Ordination de Mgr Joseph Francis Janvier BadjI : Un sacre sous le soleil de la foi

Dans une ferveur intense, le diocèse de Kolda a célébré l’ordination de son nouvel évêque, Mgr Joseph Francis Janvier Badji. Entre rituels ancestraux, chants polyphoniques et protocole d’État, retour sur une journée historique où l’humilité a rencontré la gloire.

Saint-Benoît de Kolda, ce samedi matin du 11 avril 2026, n’est plus une simple cour d’école. C’est un sanctuaire à ciel ouvert. Dès l’aube, la communauté chrétienne a pris d’assaut les lieux. Sous les chapiteaux blancs, l’air est épais, saturé par une canicule sahélienne qui semble vouloir tester la résistance des fidèles. Mais à Kolda, la foi ne transpire pas, elle exulte.

À 10 heures, le chant d’entrée de la coordination diocésaine déchire le bourdonnement de la foule. C’est une onde de choc mélodique. La procession s’ébranle, lente, millimétrée. Scouts et Coeurs vaillants fendent la masse, ouvrant la voie à une marée de prêtres et d’évêques. Au centre de ce tableau vivant : Joseph Francis Janvier Badji. Vêtu de rose ponctué de blanc, il avance d’un pas cadencé vers son destin. Sous le dais d’honneur, orné d’or et de blanc, l’ombre est une bénédiction.

C’est ici, sous le regard du représentant du pape et des autorités, dont le ministre de l’Intérieur, Me Bamba Cissé, le maire Mame Boye Diao ainsi que le président du Conseil départemental Moussa Baldé, que le sacré va s’accomplir.

Le moment est solennel. Mgr André Guèye, l’archevêque célébrant, ouvre la liturgie : « Aujourd’hui est un jour de grâce ». Le silence se fait de plomb. Badji se tient debout, tête baissée, face à ses pairs. Le vicaire général donne lecture du mandat apostolique : le pape a choisi.
À 11 h 30, le temps s’arrête. La main sur le coeur, l’élu jure d’assumer la charge des apôtres. « Oui, je le veux ». Les mots sont fermes, portés par une émotion palpable. À quelques mètres, Valérie Elene Mansaly Kathiy, une fidèle, ne retient plus ses larmes : « C’est un grand jour pour nous, c’est l’histoire qui s’écrit », murmure-t-elle.

Le rituel de consécration atteint son paroxysme. À genoux, Badji reçoit l’Évangile. Dans un jeu de symboles forts, sa soutane rose est troquée contre une blanche, barrée de vert, couleur de l’espérance. On lui remet l’anneau de fidélité, la mitre et la crosse du pasteur.

À 11 h 55, Kolda a son évêque. Le collège Saint-Benoît explose de joie. Accolades fraternelles, poignées de main chaleureuses, sourires radieux. Le nouvel évêque descend de son piédestal pour fendre la foule, bénissant ses fidèles au rythme des percussions. Sur les banderoles, sa devise s’affiche comme un programme de vie : «Humilitas fiduciaque » (Humilité et confiance). Alors que le soleil de midi frappe le zénith, la cérémonie s’achève dans un tumulte de cadeaux et de chants de grâce. La chaleur est toujours là, écrasante, mais Kolda repart le coeur léger. Son berger est arrivé.

Par Ibrahima KANDÉ (Correspondant)
LESOLEIL

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