{"id":9903,"date":"2023-04-07T11:01:17","date_gmt":"2023-04-07T11:01:17","guid":{"rendered":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=9903"},"modified":"2023-04-07T11:01:18","modified_gmt":"2023-04-07T11:01:18","slug":"panel-climat-de-violence-au-senegal-un-mal-politique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=9903","title":{"rendered":"Panel \u2013 Climat de violence au S\u00e9n\u00e9gal: Un mal politique"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Le S\u00e9n\u00e9gal traverse une p\u00e9riode agit\u00e9e o\u00f9 la violence s\u2019est install\u00e9e dans l\u2019espace public. Pour c\u00e9l\u00e9brer comme il se doit le 63e anniversaire de l\u2019ind\u00e9pendance du pays, l\u2019Association Continent Premier a initi\u00e9, ce 4 Avril \u00e0 Gen\u00e8ve, un panel autour de cette question. Une discussion dont on peut retenir que les acteurs politiques sont les premiers responsables de ce climat de violence.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le S\u00e9n\u00e9gal traverse une p\u00e9riode trouble de son histoire. La violence s\u2019invite partout dans l\u2019espace public. Les derni\u00e8res manifestations de l\u2019opposition se sont sold\u00e9es par des morts. Des \u00e9pisodes qui tendent \u00e0 se r\u00e9p\u00e9ter depuis les graves \u00e9v\u00e8nements de mars 2021 qui avaient fait 14 morts. Cette violence dans le champ politique inqui\u00e8te. Et \u00e0 l\u2019occasion de la c\u00e9l\u00e9bration de la F\u00eate de l\u2019ind\u00e9pendance ce 4 avril, les S\u00e9n\u00e9galais de Gen\u00e8ve se sont r\u00e9unis autour du th\u00e8me&nbsp;: \u00abS\u00e9n\u00e9gal, pays de la Teranga et du dialogue : un h\u00e9ritage \u00e9ternel&nbsp;?\u00bb Pour les panelistes de ce rendez-vous organis\u00e9 par l\u2019Association Continent Pre\u00admier, force est de reconna\u00eetre que l\u2019Etat et les politiques sont les principaux responsales. Magu\u00e8ye Thiam n\u2019y va pas avec le dos de la cuill\u00e8re. Pour le formateur, la violence au S\u00e9n\u00e9gal est essentiellement exerc\u00e9e par l\u2019Etat. \u00abDepuis que le S\u00e9n\u00e9gal existe, la violence est plus institutionnelle que venant des cito\u00adyens\u00bb, souligne-t-il en donnant l\u2019exemple de la premi\u00e8re crise que connut le pays en 1962, lorsque Senghor accusa Mamadou Dia de tentative de coup d\u2019Etat. Ces situations se r\u00e9p\u00e8teront encore durant toutes les phases de violence que le pays a connues depuis. Sociologue, le Dr Abdallah Togola fustige aussi bien les politiques \u00abdont la responsabilit\u00e9 est \u00e9norme\u00bb que les ci\u00adtoyens s\u00e9n\u00e9galais. \u00abQuelle est la responsabilit\u00e9 du S\u00e9n\u00e9\u00adgalais lambda&nbsp;? Est-ce que chacun porte le changement qu\u2019il veut voir se r\u00e9aliser ? Comment on traite le bien public ?\u00bb, pose-t-il.<\/p>\n\n\n\n<p>Le professeur de math\u00e9matiques \u00e0 Gen\u00e8ve, Mourtalla Mboup, est aussi convaincu de la responsabilit\u00e9 des politiques dans ce climat tendu. \u00abOn a construit des ar\u00e8nes politiques \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur desquelles les politiques se battent sans merci, et on fait comme si on ne pouvait pas faire autrement parce que c\u2019est de la politique. D\u00e8s qu\u2019il entre en politique, le S\u00e9\u00adn\u00e9galais s\u2019affranchit de toutes les valeurs h\u00e9rit\u00e9es\u00bb, constate-t-il.&nbsp;Cette ar\u00e8ne, o\u00f9 les politiciens s\u00e9n\u00e9galais s\u2019affrontent, ne s\u2019impose aucune limite. \u00abLes politiciens ont enlev\u00e9 les garde-fous et ils se disent que dans ces ar\u00e8nes-l\u00e0, on peut tout se permettre. C\u2019est pourquoi on en est arriv\u00e9s l\u00e0. Il n\u2019y a pas de ligne rouge, il n\u2019y a pas de garde-fous. Pourtant, ce sont les m\u00eames qui, apr\u00e8s, vont \u00e0 la mosqu\u00e9e, chez leur marabout et veulent amener leurs parents \u00e0 La Mecque. Mais d\u00e8s qu\u2019ils sont dans l\u2019ar\u00e8ne politique, ils pensent que tout leur est permis. Et ce n\u2019est pas normal\u00bb, d\u00e9nonce M. Mboup. Pire, dit-il, tous les politiciens ont int\u00e9gr\u00e9 et valid\u00e9 que la politique est sale et qu\u2019on peut y faire ce qu\u2019on veut. \u00abRe\u00adgardez l\u2019affaire Fillon. D\u00e8s qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 pris la main dans le sac par les m\u00e9dias, ce n\u2019\u00e9tait plus possible. Parce que, eux en France, sur ce point, ils ont mis un garde-fou. Il faut qu\u2019on arrive \u00e0 mettre des garde-fous sur certaines d\u00e9rives, qu\u2019on se dise que telle d\u00e9rive, on ne la permettra plus \u00e0 un politique.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les ressorts culturels<\/strong><br>Comment r\u00e9soudre la crise et parvenir \u00e0 un apaisement&nbsp;? Abdoul Thioye, chef par int\u00e9rim du Service de l\u2019Etat de Droit, de l\u2019\u00e9galit\u00e9 et de la non-discrimination au Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l\u2019Homme, estime qu\u2019il est temps de se \u00abressaisir&nbsp;et que chacun fasse son in\u00adtrospection pour identifier les ressources n\u00e9cessaires au dialogue\u00bb. Pour Magu\u00e8ye Thiam, il urge de revenir aux valeurs culturelles traditionnelles. \u00abOn doit revisiter notre patrimoine culturel africain, notamment la Charte du Mande. A l\u2019\u00e9nonc\u00e9 7 de cette charte, il y a la parent\u00e9 \u00e0 plaisanterie. Et l\u2019histoire du pacte de sang qui lie les peuples de la S\u00e9n\u00e9gambie. R\u00e9activer ces institutions pourrait permettre d\u2019asseoir un dialogue riche et f\u00e9cond au S\u00e9n\u00e9gal. Jusqu\u2019\u00e0 un pass\u00e9 r\u00e9cent, les probl\u00e8mes, dans la famille ou le voisinage, \u00e9taient discut\u00e9s sous l\u2019arbre \u00e0 palabres et sous la veill\u00e9e des anc\u00eatres. Il faut reconfigurer ce cadre en l\u2019adaptant \u00e0 la modernit\u00e9\u00bb, souligne M. Thiam. Aller au-del\u00e0 des divergences profondes qui s\u00e9parent les camps politiques en pr\u00e9sence n\u00e9cessite, selon Mourtalla Mboup, une attitude \u00abraisonnable\u00bb du Pr\u00e9sident Macky Sall. \u00abDans l\u2019imm\u00e9diat, il faut que Macky Sall&nbsp;revienne \u00e0 la raison, qu\u2019il se d\u00e9sengage de ce passage en force qu\u2019il veut tenter. C\u2019est \u00e7a qui est urgent. Une fois qu\u2019il l\u2019aura fait, et je pense qu\u2019il va le faire, il se rendra compte que cela n\u2019est pas possible\u00bb, souligne-t-il. Mais dans le long terme, il revient, dit-il, \u00e0 la population de prendre ses responsabilit\u00e9s. \u00abMais quand on dit population, on parle \u00e0 une masse critique. Il n\u2019arrivera jamais un moment o\u00f9 tout le monde s\u2019engagera, mais il faut un certain nombre d\u2019hommes et de femmes qui prennent leurs responsabilit\u00e9s\u00bb, assure-t-il. Pour M. Thiam, le gros probl\u00e8me au S\u00e9n\u00e9gal, c\u2019est un probl\u00e8me de foi. \u00abOn est 95% de musulmans et 5% de chr\u00e9tiens, donc, tout le monde est croyant. Mais on enseigne la religion sans enseigner la foi, donc on se retrouve avec des S\u00e9n\u00e9galais sans foi ni loi. Il faut d\u2019abord r\u00e9gler cette question de la foi et inculquer certains concepts, comme les notions de R\u00e9publique, de citoyennet\u00e9 et de d\u00e9mocratie, qui ne sont pas suffisamment assimil\u00e9s au S\u00e9n\u00e9gal. On voit des gens qui mettent plus en avant leur identit\u00e9 de talib\u00e9 que leur citoyennet\u00e9. \u00c7a pose probl\u00e8me. Le citoyen peut \u00eatre talib\u00e9, mais quand il est dans son bureau, il sert d\u2019abord la R\u00e9publique avant de servir le marabout.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce climat, la presse est aussi appel\u00e9e \u00e0 jouer un r\u00f4le important, celui de rechercher la v\u00e9rit\u00e9 et la dire, estime Hamadou Tidjane Sy. \u00abLa classe politique veut faire jouer \u00e0 la presse un autre r\u00f4le qui n\u2019est pas le sien. Tous veulent des journalistes qui d\u00e9fendent leur cause, des m\u00e9dias \u00e0 leur solde\u00bb, constate le directeur d\u2019Ejicom, une \u00e9cole de formation en journalisme. Cet embarras de la presse est, selon Mourtalla Mboup, celui dans lequel les religieux baignent \u00e9galement.<\/p>\n\n\n\n<p><br><strong>Par Mame Woury THIOUBOU (Envoy\u00e9e sp\u00e9ciale \u00e0 Gen\u00e8ve) mamewoury@lequotidien.sn<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le S\u00e9n\u00e9gal traverse une p\u00e9riode agit\u00e9e o\u00f9 la violence s\u2019est install\u00e9e dans l\u2019espace public. 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