Trump et plusieurs dirigeants européens ciblés dans une liste noire: doivent-ils craindre pour leur vie?

De Macron à Meloni: un journal iranien place plusieurs dirigeants européens sur une liste noire aux côtés de Trump et Netanyahu. Quelle importance accorder à la menace? Et pourquoi Bart De Wever n’y figure-t-il pas? “Cette liste contient deux messages”, analyse Roger Housen, expert en défense.

A.MA – SOURCE 7/7.BE

L’Iran est déterminé à se venger après l’assassinat de l’ayatollah Ali Khamenei. Le journal conservateur Hamshahri a publié une liste de treize cibles tenues pour responsables de la mort du Guide suprême. Aux côtés de noms attendus comme Donald Trump et Benjamin Netanyahu, on y trouve plusieurs dirigeants européens, notamment le président français Emmanuel Macron, la Première ministre italienne Giorgia Meloni, le Premier ministre britannique Keir Starmer et le chancelier allemand Friedrich Merz.

Les autorités iraniennes n’ont pas encore réagi à cette liste, mais le nouveau Guide suprême, Mojtaba Khamenei, a déjà déclaré samedi dans un communiqué écrit que la vengeance était “inévitable”, après la mort d’Ali Khamenei le 28 février lors d’une frappe israélo-américaine. Qu’en penser?

Rien de bien surprenant, en réalité”, estime Roger Housen, expert en questions de défense. “C’était tout à fait prévisible. Mojtaba Khamenei, le fils d’Ali Khamenei et dirigeant du régime, a annoncé des représailles et une vengeance. Dans un régime comme l’Iran, où les médias exécutent au pied de la lettre les ordres du pouvoir, il fallait s’attendre à la publication d’une telle ‘hit list’.”

“Double message”

Selon lui, cette liste est avant tout un outil de propagande. “Elle vise à faire passer un double message. D’une part, à destination de la population locale : nous ne sommes pas vaincus, nous allons venger ce qui s’est passé. Nous allons tout particulièrement venger l’entourage du guide suprême.”

“D’autre part, c’est aussi un signal envoyé au reste du monde: nous sommes toujours capables de venger la mort de nos dirigeants. Le risque que l’une de ces treize personnes soit réellement prise pour cible est extrêmement faible, pour ne pas dire négligeable. C’est purement symbolique. Ce sont des mots, mais ils ne seront pas suivis d’actes.”

“Loups solitaires”

Selon Roger Housen, il existe tout de même un autre risque. “Cela fait des années que l’Iran dispose d’agents à l’étranger, y compris en Europe et aux États-Unis. Il y a des cellules dormantes et des “loups solitaires” qui se sentent redevables envers le régime. Cela pourrait les motiver à commettre un attentat quelque part. Pas forcément contre les personnes figurant sur cette liste, mais plutôt dans leurs pays d’origine.”

L’expert assure que les services de sécurité anticipent d’ailleurs cette situation depuis un certain temps déjà. “En Europe et aux États-Unis, la vigilance était de toute façon déjà accrue face à de potentielles actions iraniennes. Une telle publication ne fera que renforcer cette alerte.”

Trois scénarios

Pour autant, il ne s’attend pas à ce que le conflit dégénère. “Je vois trois scénarios possibles. Le premier serait que les Américains optent à nouveau pour un blocus total du détroit d’Hormuz. Cependant, le coût économique et politique d’une telle mesure est si élevé qu’ils ne le feront pas. Les prix du pétrole et du gaz s’envoleraient et les États du Golfe seraient eux aussi durement touchés. Le deuxième scénario est celui d’une guerre totale. Là encore, les coûts politiques, militaires et économiques pour les États-Unis sont tellement exorbitants que cela n’arrivera pas non plus.”

“Il reste donc le troisième scénario, à mes yeux le plus probable. C’est d’ailleurs ce que l’on observe déjà depuis quelques jours. J’appelle cela un scénario ‘on-off’: un entre-deux, entre la paix et la guerre totale. Pas de cessez-le-feu complet, mais pas non plus de guerre totale. Il y aura régulièrement des flambées de violence, alternant avec des périodes de calme relatif.

Roger Housen souligne que de nouvelles discussions ont eu lieu dimanche au Qatar entre les représentants des deux camps. Certes, pas au plus haut niveau, mais les négociations se poursuivent.”

Enfin, pourquoi le Premier ministre Bart De Wever ne figure-t-il pas sur cette liste? Est-ce parce qu’il n’est pas jugé assez important ou parce que nous nous sommes montrés plutôt modérés envers l’Iran jusqu’à présent? “Ni l’un ni l’autre”, affirme l’ancien colonel Housen.

“Aucun dirigeant d’un petit pays n’est présent. Même parmi les pays européens de taille moyenne, il n’y a presque personne. Il ne faut pas y voir de message caché. Encore une fois: c’est purement symbolique. Cette liste n’a pas du tout vocation à être exhaustive.”

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