Contribution de l’église catholique dans l’éducation et la protection sociale : Abbé Alphonse Birame Ndour évalue les acquis
L’ONG CRSD qui regroupe en son sein des religieux de différentes confessions, a présenté, le 07 avril dernier, les résultats de l’enquête sur la Contribution des familles et institutions religieuses dans l’éducation et la protection sociale. Abbé Alphonse Birame Ndour, représentant de l’Eglise catholique, délégué au dialogue interreligieux et œcuménique dans l’Archidiocèse de Dakar, a évalué les acquis de l’Eglise dans ces deux axes tout en appelant les familles à mieux s’impliquer dans l’éducation de leurs enfants. Aussi le gouvernement est-il invité de reconnaitre la part active de l’Église catholique dans l’éducation au Sénégal.
Des acteurs religieux ont procédé à la restitution de leur étude sur la Contribution des familles et institutions religieuses dans l’éducation et la protection sociale au Sénégal. Pour Abbé Alphonse Birame Ndour, représentant de l’Eglise catholique, par ailleurs, délégué au dialogue interreligieux et œcuménique dans l’Archidiocèse de Dakar, l’Église catholique, depuis longtemps, a fait le choix d’entretenir l’homme en général. Empruntant la citation de Saint-Irénée de Lyon, qui disait que « la gloire de Dieu, c’est l’homme debout », le prélat estime que, « pour que l’homme soit debout, il faut passer par des mécanismes qui lui permettent de pouvoir non seulement profiter de tout ce qu’on peut lui apporter, mais de manière qu’il soit forgé, édifié ».
Une manière pour lui de dire que l’Eglise a tout le temps été dans l’éducation et la protection sociale. « L’Église, à travers ses vertus, a fait, en sorte qu’à travers l’éducation, les actions sociales et bien d’autres contributions, tout son possible pour aider l’homme à se développer et à vivre dans un épanouissement que Dieu lui a donné déjà », fait savoir le prêtre de l’Archidiocèse de Dakar.
LA CONTRIBUTION DE L’EGLISE DANS L’EDUCATION
Revenant de manière plus détaillé sur la contribution de l’Eglise dans le domaine de l’éducation, Abbé Alphonse Birame Ndour dresse un tableau rassurant. « L’Etat des lieux aujourd’hui est demeuré le même, depuis la Création. En réalité, aujourd’hui encore davantage, plus aujourd’hui qu’hier, l’Église, à travers ses vertus, a mis en place un système éducatif à travers l’enseignement catholique qui permet vraiment aux jeunes, aux enfants et même aux adultes de pouvoir être mieux formés, orientés vers des outils qui leur permettent de mieux vivre en société et de profiter de ce que la vie leur donne » a-t-il relevé.
Dans le domaine de la formation, Abbé Alphonse fait ressortir l’enseignement et l’apprentissage, la formation avec les institutions supérieures et la formation spirituelle à travers les internats, séminaires. « Pour l’Eglise, l’éducation est vraiment le souci qu’elle se donne comme mission afin de former et de forger, le type du Sénégalais bon qui doit développer son pays. Par contre, ce que nous faisons, c’est de venir en apport à ce que l’État a déjà fait », a-t-il soutenu.
Par conséquent, il a attesté : « nous sommes tous engagés dans la même barque où nous voulons, chacun de son côté, le bien-être et le bien de nos concitoyens. Et depuis longtemps, encore une fois de plus, l’Église a été modèle dans l’enseignement, dans l’éducation. Beaucoup de ceux qui sont maintenant au pouvoir, sont passés par l’école catholique. Pour dire simplement que c’est une école qui donne, quand-même, une formation de qualité. Autrement, peut-être qu’il y a longtemps qu’on les aurait désertées ».
CARITAS COMME MODELE DE PROTECTION SOCIALE
La Caritas effectue un travail remarquable dans la protection sociale, fait remarquer Abbé Alphonse Birame. Pour le prélat, dans la mission de l’Église, il n’y a pas de différenciation entre celui qui est de l’Église et celui qui ne l’est pas. Elle se donne la mission d’aider l’homme, tout simplement, comme créature divine. « Allez même dans certaines régions, très reculées dans le Sénégal, l’Église est présente à travers la santé catholique, la Caritas et évidemment, l’éducation. Autant, justement, de faits que l’on peut décliner, que l’on peut donner de ce que l’Église a et fait jusqu’à aujourd’hui. Le message que l’on peut lancer aux autorités, c’est d’abord déjà qu’ils reconnaissent la part active de l’Église catholique dans l’éducation au Sénégal. »
LE PLAIDOYER DE L’EGLISE
Le plaidoyer de l’Eglise catholique est allé dans le sens de renforcer les acquis et surtout de conscientiser les parents à prendre aussi une part active dans l’éducation des enfants. Selon Abbé Alphonse Ndour, il y a trois acteurs de l’’éducation qui se dessinent dont la famille, l’école et la société. « Avant, l’éducation de l’enfant était l’affaire de tous. Aujourd’hui, elle est dévolue à un cercle beaucoup plus restreint : père-mère. A l’école, on parle bien d’éducation. Malheureusement, j’ai comme l’impression que l’école n’éduque plus dans la conception du monde local que nous connaissons, à savoir de donner à l’enfant les outils techniques qui lui permettent vraiment de mieux se comporter en société. L’école enseigne. Cela veut dire qu’on inculque à l’enfant justement des connaissances ».
Pour combler ce vide, Abbé Alphonse appelle les parents et les familles à s’engager et à veiller davantage à l’éducation et au bien-être des enfants.
Denise ZAROUR MEDANG
SUDQUOTIDIEN

