Développement – Mise en œuvre de la Sndspi : L’Etat veut bâtir un secteur privé compétitif
Les autorités étatiques entendent favoriser l’émergence d’un secteur privé fort et compétitif à travers les orientations de la Stratégie nationale de développement du secteur privé et de promotion de l’investissement (Sndspi). Le document a fait l’objet hier, d’un atelier de partage avec des membres du Collectif des journalistes économiques du Sénégal (Cojes).
Par Amadou MBODJI – Le Sénégal, à travers la Vision Sénégal 2050, a engagé une transformation structurelle profonde de son économie, portée par une ambition claire : bâtir un modèle de croissance plus compétitif, plus inclusif et résolument durable, tiré par un secteur privé fort.
C’est précisément dans cette dynamique que s’inscrit la Stratégie nationale de développement du secteur privé et de promotion de l’investissement (Sndspi), qui opérationnalise l’axe 1 de la Stratégie nationale de développement (Snd) et qui constitue aujourd’hui, le référentiel central de l’action publique en matière de développement du secteur privé.
«La vision portée par la Sndspi est claire, ambitieuse. Il s’agit de bâtir un secteur privé compétitif, créateur de richesses et d’emplois, et de manière durable ; et surtout, de devenir le véritable moteur de croissance économique», a expliqué hier, la directrice du Développement du secteur privé, Mme Jouldée Soumaré, lors d’un atelier de partage du rapport de la Sndspi avec des membres du Collectif des journalistes économiques du Sénégal (Cojes).
Organisé par le ministère de l’Economie, du plan et de la coopération, cet atelier vise à favoriser une meilleure compréhension des orientations de la Stratégie et de renforcer la diffusion éclairée des réformes en faveur du développement du secteur privé et de la promotion de l’investissement.
La Sndspi repose sur trois axes majeurs dont la compétitivité des pôles territoires et la facilitation des affaires et de l’investissement privé. Elle a aussi cité l’appui à l’entreprise.
Il est ainsi envisagé, d’après la Ddsp, d’identifier les entités remarquables, c’est-à-dire les entreprises qui vont pouvoir tirer tout un écosystème. Et selon elle, le travail est déjà en cours. Il est aussi prévu des réformes structurantes, à travers le deuxième axe, grâce au dialogue public-privé. «On va comprendre quelles sont les problématiques au niveau de chaque secteur d’activité, pour pouvoir mieux réformer et mettre en place des projets structurants que nous allons dérisquer, pour ensuite bien les financer», a-t-elle dit.
«Structurer le secteur privé»
Pour elle, le Sénégal n’a pas un problème de potentiel, mais un problème de transformation. «La Sndspi est précisément conçue pour répondre à ce défi. Elle vise à structurer le secteur privé, à transformer notre économie et à créer une richesse durable et inclusive. La vraie question aujourd’hui, ce n’est pas de savoir si nous pouvons nous développer, à mon sens. La vraie question, c’est de savoir si nous sommes prêts à changer de modèle pour y parvenir», soutient la patronne de la Ddsp, un démembrement du ministère de l’Economie, du plan et de la coopération.
Auparavant, elle est largement revenue sur le contexte macroéconomique. Ainsi a-t-elle relevé «un modèle économique caractérisé par une croissance moyenne de 3, 2% entre 1961 et 2023, une forte dépendance aux importations, un déficit courant structurellement supérieur à 5% du Pib et un déficit budgétaire moyen de 8% du Pib sur la période 2014-2023. L’encours de la dette publique est passé de 42% du Pib en 2014 à 119% en 2024. L’économie reste dominée par le secteur tertiaire (58, 2% du Pib) et concentrée géographiquement à Dakar (46% du Pib)». Mme Soumaré relève également un environnement des affaires peu favorable lié à une faible maîtrise des facteurs de production. Les coûts de facteurs de production sont assez élevés, un accès au foncier difficile, un manque de coordination entre les structures d’accompagnement des entreprises…
Tous ces goulots d’étranglement devraient être levés, grâce à la Sndspi. «Cette stratégie va bien au-delà d’une simple déclaration d’intention. Elle incarne une volonté politique claire et assumée : lever, de manière systémique, les contraintes qui entravent encore le plein essor du secteur privé.
Son élaboration a reposé sur une démarche rigoureuse, méthodique et inclusive. Un dialogue structuré a été mené, mobilisant l’ensemble des parties prenantes afin de construire une vision partagée et opérationnelle.
Dès lors, cette stratégie s’appuie sur une architecture claire, fondée sur des leviers complémentaires et cohérents.
D’une part, renforcer la compétitivité des pôles territoriaux, afin de bâtir un tissu économique local à la fois dynamique, résilient et attractif.
D’autre part, améliorer l’environnement des affaires à travers des réformes structurantes, et une meilleure prévisibilité pour les investisseurs.
Enfin, un effort soutenu est déployé pour accompagner les entreprises, en particulier les Pme, dans l’amélioration de leurs performances, ainsi que dans leur accès au financement et aux marchés.
Mais au-delà de la qualité de sa conception, la véritable valeur de cette stratégie se mesure à ses résultats. Des résultats concrets, visibles et durables. C’est tout le sens de notre engagement : faire de cette stratégie un levier d’action, et non un simple cadre de référence», assure le Secrétaire général du Mepc. Mais précise Mouhamadou Bamba Diop, «cela implique de renforcer la coordination des interventions et de mettre en place un mécanisme de suivi-évaluation rigoureux, résolument orienté vers l’impact».

