Fin de mission de l’ambassadrice de France : Le dernier 14 juillet de Christine Fages à Dakar
Réunis dans les jardins de la Résidence du Cap Manuel pour la Fête nationale française, diplomates, officiels et invités sénégalais ont assisté à la dernière allocution de Christine Fages en tant qu’ambassadrice de France au Sénégal et en Gambie. Trois ans après sa prise de fonction, la diplomate a dressé, avec émotion, le bilan d’une coopération qu’elle veut désormais «d’égal à égal».
Par Malick GAYE – C’est avec «beaucoup d’émotion» que Christine Fages et son époux ont accueilli leurs invités, avant de livrer un discours de départ empreint de gratitude. «Cette mission a été pour moi non seulement l’honneur d’une vie, mais aussi une aventure humaine et professionnelle d’une richesse incomparable», a-t-elle confié, au terme de trois années passées à la tête de l’ambassade de France à Dakar.
Resituant son propos dans un contexte international «marqué par des crises et des conflits multiples», l’ambassadrice a rappelé l’action française lors de la présidence du G7, avec le sommet d’Evian consacré à l’Ukraine, au commerce international et à la paix au Proche-Orient. Elle a aussi salué le sommet Africa Forward de Nairobi, où la France a affiché sa volonté d’un «partenariat renouvelé, d’égal à égal» avec l’Afrique, en présence du Président Bassirou Diomaye Faye.
S’agissant du Sénégal, Christine Fages a égrené trois convictions. D’abord, la solidité d’une relation humaine et universitaire : la France accueille 17 800 étudiants sénégalais et délivre entre 25 000 et 30 000 visas par an. Ensuite, l’intérêt de Paris à voir émerger un partenaire «solide, prospère et souverain», en écho à la Vision Sénégal 2050. Sur ce plan, elle a cité plus d’une centaine de projets en cours pour un encours supérieur à 3, 5 milliards d’euros, et 1, 2 milliard d’euros d’échanges commerciaux en 2025, faisant du Sénégal le deuxième client de la France en Afrique subsaharienne. Elle a également relevé que les 370 entreprises françaises présentes au Sénégal emploient plus de 35 000 personnes dont 97% de Sénégalais, et contribuent à environ 20% des recettes fiscales de l’Etat.
Enfin, la jeunesse est restée au cœur de son propos, notamment à travers l’appui français aux Jeux Olympiques de la Jeunesse de Dakar 2026, «premier évènement olympique de l’histoire à se tenir sur le continent africain», avec plus de 100 millions d’euros engagés via l’Alliance Dioko.
Avant de conclure, l’ambassadrice a souhaité «ramener la coupe à la maison» pour l’Equipe de France, engagée le soir même en demi-finale du Mondial face à l’Espagne -un vœu que les Bleus, battus 0-2, n’ont pas exaucé.
Répondant à l’ambassadrice au nom du Sénégal, le Garde des sceaux, Me Moussa Sarr, a salué une relation entrée, à l’en croire, dans une nouvelle étape de son évolution. «Nos deux pays ont engagé un dialogue exigeant, lucide et constructif, afin d’adapter leur partenariat aux aspirations de leurs peuples ainsi qu’aux profondes mutations du contexte régional et international», a-t-il déclaré. Selon Me Moussa Sarr, «le respect de la souveraineté des Etats, la confiance réciproque, l’écoute mutuelle, l’égalité des partenaires et la recherche d’intérêts partagés» doivent guider la coopération entre les deux pays.

