{"id":9517,"date":"2023-03-29T13:36:56","date_gmt":"2023-03-29T13:36:56","guid":{"rendered":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=9517"},"modified":"2023-03-29T13:36:58","modified_gmt":"2023-03-29T13:36:58","slug":"tensions-politiques-et-risques-de-recul-democratique-a-moins-dun-an-de-la-presidentielle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=9517","title":{"rendered":"Tensions politiques et risques de recul d\u00e9mocratique, \u00e0 moins d\u2019un an de la pr\u00e9sidentielle"},"content":{"rendered":"\n<h1 class=\"has-medium-font-size wp-block-heading\">\u00c0 moins d\u2019un an de la prochaine \u00e9lection pr\u00e9sidentielle, pr\u00e9vue en f\u00e9vrier 2024, les tensions politiques sont de plus en plus vives au S\u00e9n\u00e9gal. Au c\u0153ur de celles-ci, l\u2019\u00e9ventualit\u00e9 d\u2019un troisi\u00e8me mandat pour le chef de l\u2019\u00c9tat Macky Sall, et les proc\u00e8s contre Ousmane Sonko, principale figure de l\u2019opposition, leader du Pastef (Patriotes africains du S\u00e9n\u00e9gal pour le travail, l\u2019\u00e9thique et la fraternit\u00e9) et maire de Ziguinchor, dans le sud du pays. Dans une tribune adress\u00e9e au pr\u00e9sident s\u00e9n\u00e9galais, plus d\u2019une centaine d\u2019intellectuels d\u00e9noncent\u00a0<em>\u00ab une instrumentalisation politique du syst\u00e8me judiciaire par l\u2019administration du pr\u00e9sident Macky Sall \u00bb<\/em>.\u00a0<\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"has-medium-font-size wp-block-heading\"><strong>Analyse.<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.addthis.com\/bookmark.php?v=300\"><\/a><a href=\"https:\/\/www.addthis.com\/bookmark.php?v=300\"><\/a><a href=\"https:\/\/www.addthis.com\/bookmark.php?v=300\" rel=\"noreferrer noopener\" target=\"_blank\"><\/a><a href=\"https:\/\/www.addthis.com\/bookmark.php?v=300\" rel=\"noreferrer noopener\" target=\"_blank\"><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Depuis la publication le 20 mars dernier, par nos confr\u00e8res de l\u2019hebdomadaire fran\u00e7ais&nbsp;<em>L\u2019Express<\/em>, d\u2019une interview du pr\u00e9sident s\u00e9n\u00e9galais Macky Sall, la tension politique semble \u00eatre mont\u00e9e d\u2019un cran suppl\u00e9mentaire au S\u00e9n\u00e9gal. Au point o\u00f9 les signataires de la tribune adress\u00e9e au chef de l\u2019\u00c9tat s\u00e9n\u00e9galais affirment qu\u2019une \u00ab menace r\u00e9elle p\u00e8se sur la stabilit\u00e9 et la paix sociale du pays \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La tentation d\u2019un troisi\u00e8me mandat<\/h2>\n\n\n\n<p>Les propos du chef de l\u2019Etat s\u00e9n\u00e9galais concernant sa candidature \u00e9ventuelle pour un troisi\u00e8me mandat semblent avoir mis le feu aux poudres.&nbsp;<em>\u00ab Sur le plan juridique, le d\u00e9bat est tranch\u00e9 depuis longtemps&nbsp;\u00bb<\/em>, a confi\u00e9 \u00e0&nbsp;<em>L\u2019Express<\/em>&nbsp;le pr\u00e9sident Macky Sall au sujet de la perspective d\u2019un troisi\u00e8me mandat. Et il poursuit :&nbsp;<em>\u00ab J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 \u00e9lu en 2012 pour un mandat de sept ans. En 2016, j&rsquo;ai propos\u00e9 le passage au quinquennat et sugg\u00e9r\u00e9 d&rsquo;appliquer cette r\u00e9duction \u00e0 mon mandat en cours. Avant de soumettre ce choix au r\u00e9f\u00e9rendum, nous avons consult\u00e9 le Conseil constitutionnel. Ce dernier a estim\u00e9 que mon premier mandat \u00e9tait intangible et donc qu&rsquo;il \u00e9tait hors de port\u00e9e de la r\u00e9forme. La question juridique est donc r\u00e9gl\u00e9e. Maintenant, dois-je me porter candidat pour un troisi\u00e8me mandat ou non ? C&rsquo;est un d\u00e9bat politique, je l&rsquo;admets. \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Cette vision du pr\u00e9sident s\u00e9n\u00e9galais Macky Sall est loin d\u2019\u00eatre partag\u00e9e par tous, en particulier au sein de la classe politique locale. Pour le d\u00e9put\u00e9 Thierno Alassane Sall, ancien ministre de l\u2019Energie de Macky Sall (il a d\u00e9missionn\u00e9 en 2017), pass\u00e9 \u00e0 l\u2019opposition, et pr\u00e9sident du parti politique la R\u00e9publique des valeurs, le chef de l\u2019Etat s\u00e9n\u00e9galais&nbsp;<em>\u00ab jette de l\u2019huile sur le feu \u00bb.<\/em>&nbsp;<em>\u00ab Au moment o\u00f9 la situation du S\u00e9n\u00e9gal est explosive,&nbsp;<\/em>nous pr\u00e9cise le d\u00e9put\u00e9 Thierno Alassane Sall,<em>&nbsp;c\u2019est une provocation, parce que la situation est tr\u00e8s tendue et la responsabilit\u00e9 du chef de l\u2019\u00c9tat c\u2019est d\u2019apporter une d\u00e9tente. Il pr\u00e9tend que le Conseil constitutionnel avait \u00e9mis un avis en disant qu\u2019il ne peut pas ne pas faire un troisi\u00e8me mandat. Ce qui est un non-sens, parce que la Constitution de 2001, sous l\u2019\u00e9gide de laquelle il a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu, lui donnait droit qu\u2019\u00e0 deux mandats. Il pr\u00e9tend que le Conseil constitutionnel, au moment du r\u00e9f\u00e9rendum de 2016 lui a donn\u00e9 un avis en disant que son premier mandat est intangible, moi je dis que ce ne sont pas les mots qu\u2019utilisent le Conseil constitutionnel. \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 moins d\u2019un an de l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle du 25 f\u00e9vrier prochain, le climat politique est de plus en plus tendu dans le pays, et l\u2019on est loin de la \u00abd\u00e9mocratie apais\u00e9e \u00bb souvent vant\u00e9e en Afrique de l\u2019ouest, o\u00f9 les coups d\u2019\u00c9tat se sont multipli\u00e9s ces derniers mois (Mali, Guin\u00e9e et Burkina Faso).<br><br>Et c\u2019est le d\u00e9bat sur une \u00e9ventuelle troisi\u00e8me candidature du pr\u00e9sident Macky Sall qui cristallise et alimente les tensions politiques actuelles.<br><br>Une situation qui renvoie \u00e0 l\u2019ann\u00e9e 2012, quand Macky Sall, devenu opposant apr\u00e8s avoir quitt\u00e9 le Parti d\u00e9mocratique s\u00e9n\u00e9galais(PDS) de son mentor et pr\u00e9d\u00e9cesseur Abdoulaye Wade, combattait la troisi\u00e8me candidature de ce dernier \u00e0 la pr\u00e9sidentielle.<br><br>\u00c0 l\u2019\u00e9poque, aux c\u00f4t\u00e9s de grandes figures de l\u2019opposition s\u00e9n\u00e9galaise d\u2019alors telles que Moustapha Niasse de l\u2019Alliance des forces de progr\u00e8s, Abdoulaye Bathily de la Ligue d\u00e9mocratique ou encore feu Ousmane Tanor Dieng, ancien secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Parti socialiste s\u00e9n\u00e9galais, Macky Sall participait\u00a0aux manifestations contre cette troisi\u00e8me candidature de l\u2019ex-pr\u00e9sident Abdoulaye Wade.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Finalement, le Conseil constitutionnel avait tranch\u00e9 et autoris\u00e9 le pr\u00e9sident Abdoulaye Wade \u00e0 se pr\u00e9senter \u00e0 sa succession. C\u2019est ainsi que Macky Sall a vaincu dans les urnes son ancien mentor. Onze ans plus tard, le S\u00e9n\u00e9gal est \u00e0 nouveau confront\u00e9 \u00e0 de graves tensions politiques li\u00e9es \u00e0 la perspective d\u2019un troisi\u00e8me mandat de son pr\u00e9sident sortant.&nbsp;<em>\u00ab Comment les acteurs qui avaient combattu ce 3e mandat du pr\u00e9sident Wade, peuvent aujourd\u2019hui sortir cette m\u00eame carte ?<\/em>&nbsp;s\u2019interroge le politologue Babacar Ndiaye, directeur de recherche et des publications de Wathi, un groupe de r\u00e9flexion bas\u00e9 \u00e0 Dakar.<br><br><em>\u00ab\u00a0Mais on a suivi les d\u00e9clarations du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique chez vos coll\u00e8gues de L\u2019Express. Il semble dire que la question n\u2019est plus celle de la l\u00e9galit\u00e9, et qu\u2019il aurait le droit de se pr\u00e9senter pour un troisi\u00e8me&nbsp; mandat. La question justement c\u2019est pourquoi revenir sur ce probl\u00e8me du troisi\u00e8me mandat, alors qu\u2019on pensait que c\u2019\u00e9tait r\u00e9gl\u00e9. Et donc \u00e9videmment \u00e7a constitue une lame de fond, et dans le discours de l\u2019opposition, la question du troisi\u00e8me mandat cristallise. Ils parlent de mettre en place une plateforme o\u00f9 ils vont tous se retrouver pour lutter contre cette troisi\u00e8me candidature\u00a0\u00bb,&nbsp;<\/em>pr\u00e9cise le chercheur.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Ousmane Sonko, l\u2019homme \u00e0 abattre ?<\/h2>\n\n\n\n<p>Les tensions politiques actuelles au S\u00e9n\u00e9gal sont \u00e9galement nourries par les nombreuses proc\u00e9dures judiciaires qui touchent notamment les journalistes et les hommes politiques. Dans un communiqu\u00e9 publi\u00e9 ce mardi 21 mars 2023, Samira Daoud, directrice r\u00e9gionale pour l\u2019Afrique de l\u2019Ouest et l\u2019Afrique centrale \u00e0 Amnesty International ne cache pas son inqui\u00e9tude.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Les autorit\u00e9s s\u00e9n\u00e9galaises intensifient actuellement la r\u00e9pression des libert\u00e9s fondamentales&nbsp; par la limitation de l\u2019espace civique, l\u2019interdiction de manifestations et l\u2019arrestation d\u2019un journaliste et de plusieurs personnalit\u00e9s de l\u2019opposition.<\/em><br><strong>Samira Daoud, directrice r\u00e9gionale pour l\u2019Afrique de l\u2019Ouest et l\u2019Afrique centrale \u00e0 Amnesty International<\/strong><em><strong>.<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00a0\u00bb En amont de l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle de 2024, les autorit\u00e9s s\u00e9n\u00e9galaises sont en train d\u2019affaiblir la protection des droits humains dans le pays en r\u00e9primant la libert\u00e9 de la presse et la libert\u00e9 d\u2019expression et de r\u00e9union pacifique, en interdisant des manifestations organis\u00e9es par des partis d\u2019opposition et en ne respectant pas les droits \u00e0 la justice, \u00e0 la transparence et \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 des victimes de l\u2019usage d\u2019une force meurtri\u00e8re\u00a0\u00bb,&nbsp;<\/em>estime Samira Daoud.<br><br>Selon Amnesty International, les autorit\u00e9s s\u00e9n\u00e9galaises intensifient actuellement la r\u00e9pression des libert\u00e9s fondamentales<em>&nbsp;\u00a0\u00bb par la limitation de l\u2019espace civique, l\u2019interdiction de manifestations et l\u2019arrestation d\u2019un journaliste et de plusieurs personnalit\u00e9s de l\u2019opposition\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>(Re)voir : \u00ab\u00a0S\u00e9n\u00e9gal : nouveau renvoi du proc\u00e8s Sonko\u00a0\u00bb<\/strong><video preload=\"auto\" src=\"https:\/\/information.tv5monde.com\/sites\/info.tv5monde.com\/files\/jwplayerfield\/Senegal_nouveau_renvoi_du_proces_Sonko.mp4\">Lire la vid\u00e9o<\/video><\/p>\n\n\n\n<p>Et s\u2019agissant des proc\u00e9dures judiciaires contre les personnalit\u00e9s politiques, les plus embl\u00e9matiques concernent Ousmane Sonko, principale figure de l\u2019opposition s\u00e9n\u00e9galaise actuelle, leader du Pastef (Patriotes africains du S\u00e9n\u00e9gal pour le travail, l\u2019\u00e9thique et la fraternit\u00e9) et maire de Ziguinchor dans le sud du pays. Poursuivi par le ministre s\u00e9n\u00e9galais du Tourisme pour&nbsp;<em>\u00ab diffamation, injures et faux \u00bb<\/em>, Ousmane Sonko fait aussi face depuis mars 2021 \u00e0 des accusations de \u00ab viols et menaces de mort \u00bb par une employ\u00e9e d\u2019un salon de massage d\u2019une vingtaine d\u2019ann\u00e9es. Cette affaire avait \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019origine des \u00e9meutes de mars 2021, au cours desquelles quatorze personnes avaient perdu la vie.<br><br>\u00c0 l\u2019\u00e9poque, les manifestations des partisans d\u2019Ousmane Sonko qui d\u00e9noncent un complot orchestr\u00e9 par le pouvoir, tournent \u00e0 l\u2019\u00e9meute jusqu\u2019\u00e0 sa lib\u00e9ration sous contr\u00f4le judiciaire. Une condamnation d\u2019Ousmane Sonko dans l\u2019une ou l\u2019autre de ces affaires, pourrait en effet conduire \u00e0 son in\u00e9ligibilit\u00e9 pour l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle de 2024.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 ces proc\u00e8s, Ousmane Sonko crie au complot destin\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9carter de la prochaine pr\u00e9sidentielle, et \u00e0 l\u2019instrumentalisation de la justice par le pouvoir du pr\u00e9sident Macky Sall, ce que ce dernier r\u00e9fute. Ag\u00e9 de 48 ans, Ousmane Sonko a un parcours universitaire brillant, qui l\u2019a notamment conduit sur les bancs de l\u2019Ecole nationale d\u2019administration du S\u00e9n\u00e9gal. C\u2019est en 2017 qu\u2019il rentre en politique \u00e0 la t\u00eate du Pastef, et comme d\u00e9put\u00e9 \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale jusqu\u2019en 2022.<br><br>Lors de la pr\u00e9sidentielle de 2019, il arrive en troisi\u00e8me position avec 15% des suffrages, gr\u00e2ce notamment \u00e0 son positionnement antisyst\u00e8me et \u00e0 l\u2019adh\u00e9sion d\u2019une bonne partie de la jeunesse urbaine, dans un pays o\u00f9 plus de la moiti\u00e9 de la population a moins de 20 ans. En marge de son proc\u00e8s pour diffamation qui s\u2019est tenu le 16 mars dernier, des affrontements ont \u00e9clat\u00e9 dans plusieurs quartiers de Dakar. Un mois apr\u00e8s un premier report, act\u00e9 le 16 f\u00e9vrier dernier, le proc\u00e8s a une fois de plus \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9 au 30 mars prochain.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><em>Ousmane Sonko appelle \u00e0 l\u2019insurrection, parce qu\u2019il ne veut pas faire face aux cons\u00e9quences de ses actes.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>S\u00e9dou Gueye, un des leaders de l\u2019Alliance pour la R\u00e9publique (APR), le parti du pr\u00e9sident Macky Sall,<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Mais depuis, la tension ne baisse pas et des incidents ont \u00e9clat\u00e9 ces derniers jours dans plusieurs villes du pays, selon nos confr\u00e8res de l\u2019AFP. Ce mardi 21 mars 2023, en Casamance, un jeune homme a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 dans des heurts entre partisans du leader du Pastef et forces de l\u2019ordre. Dans un communiqu\u00e9 publi\u00e9 le lendemain par la pr\u00e9sidence s\u00e9n\u00e9galaise, le chef de l\u2019\u00c9tat Macky Sall&nbsp;<em>\u00ab a demand\u00e9 au gouvernement de prendre toutes les mesures idoines pour assurer la s\u00e9curisation absolue des biens et des personnes. \u00bb<\/em><br><br>De leur c\u00f4t\u00e9, les partisans du pr\u00e9sident s\u00e9n\u00e9galais condamnent et d\u00e9noncent ces manifestations \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition.&nbsp;<em>\u00ab Ces manifestations-l\u00e0,&nbsp;<\/em>souligne Seydou Gueye, l\u2019un des leaders de l\u2019Alliance pour la R\u00e9publique (APR), le parti du pr\u00e9sident Macky Sall,<em>&nbsp;c\u2019est de la violence gratuite, avec une volont\u00e9 de d\u00e9stabiliser le pays puisque ces manifestations sont les cons\u00e9quences des diff\u00e9rents appels \u00e0 l\u2019insurrection lanc\u00e9s par Ousmane Sonko. Ousmane Sonko appelle \u00e0 l\u2019insurrection, parce qu\u2019il ne veut pas faire face aux cons\u00e9quences de ses actes. \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les m\u00e9dias pris entre deux feux<\/h2>\n\n\n\n<p>Selon l\u2019antenne s\u00e9n\u00e9galaise d\u2019Amnesty International, les voix dissidentes \u00e9manant de la classe politique et des m\u00e9dias sont r\u00e9prim\u00e9es depuis plusieurs mois. Le 9 mars dernier, l\u2019ancien premier ministre Cheikh Hadjibou Soumar\u00e9 (de 2007 \u00e0 2009), a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 et plac\u00e9 en garde \u00e0 vue, suite \u00e0 une lettre publique adress\u00e9e au pr\u00e9sident Macky Sall, dans laquelle il l\u2019interrogeait sur un \u00e9ventuel don de 12 millions d\u2019euros \u00ab<em>&nbsp;\u00e0 une personnalit\u00e9 politique fran\u00e7aise \u00bb.&nbsp;<\/em>Ces all\u00e9gations concernent la femme politique fran\u00e7aise Marine Le Pen, responsable du Rassemblement National qui s\u2019\u00e9tait rendue au S\u00e9n\u00e9gal en janvier de cette ann\u00e9e. Deux jours avant son arrestation, le gouvernement avait d\u00e9menti ces all\u00e9gations en les qualifiant de&nbsp;<em>\u00ab l\u00e2ches et infond\u00e9es \u00bb.&nbsp;<\/em>Hadjibou Soumar\u00e9 a \u00e9t\u00e9 remis en libert\u00e9 le 13 mars et plac\u00e9 sous contr\u00f4le judiciaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Une dizaine de jours auparavant, le 3 mars, c\u2019est Pape Ndiaye, chroniqueur \u00e0 Wal Fadjri, une t\u00e9l\u00e9vision priv\u00e9e s\u00e9n\u00e9galaise, qui a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 et interrog\u00e9 par la police, apr\u00e8s une \u00e9mission au cours de laquelle il mettait en cause l\u2019ind\u00e9pendance de la justice dans le renvoi le 18 janvier dernier devant une chambre criminelle de l\u2019opposant Ousmane Sonko. Le journaliste avait notamment affirm\u00e9 que la majorit\u00e9 des juges du parquet g\u00e9n\u00e9ral s\u2019\u00e9tait prononc\u00e9e en faveur d\u2019un non-lieu d&rsquo;Ousmane Sonko, contre l\u2019avis, selon lui, du procureur g\u00e9n\u00e9ral qui leur a dit accomplir dans ce dossier la volont\u00e9 du gouvernement pour un proc\u00e8s de l\u2019opposant. Inculp\u00e9 pour\u00a0<em>\u00ab outrage \u00e0 magistrat \u00bb<\/em>\u00a0et\u00a0<em>\u00ab diffusion de fausses nouvelles \u00bb<\/em>, Pape Ndiaye a \u00e9t\u00e9 \u00e9crou\u00e9 le mardi 7 mars. Amnesty International consid\u00e8re que sa d\u00e9tention est arbitraire et constitue une violation du droit \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019expression.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>(Re)voir : \u00ab\u00a0S\u00e9n\u00e9gal : inqui\u00e9tude autour du journaliste Pape Al\u00e9 Niang\u00a0\u00bb<\/strong><video preload=\"auto\" src=\"https:\/\/information.tv5monde.com\/sites\/info.tv5monde.com\/files\/jwplayerfield\/Senegal_inquietude_autour_du_journaliste_Pape_Ale_Niang.mp4\"><\/video>Lire la vid\u00e9o<\/p>\n\n\n\n<p>Quelques mois auparavant, le 9 novembre 2022, c\u2019est le journaliste Pape Al\u00e9 Niang qui est arr\u00eat\u00e9 et inculp\u00e9 pour \u00ab divulgation d\u2019informations de nature \u00e0 nuire \u00e0 la d\u00e9fense nationale \u00bb, \u00ab recel de documents administratifs et militaires \u00bb, et \u00ab diffusion de fausses nouvelles de nature \u00e0 jeter le discr\u00e9dit sur les institutions publiques \u00bb. Connu pour ses critiques envers le r\u00e9gime du pr\u00e9sident Macky Sall, le directeur du site d\u2019information priv\u00e9&nbsp;<em>Dakar Matin<\/em>&nbsp;\u00e9tait notamment accus\u00e9 d\u2019avoir diffus\u00e9 sur Facebook, une vid\u00e9o dans laquelle il montrait un rapport interne de la Gendarmerie nationale qui faisait \u00e9tat d\u2019irr\u00e9gularit\u00e9s dans la proc\u00e9dure judiciaire pour viol contre l\u2019opposant Ousmane Sonko.<br><br>Apr\u00e8s plusieurs semaines d\u2019incarc\u00e9ration (et m\u00eame une remise en libert\u00e9 suivie d\u2019une r\u00e9incarc\u00e9ration pour non-respect du contr\u00f4le judiciaire) et une gr\u00e8ve de la faim, Pape Al\u00e9 Niang a \u00e9t\u00e9 finalement lib\u00e9r\u00e9 en janvier dernier. Ces incarc\u00e9rations de journalistes pr\u00e9occupent cependant tr\u00e8s fortement les acteurs locaux du secteur des m\u00e9dias.&nbsp;<em>\u00ab La libert\u00e9 de la presse est menac\u00e9e au S\u00e9n\u00e9gal,&nbsp;<\/em>nous confie ainsi sans h\u00e9siter Ibrahima Lissa Faye, directeur du site d\u2019information Pressafrik.com et pr\u00e9sident de l\u2019Association des professionnels de la presse en ligne,<em>&nbsp;parce qu\u2019en l\u2019espace de deux mois, il y a eu deux incarc\u00e9rations. Des incarc\u00e9rations qui ne se justifiaient pas. \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Quand vous voyez deux journalistes incarc\u00e9r\u00e9s en l\u2019espace de trois mois, \u00e7a inqui\u00e8te.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mamadou Thior, pr\u00e9sident du&nbsp;Conseil pour l\u2019observation des r\u00e8gles d\u2019\u00e9thique et de d\u00e9ontologie dans les m\u00e9dias<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>M\u00eame son de cloche du c\u00f4t\u00e9 du CORED, le Conseil pour l\u2019observation des r\u00e8gles d\u2019\u00e9thique et de d\u00e9ontologie dans les m\u00e9dias, organe d\u2019autor\u00e9gulation reconnu par la loi depuis 2017, et initi\u00e9 par le Syndicat des professionnels de l\u2019information et de la communication du S\u00e9n\u00e9gal.&nbsp;<em>\u00ab On est quand m\u00eame inquiet,&nbsp;<\/em>t\u00e9moigne Mamadou Thior, le pr\u00e9sident du CORED.<em>&nbsp;Quand vous voyez deux journalistes incarc\u00e9r\u00e9s en l\u2019espace de trois mois, \u00e7a inqui\u00e8te. Parce que la derni\u00e8re fois qu\u2019un journaliste avait \u00e9t\u00e9 incarc\u00e9r\u00e9 au S\u00e9n\u00e9gal, c\u2019\u00e9tait en 2004. Donc, pendant pr\u00e8s de 20 ans, on n\u2019a pas connu un tel traitement de la presse. \u00bb<\/em><br><br>Et le plus alarmant pour les hommes et les femmes de m\u00e9dias, c\u2019est le fait d\u2019\u00eatre de plus en plus pris en \u00e9tau entre le pouvoir et l\u2019opposition. Et \u00e0 cet \u00e9gard, les \u00e9meutes de mars 2021 qui avaient \u00e9galement \u00e9t\u00e9 accompagn\u00e9es de graves violences contres les m\u00e9dias sont un exemple \u00e9loquent. A Dakar, des manifestants avaient par exemple attaqu\u00e9 les si\u00e8ges du quotidien&nbsp;<em>Le Soleil<\/em>, mais aussi du Groupe futurs m\u00e9dias (GFM) appartenant au chanteur s\u00e9n\u00e9galais Youssou N\u2019Dour, tous deux consid\u00e9r\u00e9s comme proches du gouvernement.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Une bipolarisation de la presse ?<\/h2>\n\n\n\n<p><em>\u00ab Il y a une sorte de bipolarisation de la presse,&nbsp;<\/em>souligne Ibrahima Lissa Faye, directeur du site d\u2019information Pressafrik.com et pr\u00e9sident de l\u2019Association des professionnels de la presse en ligne,&nbsp;<em>comme il y en a une de la sc\u00e8ne politique actuelle au S\u00e9n\u00e9gal. L\u2019opposition menace les journalistes qu\u2019elle soup\u00e7onne d\u2019\u00eatre contre elle ; l\u00e0 par exemple, j\u2019ai enregistr\u00e9 une dizaine de plaintes entre le 16 et le 21 mars [de cette ann\u00e9e, NDLR]. Des journalistes qui re\u00e7oivent des menaces, ainsi que des entreprises de presse. \u00bb<\/em><br><br>S\u2019il reconna\u00eet que la presse est aujourd\u2019hui prise entre deux feux, Mamadou Thior, le pr\u00e9sident du CORED, pointe cependant du doigt ses responsabilit\u00e9s.<br><br><em>\u00ab Aujourd\u2019hui,&nbsp;<\/em>pr\u00e9cise Mamadou Thior,<em>&nbsp;le danger qui plane sur la presse c\u2019est qu\u2019elle est catalogu\u00e9e. Mais c\u2019est aussi la presse qui pr\u00eate le flanc \u00e0 cela. Parce que dans leur traitement de l\u2019information au quotidien, selon que vous \u00eates sensible au pouvoir ou \u00e0 l\u2019opposition, on sent tout suite que tel journaliste est de tel c\u00f4t\u00e9 et tel autre de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9. Et nous condamnons cela, parce que nous devons \u00eatre \u00e0 \u00e9quidistance de toutes ces chapelles, comme \u00e7a toujours \u00e9t\u00e9 le cas. Aujourd\u2019hui il ne faut pas avoir peur des mots, il y a des journalistes pro-Sonko et d\u2019autres qui sont pro Macky Sall. Ce qui ne doit pas exister dans un pays normal, parce que le journaliste il est l\u00e0 pour tout le monde, il est le porte-voix de tous ceux qui ont des choses \u00e0 dire. Il ne doit pas \u00eatre partisan. \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Christian Eboul\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p>Mise \u00e0 jour 27.03.2023 \u00e0 16:30<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 moins d\u2019un an de la prochaine \u00e9lection pr\u00e9sidentielle, pr\u00e9vue en f\u00e9vrier 2024, les tensions politiques sont de plus en<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1931,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[],"class_list":["post-9517","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-politics"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9517","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=9517"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9517\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9518,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9517\/revisions\/9518"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/1931"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=9517"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=9517"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=9517"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}