Ziguinchor paralysée : enseignants en grève, élèves en fronde contre les compositions
À Ziguinchor, le système éducatif traverse une zone de fortes turbulences. Depuis 48 heures, écoles et lycées de la commune tournent au ralenti, presqu’à l’arrêt, pris en étau entre deux mouvements de contestation que sont les grèves perlées des enseignants et le refus des élèves de faire les compositions
Aux débrayages intermittents des enseignants qui perturbent les enseignements depuis plusieurs semaines s’est greffée la colère des élèves de la commune de Ziguinchor. Opposés à la tenue des compositions, ces derniers délogent leurs camarades des salles de classe. Dans plusieurs établissements des scènes de tension ont été signalées, avec des jets de pierres visant à contraindre les élèves à quitter les cours.
Les motivations de ce mouvement sont portées par la Présidente départementale des Gouvernements scolaires « Face aux délais très courts les élèves de terminales avaient sollicité auprès des autorités académiques une reprogrammation des compositions. Repousser la date des compositions c’est ce qu’avaient demandé ces élèves malheureusement il ne ya pas eu de réponse de ces autorités. Les élèves de premières ont décidé eux aussi de ne pas composer tant que leurs ainés des terminales ne composent. C’est ce qui a poussé les élèves à sortir dans la rue et à déloger leurs camardes des classes », explique Mademoiselle Diatta qui diagnostique une situation préoccupante d’une situation qu’elle juge catastrophique et susceptible d’hypothéquer la réussite scolaire.
Le constat est alors alarmant : depuis deux jours plus rien ne fonctionne normalement. L’école publique de Ziguinchor est à l’arrêt et la grogne a fini par gagner certains établissements privés de la commune. Cette escalade compromet sérieusement le bon déroulement de l’année scolaire.
Pendant que professeurs et élèves campent sur leurs revendications respectives, les parents d’élèves eux assistent impuissants à la dégradation du climat scolaire. Beaucoup expriment leur désarroi face à cette situation qui ampute dangereusement le quantum horaire. Leur désolation est profonde. Car au-delà des revendications légitimes et des frustrations compréhensibles c’est le quantum horaire qui s’effrite inexorablement.
Dans une région où les résultats au baccalauréat flirtent déjà dangereusement avec la contre-performance cette nouvelle paralysie sonne comme un coup dur supplémentaire. Chaque journée perdue éloigne davantage les candidats, des exigences de l’examen.
Face à cette crise aux multiples facettes, l’urgence d’un dialogue inclusif s’impose pour éviter que l’école ne devienne la principale victime d’un bras de fer dont les élèves paient déjà le prix fort. A Ziguinchor, la conjugaison des grèves d’enseignants et les contestations d’élèves, paralyse en profondeur le système éducatif local.
Ignace NDEYE
SUDQUOTIDIEN

