Tchad: les raisons de la fermeture de la frontière avec le Soudan
Le gouvernement tchadien, qui s’est rassemblé en « réunion extraordinaire de sécurité » lundi 23 février, a annoncé la fermeture de sa frontière avec le Soudan de manière « stricte et immédiate », selon le ministre de la Communication. Cette décision intervient après des « incursions répétées » sur le sol tchadien, notamment à la suite des combats entre les FSR et les Forces conjointes, alliées de l’armée régulière soudanaise, menés depuis samedi 21 février à Tina, une ville soudanaise frontalière.
Avec Nadia Ben Mahfoudh correspondante RFI à Ndjamena,
Les paramilitaires soudanais ont revendiqué, samedi 21 février, la prise de Tina, dans le nord du Darfour, à la frontière avec le Tchad. Les Forces de soutien rapide (FSR) l’ont annoncé sur leur chaîne Telegram. Des combattants ont célébré cette avancée en vidéo sous une banderole affichant le nom de la ville. Tina était jusque-là tenue par les Forces conjointes, alliées de l’armée soudanaise régulière.
Les combats à Tina de samedi dernier s’étendent jusqu’à Tiné, au Tchad. Selon une source locale, les milices FSR ont attaqué un poste avancé de l’armée tchadienne alors qu’ils poursuivaient des Toroboros tentant de se réfugier sur le sol tchadien. Cette énième incursion a fait des victimes : des soldats et des civils ont été tués. La frontière a donc été fermée pour « prévenir les risques d’extension du conflit soudanais » au Tchad.
Plus de 15 000 hommes postés le long de la frontière
« Les forces belligérantes au Soudan, depuis quelque temps, violent l’intangibilité du territoire tchadien. Cela met à mal la sécurité de notre territoire. Nous sommes un État jaloux de sa souveraineté, qui ne peut accepter continuellement cette violation de son territoire. Nous exprimons notre droit en tant qu’État souverain, au nom du droit international, de poursuivre tout assaillant qui viendrait violer les frontières du Tchad, mettre à mal la cohésion entre les Tchadiens, tuer des Tchadiens. Car il faut rappeler que, dans ces incursions, il y a des morts parmi les forces de défense et de sécurité du Tchad et aussi parmi les civils du Tchad », annonce Gassim Chérif, ministre tchadien de la Communication et porte-parole du gouvernement.
La frontière reste néanmoins ouverte aux réfugiés soudanais souhaitant regagner le Tchad et les activités humanitaires se poursuivent sans entrave. Selon une source sécuritaire, l’armée et la force mixte, soit plus de 15 000 hommes, sont postés depuis plusieurs mois le long des 1 400 kilomètres de frontière entre les deux pays.
La guerre au Soudan a fait plusieurs dizaines de milliers de morts et plusieurs millions de réfugiés, dont plus d’un million au Tchad.

