Rappel exceptionnel des autocars «Cheikhou charifou» : le ministre Yankhoba Diémé lance le compte à rebours
En visite officielle au Centre de contrôle technique des véhicules automobiles (CCTVA) de Hann, le ministre des Transports terrestres et aériens, Yankhoba Diémé, a procédé hier, lundi 23 février 2025, au lancement officiel de l’opération exceptionnelle de rappel des autocars interurbains de 12 à 19 places, communément appelés «Cheikhou Charifou».
Accompagné de l’ensemble de son équipe du ministère des Transports terrestres et aériens (MITTA), le ministre Yankhoba Diémé a expliqué que cette visite s’inscrit dans une série de déplacements effectués notamment au CETUD, à la Division régionale des transports et auprès du service VERITAS. Mais le point focal de la journée aura été le CCTVA, dirigé par le Bureau Veritas, où seront opérés les contrôles renforcés.
«Je m’en suis sorti avec beaucoup de satisfaction», a déclaré Yankhoba Diémé, soulignant, dans la foulée, que «les mesures que j’ai préconisées pour lancer l’opération exceptionnelle de rappel des véhicules minicars de 12 à 19 places ont été matérialisées» en vue du démarrage de l’opération prévu le 3 mars prochain, pour une durée de deux mois.
Arrêtés dans un contexte marqué par une recrudescence des accidents de la circulation ayant «endeuillé presque quotidiennement le pays ces derniers mois», explique le ministre, ces mesures conservatoires découlent d’une instruction forte émanant du Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, et du Premier ministre, Ousmane Sonko, à la suite de leur validation en Conseil des ministres.
«Nous ne prenons pas des décisions parce que nous pensons… nous les prenons parce que nous avons vérifié scientifiquement les causes», a-t-il insisté, soulignant avoir engagé pleinement les services du MITTA dans la mise en œuvre. L’opération concerne l’ensemble des véhicules de transport en commun de 12 à 19 places en circulation au Sénégal, estimés à environ 6 800 unités.
Bien que ces véhicules soient déjà soumis à un contrôle technique semestriel obligatoire, l’urgence impose, selon le ministre des Transports terrestres et aériens, «un passage accéléré et généralisé devant les services techniques.»
Outre le contrôle technique classique, l’opération inclura de nouveaux éléments dans la checklist, notamment la conformité du nombre de places assises, l’aménagement des porte-bagages et la surcharge éventuelle. Les véhicules non conformes seront soumis à une contre-visite après mise en conformité.
Le ministre a souligné que la majorité de ces véhicules sont de marque Toyota, identiques à ceux utilisés pour le transport touristique, où les accidents sont rares. «Cela signifie que l’homme a agi sur ces véhicules», a-t-il estimé, pointant les modifications inappropriées et l’indiscipline routière comme facteurs aggravants.
Car, selon les statistiques évoquées par M. Diémé, l’excès de vitesse demeure la principale cause des accidents impliquant ces minicars, qu’il s’agisse de collisions ou de tonneaux, souvent liés à la surcharge et à des aménagements non conformes.
Tout en appelant à la responsabilité de tous, il annonce qu’au-delà du rappel technique, «nous envisageons aujourd’hui, la limitation des vitesses.» Et parmi les techniques étudiées pour limiter les vitesses, figurent le plombage des véhicules et l’installation de systèmes de géolocalisation permettant de détecter les excès de vitesse, même a posteriori.
Le Premier ministre a donné son feu vert pour l’implémentation rapide de ces dispositifs, quitte à agréer des sociétés spécialisées sans recourir à la procédure classique d’appel d’offres, afin d’accélérer le processus.
Pour éviter tout engorgement lors des opérations, le MITTA indique que deux pistes dédiées ont été mises en place dont l’une au CCTVA de Hann et l’autre au centre de contrôle de Diamniadio.
Toutefois, en cas d’affluence massive, VERITAS pourra ouvrir jusqu’à deux lignes supplémentaires, permettant de contrôler jusqu’à 160 véhicules par jour.
Avec 44 jours effectifs de contrôle sur la période prévue, la capacité totale dépasse 7 000 véhicules, soit bien au-delà du parc concerné. «La capacité d’accueil n’est pas le problème», a assuré le ministre.
En conclusion, Yankhoba Diémé a lancé un appel solennel aux opérateurs, chauffeurs, transporteurs et syndicats pour qu’ils répondent massivement, dès le 3 mars prochain, à cette opération «d’intérêt national». «Tout ce que nous pouvons faire sur le véhicule, nous le ferons. Mais j’en appelle aussi à la responsabilité de chacun», a-t-il insisté.
Ousmane GOUDIABY
SUDQUOTIDIEN

