Microfinance – Financement de l’économie sociale et solidaire : Le Fdmi veut mobiliser 200 milliards

Pour le financement de l’économie sociale et solidaire, le Fonds de développement de la microfinance islamique (Fdmi) dont le lancement est annoncé pour la semaine prochaine, entend mobiliser un montant de 200 milliards de francs Cfa.

Par Dialigué FAYE – Mobiliser, structurer et orienter des ressources financières conformes à la finance islamique ; les canaliser vers des institutions de microfinance partenaires, chargées de la distribution, du suivi des financements et de la relation avec les bénéficiaires finaux, notamment les Pme et les acteurs de l’économie sociale et solidaire. Telles sont les missions assignées au Fonds de développement de la microfinance islamique (Fdmi). Pour cela, ce nouveau mécanisme, qui assure désormais la gestion du Programme de développement de la microfinance islamique (Promise), veut mobiliser un montant de 200 milliards de francs Cfa. «Le Conseil de surveillance a tenu une séance au cours de laquelle l’administrateur a décliné les ambitions du fonds en termes de mobilisation des ressources. Ce montant a été avancé sur la base d’une réflexion approfondie et de constats empiriques qui montrent que le fonds a la capacité de mobiliser au moins cette enveloppe. Il est même possible d’aller au-delà. Toutefois, dans une logique de planification et de prévision, les administrateurs ont préféré faire preuve de prudence, tout en sachant que ce potentiel pourrait être dépassé si toutes les conditions évoquées sont réunies», a indiqué hier Cheikh Oumar Ndiaye, expert au Fdmi, en marge de l’atelier de formation sur la finance islamique organisé par cette institution logée au ministère de la Microfinance, de l’économie sociale et solidaire.

Par la mise en place du Fdmi, le Sénégal réaffirme non seulement son engagement en faveur de l’inclusion économique et sociale, mais également son rôle de pionnier en matière de finance islamique en Afrique subsaharienne.

Des défis encore à relever

M. Ndiaye renseigne : «Actuellement, si nous considérons l’évolution de la finance islamique sur le marché mondial, en Afrique et notamment au Sénégal, on se rend compte que toutes les opportunités ne sont pas encore exploitées à fond. Par voie de conséquence, il y a des enjeux. Le premier enjeu, c’est de faire en sorte que le dispositif ou le cadre réglementaire soit adapté afin d’attirer le maximum de capitaux. Il faut également reconnaître que beaucoup d’efforts ont été déployés par les autorités monétaires dans la sous-région, notamment par la Banque centrale et les autorités de supervision et de régulation. Depuis 2018 jusqu’à présent, il y a eu des avancées importantes.

Toutefois, certains éléments restent à compléter dans ce cadre réglementaire. Même s’il n’est pas complet à 100%, il permet aujourd’hui d’opérationnaliser la finance islamique. Des ajustements sont nécessaires du point de vue de la fiscalité, des référentiels comptables et des ratios prudentiels. Ces insuffisances font qu’aujourd’hui certains ac­teurs, bien qu’encouragés, restent en attente d’un cadre plus abouti. Voilà pour le premier défi. Le second défi est lié à la stratégie d’information et de communication autour de cette technique de financement. S’il y a un conseil à donner, c’est d’inciter les acteurs à faire davantage d’efforts pour améliorer la connaissance, l’accès et la communication autour de la finance islamique, qui mérite d’être mieux connue».

Comme autre défi, il invoque le capital humain. «On ne peut pas développer cette industrie sans disposer de ressources humaines qualifiées, formées, averties et aguerries, capables de répondre aux exigences en matière d’implémentation, d’ingénierie et de formation. Il nous faut un capital humain capable de porter cette industrie. Enfin, il y a le défi de la conformité aux exigences de la Charia. Cela rejoint en partie les questions de capital hu­main et de mobilisation des ressources. Autant de défis qui interpellent aujourd’hui les acteurs intéressés par la finance islamique.»

La finance islamique, d’après l’expert, «c’est une technique de financement qui repose sur le droit musulman dans sa globalité. Ce Droit met en relief certains principes qu’il faut respecter et inclure dans la rédaction des contrats de ces institutions, en l’occurrence le fait d’éviter toute incertitude, toute spéculation, le riba (intérêt), et de respecter certains secteurs jugés «illicites» ou ne rentrant pas dans le cadre des principes de la charia». Le Fdmi est le premier fonds national dédié à la microfinance islamique en Afrique de l’Ouest. Sa mise en place marque une étape importante dans la structuration de l’écosystème de la finance islamique au Sénégal, assure son Admi­nistrateur général, Dr Abdou Karim Diaw, qui annonce le lancement officiel pour le 21 avril 2026.

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