Débat d’orientation budgétaire : l’Assemblée exige une transparence totale sur les recettes du budget 2027
Au cœur du Débat d’orientation budgétaire (DOB), ouvert ce mardi à la Place Soweto, la question des recettes publiques s’est imposée comme l’un des principaux sujets de préoccupation. Alors que le nouveau Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) 2027-2029 affiche d’importantes ambitions en matière de mobilisation des ressources, les députés entendent désormais scruter chaque franc mobilisé.
Au premier trimestre 2026, les finances publiques affichent des performances jugées encourageantes, avec un total de 1 139,5 milliards de francs CFA de recettes budgétaires globales.
Les recettes douanières portent cette dynamique. À fin avril 2026, elles ont atteint 398,7 milliards de francs CFA, soit un taux de réalisation de 102,8 % par rapport aux prévisions initiales fixées à 387,7 milliards. Les recettes fiscales globales se maintiennent également à un niveau satisfaisant, avec 812,5 milliards de francs CFA recouvrés au premier trimestre, représentant 95,9 % de l’objectif.
Le secteur informel et le PRES à la traîne
Derrière ces indicateurs encourageants, la représentation nationale a toutefois relevé plusieurs vulnérabilités structurelles. Les recettes attendues du PRES accusent un retard préoccupant. À fin avril 2026, elles ne s’élevaient qu’à 74,9 milliards de francs CFA, contre une prévision de 132,9 milliards, soit seulement 56,4 % de la cible.
Par ailleurs, l’ambition de l’État de porter la pression fiscale à 21 % du PIB dès 2027, puis à une moyenne de 21,2 % sur la période 2027-2029, repose sur des réformes d’envergure encore en cours de mise en œuvre. La refonte du Code général des impôts et du Code des douanes, la généralisation de la facture électronique, la taxation de l’économie numérique ainsi que l’intégration fiscale du secteur informel constituent autant de chantiers qui restent à concrétiser.
Pour les parlementaires, il n’est désormais plus question d’approuver des prévisions de recettes fondées sur de simples intentions. L’Assemblée nationale exige du gouvernement une évaluation détaillée du rendement annuel attendu de chaque réforme, qu’il s’agisse des recettes fiscales traditionnelles ou des recettes non fiscales.
Le Parlement réclame également une totale transparence sur les coûts de mise en œuvre de ces réformes ainsi que sur les mesures d’accompagnement destinées à préserver le pouvoir d’achat des ménages face à l’élargissement de l’assiette fiscale.
Enfin, avec la montée en puissance de l’exploitation pétrolière et gazière, les députés ont rappelé l’exigence d’une gouvernance rigoureuse et transparente des revenus extractifs. Selon eux, ces nouvelles ressources doivent prioritairement financer l’investissement productif et non servir à masquer les insuffisances du recouvrement fiscal national.
Liboire SAGNA

