Pratiques religieuses : quand l’innovation technologique chamboule les habitudes
La transformation numérique n’épargne aucun secteur. Aujourd’hui, grâce à la technologie, plusieurs pratiques sont en train de vivre de profondes mutations.
Dans les marchés et boutiques spécialisées, un nouvel accessoire religieux attire l’attention : le chapelet électronique. De plus en plus utilisé par les musulmans, cet outil moderne sous forme de bague, ou en format un peu plus grand, s’enroule parfaitement autour de l’index et s’impose progressivement comme une alternative au chapelet traditionnel.
Selon Seydou Sy, vendeur de nattes et accessoires de prières, ses prix varient entre 2.500 et 8.000 FCfa, en fonction du modèle, de la qualité et des fonctionnalités proposées. Compact, discret et souvent doté d’un écran numérique, le chapelet électronique permet de compter les invocations (zikrs) avec précision.
Pour Madani Diagne, utilisateur convaincu, l’avantage est clair : « C’est surtout pour ne pas se tromper sur les nombres. Parfois, avec le chapelet classique, on peut perdre le fil. J’ai un nombre précis d’invocations à faire par jour. Là, le compteur affiche exactement où j’en suis ».
Certains modèles proposent même des options supplémentaires, comme la mémorisation des séries d’invocations ou l’éclairage nocturne, facilitant leur utilisation à tout moment de la journée.
Au-delà de la précision, la discrétion est un autre argument avancé par certains adeptes. Mamoudou Diop est agent au service des Mines de Hann. Il dit préférer cet outil pour sa dimension pratique et moins visible. « C’est plus discret que le chapelet classique. Même dans ma poche, je peux faire mes zikrs sans que personne ne s’en rende compte. Je tiens beaucoup à la discrétion », confie-t-il.
Un atout, selon lui, dans les transports en commun, au travail ou lors de déplacements. À côté du chapelet, le numérique continue d’apporter d’importantes innovations dans la pratique de la religion. C’est le cas des nattes de prière connectées, qui intègrent des capteurs intelligents. Ces dispositifs sont capables de détecter les mouvements du fidèle durant la prière et de compter automatiquement les unités accomplies.
Il existe même des systèmes qui déclenchent un rappel lorsque le fidèle se trompe sur le nombre de rakas (unités de prière islamique), contribuant ainsi à sécuriser l’accomplissement du rite. Ces innovations, encore peu répandues mais en progression, témoignent d’une volonté d’allier spiritualité et technologie. À côté des outils de la natte et du chapelet, d’autres fidèles utilisent autrement la technologie pour mieux pratiquer leur religion.
Pour les applications, Pape Malé, résident de Hann Maristes, en a téléchargé une qui, non seulement lui permet d’être à jour sur les heures de prière, mais aussi et surtout d’apprendre des versets courts. « Les obligations et actes surérogatoire de la prière c’est avec mon téléphone que je les ai appris », dit-il.
Oumar FEDIOR

