Pacification du climat social: le gouvernement pose des jalons

Le gouvernement s’engage dans la pacification du climat social, après le lancement du dialogue tripartite avec les organisations syndicales et le patronat. En atteste la signature du décret instaurant la réversion de la pension des enseignants-chercheurs et chercheurs. D’autres syndicats qui attendent toujours la satisfaction de leurs revendications, ont, tout de même, suspendu leur mot d’ordre de grève, suite à la volonté de l’autorité à les accompagner. Le gouvernement vise un Pacte national de stabilité sociale, d’ici le 1er mai prochain.

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye vient de signer le décret intégrant la réversion aux ayants cause et la prime de recherche dans la liquidation de la pension, annonce le Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (SAES). «Après l’expiration du préavis de grève du 13 janvier 2025 et après la lutte entamée par le SAES ainsi que la rencontre tripartite entre syndicats, gouvernement et patronat, le décret a finalement été signé le 7 mars 2025», peut-on dans une lettre adressée aux militants du syndicat avant-hier, dimanche 9 mars.

C’est ainsi que «le SAES félicite et remercie tous ses militants pour leur mobilisation exceptionnelle dans la lutte pour la réparation de l’injustice envers les familles des collègues décédés». Non sans leur demander de «rester mobilisés et attentifs pour la résolution  des autres points du protocole d’accord» que sont, entre autres, «l’achèvement et l’équipement des infrastructures sociales et pédagogiques dans les universités», «le recrutement conséquent d’enseignants-chercheurs et chercheurs pour atteindre un taux de 66% de permanents».

Toutefois, on peut dire que la signature du décret portant revalorisation de la pension de retraite des enseignants-chercheurs et chercheurs va contribuer à la pacification de l’espace universitaire, car étant la principale revendication des enseignants du supérieur ces derniers mois.

En effet, dans un contexte de surchauffe du front social, le gouvernement avait appelé au dialogue, le 27 février dernier, en vue de la signature d’un Pacte national de stabilité sociale. D’ailleurs, en Conseil des ministres mercredi dernier, 5 mars 2025, le Premier ministre, Ousmane Sonko, a annoncé la «conclusion d’un Pacte national de stabilité sociale, au plus tard le 1er mai 2025, avec l’objectif de parvenir à des décisions équilibrées pour répondre aux revendications tout en prenant en compte la situation économique et financière du pays».

Dans cette perspective, le Premier ministre «a donné les orientations nécessaires» au ministre en charge du Travail, en relation avec le ministre en charge de la Fonction publique et le ministre des Finances et du Budget, «en vue de la mise en œuvre des diligences requises pour le strict respect du calendrier fixé pour le démarrage des négociations au plus tard le 02 avril 2025», indiquait le communiqué du Conseil des ministres.

Après l’ouverture du dialogue, des syndicats ont suspendu leur mot d’ordre de grève. C’est le cas, par exemple, du Syndicat autonome des techniciens supérieurs de la santé (SATSUS) qui a suspendu «son quatrième plan d’action le temps de permettre au gouvernement de finir le processus de reclassement et la poursuite des travaux avec les ministères sectoriels en vue d’une satisfaction de nos points revendicatifs». Il a, tout de même, appelé le gouvernement à finaliser le processus de reclassement administratif de ses membres en adoptant sans délai le projet de décret validé le 27 févier 2025 par la Commission technique.

Le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes (SAMES) dit également prendre acte de la «volonté manifeste de l’autorité à accompagner les organisations syndicales avec un dialogue sincère et régulier autour des revendications pour un pacte de stabilité sociale durable ». « Par conséquent, le Bureau exécutif national du SAMES décrète une trêve avec une suspension provisoire de son mot d’ordre de grève à compter de ce jour et demande à tous les membres du SAMES de rester mobilisés pour les échéances futures jusqu’à satisfaction de notre plateforme revendicative », indiquait, le 28 févier dernier, un communiqué.

Mariame DJIGO
SUDQUOTIDIEN

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *