{"id":80243,"date":"2026-10-26T12:46:25","date_gmt":"2026-10-26T12:46:25","guid":{"rendered":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=80243"},"modified":"2026-10-26T12:46:27","modified_gmt":"2026-10-26T12:46:27","slug":"soudan-un-an-apres-la-chute-del-fasher-une-ville-fantome-a-la-population-brisee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=80243","title":{"rendered":"Soudan: un an apr\u00e8s la chute d\u2019El-Fasher, une \u00abville fant\u00f4me\u00bb \u00e0 la population bris\u00e9e"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le 26 octobre 2025, apr\u00e8s plusieurs mois de si\u00e8ge, les Forces de soutien rapide (FSR) s\u2019emparaient d\u2019El-Fasher, dans l\u2019ouest d\u2019un Soudan en proie \u00e0 une violente guerre depuis avril 2023 entre les FSR et l\u2019arm\u00e9e. Le 19 f\u00e9vrier 2026, une mission internationale ind\u00e9pendante d\u2019\u00e9tablissement des faits mandat\u00e9e par l\u2019ONU concluait \u00e0 des \u00ab <em>signes distinctifs d\u2019un g\u00e9nocide<\/em> \u00bb sur place. Si, 12 mois plus tard, il est encore impossible de dresser un bilan humain, acteurs humanitaires, observateurs et rescap\u00e9s s\u2019accordent \u00e0 d\u00e9crire la capitale de l\u2019\u00c9tat du Darfour-Nord comme une \u00ab&nbsp;<em>ville fant\u00f4me<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Par : Alexandra Brangeon<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le 26 octobre 2025, apr\u00e8s 500 jours de si\u00e8ge, El-Fasher, capitale du Darfour-Nord, tombait <strong><\/strong>aux mains des Forces de soutien rapide (FSR) du g\u00e9n\u00e9ral Hemedti,&nbsp;un groupe arm\u00e9 en guerre contre l\u2019arm\u00e9e soudanaise depuis avril 2023. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, ces paramilitaires promettaient de \u00ab <em>vider El-Fasher<\/em> <em>des Falangiyat\u202f<\/em>\u00bb, terme p\u00e9joratif faisant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des \u00ab&nbsp;<em>serviteurs<\/em>&nbsp;\u00bb, et appelaient explicitement \u00e0 l\u2019\u00e9limination des communaut\u00e9s non arabes, en particulier les Zaghawa et les Fur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Selon l\u2019Organisation internationale des migrations (OIM), pr\u00e8s de 100&nbsp;000 personnes ont r\u00e9ussi \u00e0 s\u2019enfuir durant l\u2019offensive. \u00c0 cela s\u2019ajoutent des milliers de civils disparus, morts alors qu\u2019ils tentaient de fuir, ou emprisonn\u00e9s par les FSR. Aujourd&rsquo;hui, que reste-t-il d\u2019El-Fasher dont la population \u00e9tait estim\u00e9e \u00e0 300 000 habitants avant l\u2019attaque ?<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L\u2019impossible bilan humain<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans les mois qui ont suivi la prise d\u2019El-Fasher, la ville a \u00e9t\u00e9 totalement coup\u00e9e du monde, les FSR en interdisant l\u2019acc\u00e8s et bloquant toute information. Chercheurs et observateurs des droits humains ont accus\u00e9 les paramilitaires d\u2019avoir \u00ab<em>\u202fnettoy<\/em><em>\u00e9<\/em> \u00bb la ville.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pr\u00e8s de 6 000 personnes ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9es lors de l\u2019attaque, estime le bureau des droits de l\u2019homme de l\u2019ONU&nbsp;; elles sont mortes dans les bombardements ou volontairement abattues. Mais pour des chercheurs de l\u2019universit\u00e9 de Yale \u2013 qui s\u2019appuient sur l\u2019analyse d\u2019images satellites \u2013 le bilan serait beaucoup plus \u00e9lev\u00e9, avec plusieurs dizaines de milliers de personnes tu\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En janvier dernier, une premi\u00e8re mission d\u2019\u00e9valuation humanitaire, compos\u00e9e de plusieurs ONG, a enfin pu acc\u00e9der \u00e0 la ville. Une visite encadr\u00e9e par les nouvelles autorit\u00e9s li\u00e9es aux paramilitaires. Cette mission rapporte une \u00ab\u202f<em>ville totalement d\u00e9truite, vide, une ville fant\u00f4me\u202f<\/em>\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\u00ab&nbsp;<em>Seule une fraction de la population est revenue, les gens ont trop peur<\/em>\u00bb<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab\u202f<em>Aujourd\u2019hui le niveau de destruction est encore tr\u00e8s important<\/em>\u202f\u00bb, t\u00e9moigne Renaud Douci, coordinateur terrain pour Solidarit\u00e9s international, ONG qui a fait partie de cette premi\u00e8re mission d\u2019\u00e9valuation et qui est revenue travailler \u00e0 El-Fasher.&nbsp;\u00ab\u202f<em>On estime la population \u00e0 40<\/em>&nbsp;<em>000 \u00e0 60&nbsp;000 personnes. Des gens qui sont revenus s\u2019installer ou qui reviennent de fa\u00e7on pendulaire,<\/em> explique-t-il. <em>Ils viennent pour chercher de l\u2019aide<\/em><em>, voir leur quartier, leur maison. Ils ont entendu qu\u2019une ONG \u00e9tait l\u00e0, que le bureau d\u2019aide humanitaire du gouvernement li\u00e9 aux paramilitaires organise des distributions de nourriture\u202f<\/em>\u00bb. Mais d\u2019ajouter&nbsp;:\u202f\u00ab <em>Sauf que, pour l\u2019instant, \u00e0 cause du traumatisme et de la violence de ces 500 jours, les gens ne se sentent pas du tout de revenir.\u202f<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les habitants qui reviennent d\u00e9chantent vite&nbsp;: leur maison a \u00e9t\u00e9 pill\u00e9e ou d\u00e9truite et la s\u00e9curit\u00e9 n\u2019est pas assur\u00e9e. Et il y a beaucoup trop de militaires dans la ville, souligne Renaud Douci&nbsp;: \u00ab<em>\u202fEt<\/em> <em>quand le march\u00e9 o\u00f9 vous aviez l\u2019habitude d\u2019aller pour vous nourrir n\u2019est plus qu\u2019une portion congrue avec quelques stands et des aliments hors de prix, ce ne sont pas des conditions dans lesquelles on peut revenir avec sa famille.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un constat partag\u00e9 par diff\u00e9rentes ONG. \u00ab\u202f<em>Seule une fraction de la population est revenue, les gens ont trop peur\u202f<\/em>\u00bb<em>, abonde<\/em> Laura Mills, chercheuse \u00e0 Amnesty International. \u00ab<em>\u202fLes humanitaires nous disent qu\u2019il y a des \u00eelots de maisons encore debout. Et entre chaque \u00eelot, il y a des rues d\u00e9sertes. La ville est encore abandonn\u00e9e\u00a0\u00bb<\/em>, ajoutant\u00a0: \u00ab <em>C\u2019est compr\u00e9hensible, les habitants d\u2019El-Fasher ont \u00e9t\u00e9 traumatis\u00e9s parce qu\u2019ils ont v\u00e9cu. Pourquoi reviendraient-ils alors que les paramilitaires sont encore l\u00e0 et n\u2019ont jamais eu \u00e0 r\u00e9pondre de leurs actes\u202f? Pourquoi revenir alors que vous risquez \u00e0 tout moment d\u2019\u00eatre arr\u00eat\u00e9s et\u00a0tortur\u00e9s\u00a0?\u00a0<\/em>\u00bb\u00ab\u00a0<em>Ils font venir des gens de l\u2019ext\u00e9rieur et leur donnent nos maisons<\/em> \u00bb\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), pr\u00e8s de 60&nbsp;000 personnes sont par ailleurs inscrites \u00e0 El-Fasher afin de recevoir une aide alimentaire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab<em>\u202fI<\/em><em>l ne s\u2019agit pas d\u2019habitants d\u2019El-Fasher, mais de gens qu\u2019on a fait venir pour repeupler la ville\u202f<\/em>\u00bb, s\u2019insurge Salwa, qui souhaite garder l\u2019anonymat. Elle est n\u00e9e \u00e0 El-Fasher et a fui quelques jours avant que la ville ne tombe.&nbsp;\u00ab\u202f<em>Ma propre maison a \u00e9t\u00e9 d\u00e9truite<\/em>, affirme-t-elle. <em>Ils ont tout cass\u00e9 et jet\u00e9 toutes nos affaires dans la rue. La maison de mon p\u00e8re est encore intacte, mais ils y ont install\u00e9 des gens qu\u2019on ne connait pas. Ils font venir des gens de l\u2019ext\u00e9rieur et leur donnent nos maisons. Ils leur donnent m\u00eame des documents, pour montrer qu\u2019ils sont les propri\u00e9taires. Ces gens ne partiront jamais. En plus, ils les filment pour faire de la propagande et pr\u00e9tendent que les habitants d\u2019El-Fasher sont rentr\u00e9s.<\/em>\u202f\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tout comme de nombreux habitants qui ont fui El-Fasher, Salwa est persuad\u00e9e que les nouvelles autorit\u00e9s li\u00e9es aux paramilitaires cherchent \u00e0 repeupler la ville, afin de remplacer ces habitants d\u2019origine \u2013 principalement des Zaghawa et des Fur \u2013 par des membres de tribus arabes nomades, dont sont issus ces combattants paramilitaires.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le gouvernement mis en place par les FSR (Tasis), install\u00e9 \u00e0 Nyala au Darfour du Sud, a en tout cas appel\u00e9 la population \u00e0 rentrer \u00e0 El-Fasher et mis en place un programme de rapatriement.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Des habitants d\u00e9tenus \u00e0 la \u00ab&nbsp;cit\u00e9 de l\u2019horreur&nbsp;\u00bb \u00e0 Nyala<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lors de la prise d\u2019El-Fasher, des centaines de milliers de personnes ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 faites prisonni\u00e8res par les paramilitaires&nbsp;: des militaires et leur famille, mais \u00e9galement des civils, professeurs, m\u00e9decins, journalistes, acteurs de la soci\u00e9t\u00e9 civile, soup\u00e7onn\u00e9s de soutenir l\u2019arm\u00e9e soudanaise.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est le cas d&rsquo;Ibrahim \u2013 un nom d\u2019emprunt \u2013, journaliste \u00e0 la radio-t\u00e9l\u00e9vision d\u2019El-Fasher. Il a \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9 par les paramilitaires, quelques semaines avant la chute de la ville, explique sa femme, qui a souhait\u00e9 garder l\u2019anonymat.&nbsp;\u00ab\u202f<em>Un matin, il est parti chercher de la nourriture, car \u00e0 cette \u00e9poque, il n\u2019y avait plus rien \u00e0 manger. Il est parti le matin et n\u2019est pas revenu ni le soir, ni le lendemain<\/em>&nbsp;\u00bb, affirme-t-elle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sa femme le croyait bless\u00e9 ou mort, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elle apprenne qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 captur\u00e9 par les FSR et envoy\u00e9 \u00e0 Dagris, un important centre de d\u00e9tention \u00e0 Nyala, surnomm\u00e9 la cit\u00e9 de l\u2019horreur. \u00ab\u202f<em>Les conditions de d\u00e9tention \u00e9taient terribles<\/em>, explique-t-elle. <em>Les d\u00e9tenus \u00e9taient entass\u00e9s dans de petites cellules. Parfois, les d\u00e9tenus pouvaient passer des semaines enti\u00e8res sans voir le soleil. De temps en temps, ils les faisaient sortir dehors, pour qu\u2019ils puissent mettre leurs affaires au soleil, faire s\u00e9cher leurs v\u00eatements et se d\u00e9barrasser des insectes, des puces. Et puis, leur toilette se trouvait \u00e0 m\u00eame les cellules. La situation sanitaire y est r\u00e9pugnante<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Malade, tr\u00e8s amaigri, ayant perdu la vue d\u2019un \u0153il, Ibrahim a finalement \u00e9t\u00e9 rel\u00e2ch\u00e9 9 mois plus tard, contre le paiement de 2&nbsp;000&nbsp;dollars. De nombreux t\u00e9moignages font \u00e9tat de demandes de ran\u00e7ons.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Diff\u00e9rentes organisations des droits humains estiment \u00e0 environ 18&nbsp;000 le nombre de d\u00e9tenus dans la prison de Dagris.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\u00ab&nbsp;<em>J\u2019ai refus\u00e9 d\u2019arr\u00eater d\u2019\u00e9crire sur les FSR, alors ils ont pris ma famille<\/em>\u202f\u00bb<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Zamzam est une journaliste originaire de la r\u00e9gion d\u2019El-Fasher, qui vit aujourd\u2019hui en exil. Pour l\u2019intimider et qu\u2019elle arr\u00eate d\u2019\u00e9crire sur les horreurs de la guerre, les FSR ont arr\u00eat\u00e9 et envoy\u00e9 une partie de sa famille \u00e0 la prison de Dagris. \u00ab\u202f<em>Les FSR m\u2019ont contact\u00e9e pour me dire d\u2019arr\u00eater d\u2019\u00e9crire, ils m\u2019ont m\u00eame propos\u00e9 de l\u2019argent. Mais j\u2019ai refus\u00e9, alors ils ont pris ma famille<\/em>\u202f\u00bb, raconte-t-elle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Parmi eux, son cousin, m\u00e9decin \u00e0 l\u2019h\u00f4pital d\u2019El-Fasher, qui n\u2019a pas fui l\u2019offensive et a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 et transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 Nyala. Zamzam n\u2019a aucune nouvelle, elle sait juste qu\u2019il \u00ab<em>\u202f<\/em><em>travaille\u202f<\/em>\u00bb dans la construction. <em>\u00ab\u202fIls utilisent les prisonniers comme main-d&rsquo;\u0153uvre dans la construction, pour laver le linge, faire le m\u00e9nage dans les familles des combattants FSR&nbsp;<\/em>\u00bb, assure-t-elle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Surpopulation, manque de soins, de nourriture, d\u2019eau&nbsp;: les conditions d&rsquo;incarc\u00e9ration \u00e0 Dagris sont inhumaines, raconte le docteur Mohamed Faisal, membre du R\u00e9seau des m\u00e9decins soudanais. \u00ab<em>\u202fLes d\u00e9tenus n\u2019ont aucun droit, aucun contact avec leur famille. Les cellules sont surpeupl\u00e9es. Il y a beaucoup de maladies, comme le chol\u00e9ra, la dengue, et nous voyons une forte hausse de la mortalit\u00e9. Il y a quelques mois, il y avait quatre d\u00e9c\u00e8s chaque semaine. Et quand les prisonniers meurent, leurs familles ne sont m\u00eame pas pr\u00e9venues.<\/em>\u202f\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Soixante-dix m\u00e9decins de ce r\u00e9seau sont actuellement d\u00e9tenus par les FSR dans la prison de Dagris, ainsi qu\u2019une dizaine de journalistes, dont Muammar Ibrahim, correspondant de la cha\u00eene Al-Jazeera, qui a continu\u00e9 \u00e0 travailler tout au long du si\u00e8ge d\u2019El-Fasher.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Aujourd\u2019hui, la r\u00e9gion du Darfour est quasiment enti\u00e8rement sous le contr\u00f4le des paramilitaires. Les combats se sont d\u00e9plac\u00e9s vers la r\u00e9gion du Kordofan, de m\u00eame que l\u2019attention de la communaut\u00e9 internationale.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 26 octobre 2025, apr\u00e8s plusieurs mois de si\u00e8ge, les Forces de soutien rapide (FSR) s\u2019emparaient d\u2019El-Fasher, dans l\u2019ouest d\u2019un<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":80244,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[51],"tags":[],"class_list":["post-80243","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-general"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/80243","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=80243"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/80243\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":80245,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/80243\/revisions\/80245"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/80244"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=80243"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=80243"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=80243"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}