
M. Djigo

