{"id":9899,"date":"2023-04-07T10:52:32","date_gmt":"2023-04-07T10:52:32","guid":{"rendered":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=9899"},"modified":"2023-04-07T10:52:33","modified_gmt":"2023-04-07T10:52:33","slug":"rwanda-aux-origines-du-genocide-des-tutsis","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=9899","title":{"rendered":"Rwanda: aux origines du g\u00e9nocide des Tutsis"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Le 7 avril 1994, commen\u00e7ait sur les vertes collines du Rwanda l\u2019une des plus grandes tueries du vingti\u00e8me si\u00e8cle. Ce n\u2019\u00e9tait pas une \u00e9ni\u00e8me guerre interethnique africaine, mais une extermination planifi\u00e9e qui a co\u00fbt\u00e9 la vie \u00e0 pr\u00e8s de 1 million de personnes. Il s\u2019agissait bel et bien d\u2019un \u00ab g\u00e9nocide \u00bb r\u00e9pondant au projet politique du pouvoir extr\u00e9miste hutu : \u00e9liminer tous les Tutsis.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Entre avril et juillet 1994, en l\u2019espace de cent jours, pr\u00e8s d\u2019un million de Rwandais ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s. L\u2019essentiel des victimes appartenaient \u00e0 la minorit\u00e9 tutsie, alors que les auteurs de cette v\u00e9ritable entreprise d\u2019extermination \u00e9taient les Hutus, communaut\u00e9 majoritaire, qui exerce le pouvoir au Rwanda depuis 1962. Plusieurs milliers de Hutus mod\u00e9r\u00e9s qui n\u2019adh\u00e9raient pas \u00e0 l\u2019id\u00e9ologie raciste de leurs dirigeants, ont aussi trouv\u00e9 la mort dans ce bain de sang dont le pays des Mille collines comm\u00e9more cette ann\u00e9e le vingt-huiti\u00e8me anniversaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Les c\u00e9r\u00e9monies de comm\u00e9moration ont lieu \u00e0 Kigali. Vingt-huit ans apr\u00e8s, malgr\u00e9 le travail fait par des historiens et des enqu\u00eateurs judiciaires locaux et internationaux, l\u2019ampleur et les circonstances de ces massacres continuent de susciter stupeur et interrogations. L\u2019une des principales interrogations concerne l\u2019attentat qui a vis\u00e9 le 6 avril 1994 l\u2019avion ramenant au pays le pr\u00e9sident hutu du Rwanda,&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.rfi.fr\/fr\/emission\/20140110-portrait-juvenal-habyarimana-1-218\">Juv\u00e9nal Habyarimana<\/a>. Consid\u00e9r\u00e9e comme le signal du d\u00e9clenchement du g\u00e9nocide, cette explosion, qui a co\u00fbt\u00e9 la vie au pr\u00e9sident et aux membres de l\u2019\u00e9quipage du Falcon pr\u00e9sidentiel, n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9lucid\u00e9e \u00e0 ce jour.<\/p>\n\n\n\n<p>Le juge parisien Jean-Louis Brugi\u00e8re, qui a dirig\u00e9 la premi\u00e8re enqu\u00eate sur cet attentat, a accus\u00e9 les proches de l\u2019actuel pr\u00e9sident du Rwanda Paul Kagame, \u00e0 la t\u00eate \u00e0 l\u2019\u00e9poque des rebelles tutsis, d\u2019avoir perp\u00e9tr\u00e9 l\u2019attaque. Kagame a \u00e9videmment rejet\u00e9 l\u2019accusation et a point\u00e9 du doigt, \u00e0 son tour, les extr\u00e9mistes hutus pour qui, selon lui, c\u2019\u00e9tait le pr\u00e9texte id\u00e9al pour mettre en \u0153uvre leur plan d\u2019extermination des Tutsis. Le rapport de l\u2019expertise balistique r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 la demande du juge Marc Tr\u00e9vidic, qui instruit d\u00e9sormais l\u2019affaire, infirmerait la th\u00e8se avanc\u00e9e par Brugi\u00e8re. Il indique que les missiles ont \u00e9t\u00e9 tir\u00e9s du haut de la colline de Kanombe, alors occup\u00e9e par les Forces arm\u00e9es rwandaises (FAR), mais sans pour autant conclure sur l&rsquo;identit\u00e9 des auteurs de l&rsquo;attentat.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Quoiqu\u2019il en soit, l\u2019attentat du 6 avril n\u2019en marque pas moins un tournant dans l\u2019histoire rwandaise contemporaine. D\u00e8s que la nouvelle de la mort du pr\u00e9sident a \u00e9t\u00e9 connue, les extr\u00e9mistes hutus sont descendus dans les rues, appelant la population \u00e0 exterminer les Tutsis pour venger le pr\u00e9sident disparu. Les militaires proches des extr\u00e9mistes ont pris le pouvoir dans la foul\u00e9e. Ils se sont d\u2019abord d\u00e9barrass\u00e9s des Hutus mod\u00e9r\u00e9s qui s\u2019opposaient \u00e0 leur projet meurtrier, avant de lancer une campagne nationale de massacres. Les violences touchent d\u2019abord la capitale qui devient l\u2019\u00e9picentre du g\u00e9nocide en marche, avant de s\u2019\u00e9tendre dans tout le pays. Les tueries ne s\u2019arr\u00eateront que trois mois plus tard.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Victimes de l\u2019histoire<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Au moment des faits, ces tueries s\u2019apparentaient aux yeux des m\u00e9dias internationaux \u00e0 la \u00ab&nbsp;<em>col\u00e8re populaire<\/em>&nbsp;\u00bb spontan\u00e9e apr\u00e8s l\u2019attentat qui avait co\u00fbt\u00e9 la vie au pr\u00e9sident Habyarimana. On sait aujourd\u2019hui que, loin d\u2019\u00eatre une explosion soudaine et impr\u00e9visible, le massacre des Tutsis \u00e9tait bien un g\u00e9nocide, l\u2019\u00e9limination planifi\u00e9e de toute une partie de la population, dans un contexte de gestion racialis\u00e9e de la soci\u00e9t\u00e9 rwandaise depuis la colonisation.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019origine, Tutsis et Hutus constituent un seul et m\u00eame peuple. Comme l\u2019\u00e9crit&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.lhistoire.fr\/un-demi-si%C3%A8cle-de-racisme-officiel\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Jean-Pierre Chr\u00e9tien<\/a>, grand sp\u00e9cialiste de l\u2019Afrique des Grands Lacs, \u00ab&nbsp;<em>tout le monde parle une seule langue, le kinyrwanda, et partage les m\u00eames croyances, la m\u00eame culture, les m\u00eames clans et une histoire commune depuis des si\u00e8cles&nbsp;<\/em>\u00bb. Ce sont les puissances colonisatrices, les Allemands puis les Belges, nourris de la pens\u00e9e de&nbsp;<a href=\"https:\/\/gallica.bnf.fr\/ark:\/12148\/bpt6k650519.texteImage\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Gobineau<\/a>&nbsp;sur l\u2019in\u00e9galit\u00e9 des races, qui font des Tutsis et des Hutus deux groupes ethniques diff\u00e9rents. Les colons privil\u00e9gient les Tutsis, d\u00e9crits comme des \u00ab&nbsp;<em>Europ\u00e9ens noirs<\/em>&nbsp;\u00bb et jug\u00e9s d\u2019intelligence sup\u00e9rieure, au d\u00e9triment des Hutus qualifi\u00e9s de \u00ab N\u00e8gres bantous \u00bb, r\u00e9duits \u00e0 leur condition d\u2019agriculteurs. Les Tutsis \u00e9taient prioritaires dans l\u2019acc\u00e8s aux \u00e9coles missionnaires et dans le recrutement pour les emplois administratifs.<\/p>\n\n\n\n<p>Inutile de dire que les Hutus vivaient leur rel\u00e9gation comme une injustice. Ils font \u00e9clater leurs ressentiments au grand jour \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1950, sous le masque des revendications pro-ind\u00e9pendantistes qui gagnent alors toute l\u2019Afrique. Lorsque les Belges se retirent finalement du Rwanda en 1962, le pouvoir passe aux mains des Hutus, majoritaires dans le pays (85% de la population). C\u2019est la fin des privil\u00e8ges dont b\u00e9n\u00e9ficiaient les Tutsis jusque-l\u00e0. Plus grave encore, ces derniers deviennent d\u00e9sormais les boucs \u00e9missaires des crises \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition que traverse la nouvelle r\u00e9publique rwandaise.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir de 1959, le Rwanda est le th\u00e9\u00e2tre de r\u00e9guli\u00e8res flamb\u00e9es de violences qui se traduisent par des massacres des Tutsis. Plusieurs milliers de Tutsis sont d\u00e9plac\u00e9s dans des camps. D\u2019autres fuient dans les pays voisins (Ouganda, Congo, Burundi, Tanzanie). Pr\u00e8s de la moiti\u00e9 de&nbsp;Tutsis rwandais avait d\u00fb s\u2019exiler entre 1960 et 1973 apr\u00e8s plusieurs p\u00e9riodes de massacres et de discriminations. Interdits de revenir au pays natal, ces exil\u00e9s s\u2019organisent en Ouganda et cr\u00e9ent en 1987 le Front patriotique rwandais (FPR).<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1\" height=\"1\" src=\"https:\/\/dekkbi.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/image-1.gif\" alt=\"\" class=\"wp-image-9900\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019engrenage g\u00e9nocidaire<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le 1er octobre 1990, le FPR lance sa premi\u00e8re offensive sur le Rwanda. C\u2019est le d\u00e9but de la guerre civile. Le pr\u00e9sident Juv\u00e9nal Habyarimana, qui a pris le pouvoir \u00e0 Kigali en 1973 \u00e0 la faveur d\u2019un putsch, prend pr\u00e9texte de cette attaque pour perp\u00e9trer des exactions contre les Tutsis de l\u2019int\u00e9rieur, accus\u00e9s de complicit\u00e9 avec les rebelles du FPR. Les quotas ethniques qui existent depuis l\u2019ind\u00e9pendance limitant \u00e0 9% la pr\u00e9sence des Tutsis dans les \u00e9coles et les emplois sont renforc\u00e9s. Le gouvernement instaure \u00e9galement les cartes d\u2019identit\u00e9 mentionnant l\u2019appartenance au groupe ethnique.<\/p>\n\n\n\n<p>Parall\u00e8lement, le pouvoir s\u2019appuie sur les m\u00e9dias, notamment le journal bimensuel&nbsp;<em>Kangura&nbsp;<\/em>et la fameuse&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.rfi.fr\/fr\/emission\/20121208-1-rwanda-medias-haine-genocide\">Radio-t\u00e9l\u00e9vision libre des Mille collines<\/a>&nbsp;pour distiller \u00e0 travers le pays l\u2019id\u00e9ologie de haine qui sera le principal ressort du g\u00e9nocide. Les Tutsis sont qualifi\u00e9s de \u00ab&nbsp;<em>cancrelats<\/em>&nbsp;\u00bb (<em>inyenzi<\/em>) par la presse radicale qui n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 \u00e9voquer d\u00e8s 1991 la machette comme r\u00e9ponse \u00e0 la question tutsi.&nbsp;<em>Last but not least<\/em>, est fond\u00e9e en 1992 la milice les Interahamwe (\u00ab&nbsp;<em>ceux qui combattent ensemble<\/em>&nbsp;\u00bb, en kinyarwanda), rompue \u00e0 l\u2019exercice de la violence.<\/p>\n\n\n\n<p>La bombe g\u00e9nocidaire est en place. Le crash du Falcon du pr\u00e9sident hutu le 06 avril 1994 servira de briquet pour allumer la m\u00e8che.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Massacres<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s le lendemain de l\u2019explosion, commencent des massacres \u00e0 grande \u00e9chelle. On tue avec m\u00e9thode et application. Des listes des personnes \u00e0 tuer sont \u00e9tablies par les autorit\u00e9s rwandaises de l\u2019\u00e9poque. Puis entrent en action les bras arm\u00e9s de l\u2019administration que sont les milices hutu Interahamwe et les Forces arm\u00e9es rwandaises (FAR). Ceux-ci \u00e9rigent des barrages routiers, fouillent les maisons. Hommes, femmes et enfants sont extermin\u00e9s \u00e0 coups de machettes, d\u00e9chiquet\u00e9s par les grenades et les obus, dans la rue, chez eux et parfois au sein m\u00eame des \u00e9glises et des \u00e9coles o\u00f9 ils s\u2019\u00e9taient r\u00e9fugi\u00e9s. De telles sc\u00e8nes se r\u00e9p\u00e8tent partout dans Kigali. En l\u2019espace d\u2019un mois, un quart de la population de la capitale qui comptait alors 200 000 habitants est extermin\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Il ne faut pas plus d\u2019une dizaine de jours pour que les massacres s\u2019\u00e9tendent \u00e0 l\u2019ensemble du pays. Le nouveau gouvernement issu de la mouvance de la \u00ab&nbsp;<em>Hutu Power&nbsp;<\/em>\u00bb, qui a pris le pouvoir dans les heures qui ont suivi la disparition du pr\u00e9sident Habyarimana, relaie sans tarder son mot d\u2019ordre meurtrier aux autorit\u00e9s locales. Dans les profondeurs du pays, faute de miliciens, les civils sont mobilis\u00e9s par les autorit\u00e9s ainsi que les m\u00e9dias \u00e0 la solde du pouvoir. On les r\u00e9tribue, on les menace pour les pousser \u00e0 participer aux massacres de leurs voisins, de leurs coll\u00e8gues et parfois des parents.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec en moyenne 10 000 morts par jour, les tueries qui ont ensanglant\u00e9 les collines et les marais rwandais en ce printemps 1994 constituent l\u2019un des plus grands crimes de l\u2019histoire du XXe si\u00e8cle. \u00ab<em>&nbsp;L\u2019ampleur, les circonstances et la simultan\u00e9it\u00e9 des massacres ne laissent aucun doute sur leur pr\u00e9paration minutieuse<\/em>&nbsp;\u00bb, \u00e9crit&nbsp;<a href=\"http:\/\/cespra.ehess.fr\/index.php?2626\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">H\u00e9l\u00e8ne Dumas<\/a>, auteur d\u2019un r\u00e9cent ouvrage tr\u00e8s remarqu\u00e9 sur les massacres, intitul\u00e9&nbsp;<em>Le G\u00e9nocide au village<\/em>&nbsp;(Seuil).<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le r\u00f4le de la communaut\u00e9 internationale<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les tueries au Rwanda prennent fin le 04 juillet 1994, avec la prise de Kigali par les rebelles du FPR dirig\u00e9s par Paul Kagame, devenu pr\u00e9sident. Depuis cette lib\u00e9ration, la communaut\u00e9 internationale s\u2019est r\u00e9investie dans le pays, avec notamment la cr\u00e9ation par l\u2019ONU du Tribunal p\u00e9nal international pour le Rwanda (TPIR). Les juges du TPIR ont qualifi\u00e9 les massacres du Rwanda de \u00ab&nbsp;<em>g\u00e9nocide<\/em>&nbsp;\u00bb d\u00e8s leur premier jugement prononc\u00e9 en septembre 1998, les pla\u00e7ant sur le plan juridique au m\u00eame niveau que le g\u00e9nocide arm\u00e9nien de 1915-16 et le g\u00e9nocide des Juifs et des Tsiganes commis par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. Rappelons que selon la&nbsp;<a href=\"https:\/\/ihl-databases.icrc.org\/applic\/ihl\/dih.nsf\/Treaty.xsp?documentId=CE17A54F9D5F0E4AC12563F70056D774&amp;action=openDocument\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Convention pour la pr\u00e9vention et la r\u00e9pression du crime du g\u00e9nocide adopt\u00e9e par les Nations unies en 1948<\/a>, le g\u00e9nocide est un acte criminel perp\u00e9tr\u00e9 dans le but de d\u00e9truire \u00ab&nbsp;<em>en tout ou en partie, un groupe national, ethnique ou religieux<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette reconnaissance juridique de la souffrance des Rwandais est importante, mais malgr\u00e9 cette reconnaissance, beaucoup de survivants du g\u00e9nocide de 1994 doivent se demander en ce temps de comm\u00e9morations pourquoi la communaut\u00e9 internationale n\u2019est pas intervenue au Rwanda lorsqu\u2019il \u00e9tait encore temps pour arr\u00eater le bain de sang ? Les Casques bleus d\u00e9ploy\u00e9s d\u00e8s octobre 1993 dans le cadre de la Mission des Nations unies pour l\u2019assistance au Rwanda (Minuar) pour aider \u00e0 l\u2019application des accords d\u2019Arusha entre le FPR et le gouvernement rwandais, ne pouvaient pas ignorer la r\u00e9alit\u00e9 des massacres syst\u00e9matiques qu\u2019a d\u00e9clench\u00e9 l\u2019attentat meurtrier contre le pr\u00e9sident Habyarimana.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 Kigali, les Nations unies sont sur la sellette pour avoir amput\u00e9 la Minuar de la quasi-totalit\u00e9 de ses troupes d\u00e8s le d\u00e9but des \u00e9v\u00e9nements. La Belgique, mais surtout la France, sont sur la sellette pour leur amiti\u00e9 avec le r\u00e9gime hutu. En 1997, une&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.senate.be\/www\/?MIval=\/publications\/viewPubDoc&amp;TID=16778570&amp;LANG=fr\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">commission d\u2019enqu\u00eate du S\u00e9nat belge<\/a>&nbsp;s\u2019est pench\u00e9 sur ce sujet &#8211; \u00f4 combien ! &#8211; \u00e9pineux. En France, faute de la mise en place d\u2019une commission d\u2019enqu\u00eate, c\u2019est une&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.rfi.fr\/fr\/afrique\/20100713-rapport-parlementaire-le-rwanda-1998-france-fautive-mais-pas-coupable-selon-deputes\/\">mission d\u2019information parlementaire<\/a>&nbsp;qui est charg\u00e9e d\u2019\u00e9clairer les causes et le contexte du g\u00e9nocide tutsi. En 1998, son porte-parole rejettera la responsabilit\u00e9 directe de la France dans le g\u00e9nocide, tout en pointant du doigt la trop grande proximit\u00e9 du gouvernement fran\u00e7ais de l\u2019\u00e9poque avec le r\u00e9gime Habyarimana et son arm\u00e9e. Mais comme les nouvelles accusations formul\u00e9es par Paul Kagam\u00e9, mettant l\u2019accent sur le r\u00f4le de la France dans le g\u00e9nocide, le d\u00e9montrent, vingt ans apr\u00e8s le g\u00e9nocide, les plaies ne se sont pas toujours referm\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Article initialement publi\u00e9 le 06\/04\/2014.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 7 avril 1994, commen\u00e7ait sur les vertes collines du Rwanda l\u2019une des plus grandes tueries du vingti\u00e8me si\u00e8cle. 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