Gestion des agents publics : l’Etat lance un audit physique et biométrique d’envergure

Le gouvernement a officiellement lancé, ce mardi 23 juin 2026 à Dakar, un vaste audit physique et biométrique des agents de l’État. Cette opération s’inscrit dans une dynamique de modernisation de l’administration publique et d’assainissement de la gestion des ressources humaines.

Présidée par le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public, Mamadou Lamine Dianté, la cérémonie de lancement, organisée à l’occasion de la Journée mondiale de la fonction publique, a marqué le début du déploiement des équipes d’auditeurs sur l’ensemble du territoire national.

Placée sous le slogan « Moderniser pour mieux servir », cette initiative s’inscrit dans la continuité des réformes engagées par les nouvelles autorités afin de doter l’État d’outils fiables de gestion des effectifs et de renforcer la transparence au sein de l’administration.

L’objectif principal de cet audit est de maîtriser avec rigueur les effectifs de la fonction publique ainsi que la masse salariale, grâce à une identification physique et biométrique exhaustive de l’ensemble des agents. Les autorités entendent ainsi mettre fin aux doublons, aux incohérences et aux discordances relevés dans les fichiers administratifs, des anomalies qui pèsent lourdement sur les finances publiques.

Selon le ministre, l’opération repose sur trois objectifs majeurs : fiabiliser les effectifs de la fonction publique, valoriser le capital humain et optimiser l’utilisation des ressources publiques. Il s’agit notamment de disposer d’une cartographie précise et actualisée des ressources humaines de l’État, de veiller à une meilleure adéquation entre les compétences et les postes occupés, et de garantir que chaque denier public serve à rémunérer un travail effectif au bénéfice de la nation.

Mamadou Lamine Dianté a tenu à rassurer les agents concernés en soulignant que cet audit « n’est pas une mesure de défiance », mais plutôt « un acte de gestion responsable, un levier de transparence et de justice sociale ».

La préparation de cette opération remonte à plusieurs mois. Le 9 décembre 2025, le ministre alors en charge du dossier, Olivier Boucal, avait procédé à l’installation officielle du Comité de pilotage de l’audit physique et biométrique des effectifs de l’État. Cette étape avait marqué le démarrage du recensement national des agents publics, couvrant l’ensemble des catégories de personnel : fonctionnaires régis par le statut général, agents non fonctionnaires, personnels soumis à des statuts spéciaux ainsi que contractuels des ministères et administrations.

Le 27 janvier 2026, le Comité technique (COTEC) de l’audit a été installé à Dakar sous la coordination du Directeur général de la Fonction publique, Ibrahima Dieng, afin d’assurer la mise en œuvre opérationnelle du processus.

À l’issue de cet audit, le gouvernement ambitionne de disposer d’une base de données consolidée et fiable, d’améliorer significativement la gestion administrative et financière des ressources humaines de l’État et de mieux orienter les politiques de recrutement ainsi que la planification des effectifs.

Pour les autorités, cette démarche constitue une étape essentielle vers la construction d’une administration plus performante, plus transparente et plus moderne, capable d’offrir de meilleures conditions de travail aux agents publics tout en garantissant une reconnaissance équitable du mérite.

Khadydja NDIAYE
WALFADJRI

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