Tusk: «Nous devons être armés, forts et déterminés»
Depuis le 1ᵉʳ janvier, c’est la Pologne qui assure la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne, et ce, durant les six premiers mois de l’année. Donald Tusk, le chef du gouvernement, est venu présenter mercredi 22 janvier les priorités de la présidence polonaise devant les députés européens réunis en session plénière à Strasbourg. Six mois sous le signe de la sécurité.
Avec Anastasia Becchio envoyée spéciale RFI à Strasbourg,
En accueillant le chef du gouvernement polonais, la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, a rappelé les défis qui attendent l’UE. « Le monde est imprévisible », « l’Europe est sous pression », a-t-elle souligné, deux jours après l’entrée en fonction de Donald Trump aux États-Unis et alors que l’armée russe maintient la pression sur le front ukrainien et continue de grignoter du territoire
Un «défi positif »
Dans ce contexte, Donald Tusk a insisté en premier lieu sur la nécessité pour l’Europe de s’armer. « Si le président des États-Unis nous dit que l’Europe assume plus de responsabilités, par rapport à sa sécurité, nous devons considérer ceci comme un défi positif. J’aimerais vous dire que seuls des alliés peuvent poser des défis à d’autres alliés pour les faire grandir. L’heure est venue pour l’Europe d’agir. Aujourd’hui, la sécurité européenne ne peut se contenter de formes d’économie. »
« Ce n’est pas nous qui l’avons choisi. Je ne suis pas militariste, a-t-il poursuivi. (…) Nous avons beaucoup souffert (de la guerre) en Europe, et c’est peut-être pour cela que nous comprenons si bien que pour éviter que notre histoire se répète, nous devons être armés, nous devons être forts et nous devons être déterminés, y compris en termes de capacités de défense ». « Relevez la tête, Européens », a-t-il encore soutenu, en réponse aux inquiétudes suscitées par le retour au pouvoir de Donald Trump. « L’Europe était, est et sera toujours grande. »
Prendre au sérieux l’appel de Donald Trump
La Pologne consacre plus de 4,1 % de son PIB à sa défense. Et elle espère convaincre les autres pays membres d’augmenter de manière significative les investissements tant nationaux qu’européens. Donald Tusk estime qu’il faut prendre au sérieux l’appel du président américain à accroître leurs dépenses de défense à 5% du PIB.
Autre thème abordé, la sécurité migratoire. La Pologne souhaite s’investir dans la lutte contre l’immigration irrégulière, un sujet revenu sur le devant de la scène avec le virage à droite pris par le Parlement. Une proposition soutenue par l’eurodéputé conservateur François-Xavier Bellamy. « Notre famille politique a aujourd’hui les leviers pour agir au sein de ce Parlement et nous allons mettre fin à l’impuissance de la crise migratoire de l’Union européenne. » teinte-t-il, « c’est ce changement que les européens attendent, et c’est par ce changement que nous allons démontrer que la majorité a changé ici. »
Au gauche de l’échiquier politique européen, on entend à l’inverse quelques inquiétudes. C’est le cas de l’eurodéputée France insoumise Manon Aubry.
Manon Aubry, eurodéputée de la France Insoumise
Le gouvernement de Donald Tusk fait face à des critiques, ONG et partis de gauche, notamment l’accusent de poursuivre l’approche dure du gouvernement précédent du Pis en matière de migration à la frontière avec la Biélorussie. Le pays a d’ailleurs été autorisé par la Commission européenne à limiter temporairement le droit d’asile. La question reviendra rapidement dans l’agenda européen.