Criminalité financière : le GIABA appelle à une transformation en profondeur des dispositifs de conformité
Saly, (APS) – Le directeur général du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment de capitaux en Afrique de l’Ouest (GIABA), Edwin W. Harris Jr., a appelé, lundi à Saly, les États ouest-africains à transformer en profondeur leurs dispositifs de conformité afin de faire face à l’évolution des risques liés au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme.
”Les approches cloisonnées traditionnelles ne suffisent plus à appréhender les risques interconnectés, découlant de la finance numérique, des activités transfrontalières et des typologies criminelles avancées“, a notamment fait savoir M. Harris Jr à l’ouverture du Sommet ouest-africain sur la conformité pour l’année 2026.
”Transformer la conformité : intégrer la gouvernance, le risque d’entreprise et la LBC/FT/FP à l’ère de la technologie“, est le thème de cette rencontre réunissant des experts, des autorités de régulation et des professionnels de la conformité.
Le directeur général du GIABA a aussi évoqué la nécessité d’intégrer la gouvernance, la gestion des risques d’entreprise et les mécanismes de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération (LBC/FT/FP).
Selon lui, les récentes évaluations mutuelles menées dans les États membres, ont révélé plusieurs insuffisances dont des ‘’lacunes dans le suivi des transactions’’ et des ‘’déficiences dans la déclaration des opérations suspectes’’.
Edwin W. Harris Junior a aussi déploré une ‘’compréhension limitée des risques’’ ainsi que des ‘’faiblesses dans les procédures de vigilance à l’égard de la clientèle’’.
Selon lui, ‘’ces manquements affectent directement la crédibilité et la réputation des systèmes financiers de la région’’. Il appelé à renforcer les programmes de conformité au sein des institutions financières et des entreprises assujetties.
”Les pays ne seront pas seulement évalués sur l’existence de lois et de règlements, mais aussi sur leur capacité à produire des résultats mesurables dans la lutte contre la criminalité financière“, a-t-il indiqué, ajoutant que l’institution qu’il dirige accordera une place plus importante à l’efficacité des dispositifs nationaux de LBC/FT/FP et à leur mise en œuvre concrète.
A cet effet, il a appelé les autorités de supervision et les entités déclarantes à renforcer leur collaboration allant dans le sens d’améliorer les performances des États membres.
Le directeur général du GIABA a, par ailleurs, salué les progrès réalisés par le Sénégal, dans l’amélioration de sa conformité aux normes du Groupe d’action financière (GAFI).
‘’Ces avancées ont permis au pays de sortir de la liste grise de cette organisation internationale’’, d’après lui.
DOB/ADI/SMD/MTN

