Hausse vertigineuses des prix au marché de Thiaroye-gare : légumes et condiments flambent, mais trouvent preneurs

Le marché de Thiaroye, réputé pour ses légumes frais et ses condiments en provenance de tous les horizons du Sénégal, fait face à une flambée des prix qui sont passé du simple au double, au triple, voir plus. Le prix des condiments comme le persil, par exemple, est passé de 250 francs CFA à 1000 francs FFA la touffe. Le poivron connaît également une hausse importante, tandis que l’ail a doublé de prix et l’oignon a enregistré une légère augmentation. Seule la pomme de terre reste accessible pour les consommateurs.

Dans le grouillant marché de Thiaroye-Gare, les étals débordent de légumes et de condiments. Le marchandage se fait dans un brouhaha ambiant, car le marché est très animé, avec des camions qui déchargent leurs produits. Ces derniers manœuvrent avec tact pour se frayer un chemin dans un marché où les trottoirs sont occupés par les étals de marchands. Les rues, déjà étroites, deviennent encore plus difficiles à traverser, en raison des marchands qui squattent les trottoirs.

Des dames, venues se ravitailler pour la semaine ou pour leur quotidien (culinaire), se faufilent dans les ruelles du marché. Dès que les véhicules déchargent, les portefaix et autres rabatteurs se précipitent vers les clients, leur proposant des services avec des interpellations directes comme «dangay ndugg?» (vous voulez faire des provisions…, en wolof). L’odeur des épices et des condiments emplit l’air, et il est difficile de ne pas éternuer, si l’on n’a pas de masque facial pour se protéger.

Il est presque 15 heures, lorsque Ndèye Khady et ses amies occupent les étals au sol. Persil, poivrons et autres condiments jonchent leurs étals, attendant d’être achetés par des clientes. Elles attendent des acheteuses, prêtes à négocier les prix. Une autre vendeuse, tenant une touffe de persil dans les mains, nous interpelle pour vendre sa marchandise. Interrogée sur la hausse des prix, elle répond : «C’est à Niagues que les prix sont déjà élevés. La touffe de persil est vendue à 300 francs CFA là-bas, puis elle nous est revendue à 500 francs CFA ici, et nous, pour nous en sortir, nous la revendons ici à 1000 francs CFA

Sa voisine, qui vend également des condiments, ajoute : «Le poivron est un peu moins cher. Nous l’achetons à 250 francs CFA le tas et le revendons à 500 francs CFA.» Elle explique que cette cherté des produits est en grande partie liée au mois de Ramadan, période durant laquelle les femmes se précipitent dans les marchés pour faire leurs achats.

La situation est similaire pour d’autres produits comme le poivre. Ce dernier, qui coûtait auparavant 4000 francs CFA, est désormais vendu à 6000 francs CFA le kilogramme. Quant à l’oignon, la spéculation sur son prix est bien visible. Djibril Ka, grossiste dans le parc de débarquement de l’oignon, confirme cette hausse. «Le prix du sac de 25 kg est de 11.500 francs CFA, soit 460 francs CFA le kilogramme. Mais, chez les détaillants, il varie entre 500 et 600 francs CFA le kilogramme», explique-t-il.

  1. Ka ajoute que cette hausse est due au gel de l’importation de l’oignon, alors que l’oignon local peine encore à satisfaire la demande. «Hier, trois camions ont déchargé leur marchandise et en moins d’une heure, tout était écoulé. L’oignon local arrive au compte-gouttes ; peut-être que le marché sera mieux approvisionné avant la Korité», espère-t-il.

Moussa THIAM
SUDQUOTIDIEN

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