Expliquez nous … – Véron Mosengo-Omba, ancien Sg de la Caf et actuel président de la Fecofa : «C’était vraiment toxique… à la Caf »

Aujourd’hui président de la Fédération Congolaise de Football Association (Fecofa), l’ancien Secrétaire général de la Confédération africaine de football (Caf), Véron Mosengo-Omba avoue avoir vécu des moments difficiles au sein de l’instance africaine. De l’atmosphère toxique, en passant par les résultats enregistrés, jusqu’à la participation des équipes africaines à la Coupe du monde, le fédéral à ouvert son cœur, avant de quitter le sol américain où il a pris part à la compétition.

Propos recueillis par Woury DIALLO (Envoyé spécial à New York) – Monsieur de la président de la Fédération Congolaise de Football Association (Fecofa), comment avez-vous trouvé le niveau de la Coupe du monde 2026, surtout de la participation des équipes africaines ?
La compétition est magnifique. C’est une réussite totale. Du point de vue de la qualité du jeu et du point de vue de l’organisation. Concernant la participation des équipes africaines, on ne peut pas l’ignorer non plus. Nos équipes se sont très bien comportées. Excusez moi du terme, mais certaines équipes ont vraiment emmerdé les grandes nations du football mondial.
D’ailleurs, à l’issue du premier tour, il y avait neuf pays présents. Ce qui est une très bonne chose. Malheureusement, l’aventure s’est arrêtée pour beaucoup juste après, dans des circonstances que nous avons tous constatés. On s’est fait éliminé souvent dans les dernières minutes. Ce sont des situations que nous regrettable que nous devons analyser parce que nous avons prouvé que le continent avait les talents et le niveau de cette compétition. Donc, il y a une transition discrète et on doit continuer cette transition.

Qu’est-ce qui a justement, selon vous, manquer aux équipes africaines dans cette coupe du monde ?
Vous savez, tous ces entraîneurs ont la même formation. Maintenant, il faut préparer sur les détails qui font gagner les matches. Ces détails qui nous font perdre nos matches. Je ne vais pas citer le nom de l’équipe, mais je ne peux pas comprendre qu’on parle de Prize money pendant la compétition. Ce des choses à régler bien avant la compétition. Ce sont ces détails qui peuvent peser énormément sur les résultats de nos équipes. Il y a aussi un coach, par exemple, qui n’avait pas signé son contrat avant de venir. Ce n’est pas normal. Il ne voulait pas venir à cause de cela. Ces petits détails sont énormes. Pendant qu’on doit faire focus sur la compétition, on est entrain de régler d’autres choses pendant la compétition. Ce n’est pas normal. Il faut qu’on règle ces petits détails-là. Il y en a plusieurs. Il y a d’autres qui voulaient que leurs enfants bien voyagent avec la délégation. Il y en a qui voulaient que leurs enfants viennent, que leurs femmes viennent. Le professionnalisme, ce n’est pas seulement sur le terrain, c’est aussi dans l’organisation. Il y a eu beaucoup de choses au sein des sélections pendant cette compétition que nous devons corriger pour espérer franchir le cap. Une bonne organisation est basée sur le choix des maillots, depuis l’envoi des maillots, le recrutement et la professionnalisation des ressources. C’est tout un ensemble.

Comment appréciez-vous l’absence des supporters africains ?
C’est effectivement un sérieux problème, mais malheureusement, ce n’est pas la Fifa qui décide. C’est un Etat qui décide comment attribuer les visas. Mais il est vrai aussi que dans les cahiers de charges, même ce point est réglé, ce n’est pas une flexibilité, il y a des conditions. Personnellement, j’étais au Congo, j’ai dû passer par le Suisse et j’ai observé 21 jours de quarantaine. Je n’ai pas vu le premier match de mon équipe. Je ne vais pas blâmer la Fifa pour ça. Elle n’y est pour rien.

Comment vivez-vous cette transition après votre passage au sein de la Confédération africaine de football, en tant que Secrétaire général, vous êtes désormais le président de la Fédération congolaise de football ?
Je vis cela très très bien. Vous savez, on a fait ce qu’on avait à faire à la Caf. D’autres viennent continuer le travail. Je suis passé à autre chose en devenant le président de la Fédération congolaise de football.

Est-ce que la Caf vous manque ?
Pas du tout. Je pense que j’ai délivré ce que j’avais à délivrer. J’ai fait mon boulot pendant la période que j’ai passé là-bas.

Beaucoup ont demandé votre départ vous reprochant certaines choses…
Vous savez, les gens qui m’attaquaient avaient peur de la bonne gouvernance. Malgré toutes ces attaques, on a mis en place la bonne gouvernance. On a laissé 120 millions de cash, au moment de partir. Quand on est arrivé, il n’y avait que 50 000. C’était toxique. Personne ne voulait s’associer à la Caf. Avec le président Motsepe, on a changé la visionomie de la Caf. Ce n’est pas qu’on est plus intelligents que l’administration précédente, simplement, on a mis des cadres et on ne vole pas. Et c’est fini. Personne n’est au dessus de la Caf.

Et comment cela se passe au sein de la Fecofa depuis le 20 mai 2026 ?
Il y a énormément de choses à faire. On est en train de mettre les choses en place petit à petit et nous avons pensons pouvoir redonner un souffle au football congolais. Cela ne sera pas facile, mais un challenge passionnant et nous ferons tout notre possible pour atteindre les objectifs que nous sommes fixés et mettre le football congolais sur la bonne voie.
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