{"id":79191,"date":"2026-09-30T12:24:38","date_gmt":"2026-09-30T12:24:38","guid":{"rendered":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=79191"},"modified":"2026-09-30T12:24:39","modified_gmt":"2026-09-30T12:24:39","slug":"foundiougne-le-souffle-sacre-du-paciin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=79191","title":{"rendered":"Foundiougne: le souffle sacr\u00e9 du Paciin"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>\u00c0 Foundiougne, au c\u0153ur du pays S\u00e9r\u00e8re, le rituel ancestral du Paciin continue d\u2019exercer sa magie. Entre g\u00e9om\u00e9trie sacr\u00e9e, m\u00e9moire maraboutique et pri\u00e8res de gu\u00e9rison, le salitigu\u00e9 Mamadou Thiar\u00e9 veille sur un sanctuaire \u00e0 ciel ouvert o\u00f9 la foi des fid\u00e8les reste in\u00e9branlable, d\u00e9fiant le temps et la modernit\u00e9.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce vendredi 25 septembre, le ciel de Foundiougne a enfin ferm\u00e9 ses vannes. Apr\u00e8s les averses ininterrompues de la veille, un soleil g\u00e9n\u00e9reux reconquiert le firmament, inondant la petite cit\u00e9 fluviale d\u2019une luminosit\u00e9 presque irr\u00e9elle. Pour les lavandi\u00e8res du quartier, c\u2019est une b\u00e9n\u00e9diction : sur les fils tendus entre deux troncs ou piquets d\u2019une concession \u00e0 l\u2019autre, le linge d\u00e9tremp\u00e9 claque au vent, lib\u00e9rant une fra\u00eeche odeur de savon.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais le sol gorg\u00e9 d\u2019eau, combin\u00e9 \u00e0 l\u2019humidit\u00e9 permanente de l\u2019estuaire et du bras de mer tout proche, engendre une atmosph\u00e8re moite. C\u2019est dans cette moiteur matinale que nous avons rendez-vous avec la m\u00e9moire vivante des lieux : Mamadou Thiar\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour le rencontrer, il faut gagner le village de Mbam, nich\u00e9 au c\u0153ur du pays Log distant de deux kilom\u00e8tres. Sa grande concession s\u2019ouvre en toute simplicit\u00e9. Ici, point d\u2019apparat ostentatoire ni de faste, mais une fiert\u00e9 palpable. Une maison qu\u2019il a enti\u00e8rement b\u00e2tie de ses mains : deux b\u00e2timents en dur, propres, abritant chacun deux pi\u00e8ces sobrement, mais int\u00e9gralement carrel\u00e9es. L\u2019endroit respire une joie de vivre familiale, ancr\u00e9e entre modernit\u00e9 et traditions ancestrales.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Assise \u00e0 l\u2019ombre d\u2019un manguier, l\u2019une de ses filles tapote distraitement l\u2019\u00e9cran lumineux de son t\u00e9l\u00e9phone portable, connect\u00e9e au reste du monde. \u00c0 quelques m\u00e8tres de l\u00e0, sa s\u0153ur, agenouill\u00e9e pr\u00e8s d\u2019une bassine en plastique, fait sauter d\u2019un geste vif et machinal les \u00e9cailles d\u2019un poisson frais destin\u00e9 au plat du d\u00e9jeuner. Le ma\u00eetre des lieux est un homme occup\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Absent \u00e0 notre arriv\u00e9e, il ne se fait pourtant pas attendre : pr\u00e9venu par sa fille, il surgit \u00e0 peine cinq minutes plus tard. \u00c9lanc\u00e9, le regard aff\u00fbt\u00e9, ce sexag\u00e9naire affiche une allure athl\u00e9tique et une vitalit\u00e9 que les ann\u00e9es n\u2019ont pas r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9roder. Sa poign\u00e9e de main est ferme, chaleureuse, fraternelle. Avant toute chose, il nous pr\u00e9sente sa m\u00e8re. Une doyenne au visage parchemin\u00e9, magnifique sanctuaire de rides o\u00f9 le temps a sculpt\u00e9 la m\u00e9moire du terroir s\u00e9r\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans la pure tradition locale, la vieille dame nous souhaite la bienvenue. Les salutations s\u2019\u00e9tirent, rythm\u00e9es par les demandes de nouvelles de la famille, de la sant\u00e9, du voyage.<\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\">Le sanctuaire de la pointe des eaux<\/h6>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est le pr\u00e9ambule indispensable, la clef sociale qui ouvre toutes les portes de ce pays d\u2019eau et de traditions. Mamadou Thiar\u00e9 n\u2019est pas un habitant ordinaire. Il est aujourd\u2019hui le gardien d\u00e9sign\u00e9 d\u2019une coutume s\u00e9culaire : le \u00ab Paciin \u00bb. C\u2019est lui qui officie d\u00e9sormais lors de cette c\u00e9r\u00e9monie mystique. Pourtant, la r\u00e8gle de la primaut\u00e9 de l\u2019\u00e2ge aurait d\u00fb d\u00e9signer l\u2019un de ses a\u00een\u00e9s. \u00ab J\u2019ai de grands fr\u00e8res \u00bb, confie-t-il avec une humilit\u00e9 empreinte de gravit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Mais apr\u00e8s concertation familiale et divination, leur choix s\u2019est port\u00e9 sur moi au d\u00e9c\u00e8s du dernier salitigu\u00e9 (pr\u00eatre traditionnel et voyant s\u00e9r\u00e8re). C\u2019est une charge, un devoir envers ma communaut\u00e9 et nos anc\u00eatres \u00bb, pr\u00e9cise-t-il.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les pr\u00e9sentations d\u2019usage termin\u00e9es, le saltigu\u00e9 nous invite \u00e0 le suivre sur les lieux m\u00eames du myst\u00e8re. Nous embarquons dans notre v\u00e9hicule pour une courte travers\u00e9e de cinq minutes vers la bordure du bras de mer qui enserre Foundiougne. Lorsque le v\u00e9hicule s\u2019arr\u00eate sur le site, l\u2019\u0153il profane est d\u00e9boussol\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 premi\u00e8re vue, rien ne distingue ce pan de terre d\u2019un autre. Pas de st\u00e8le de marbre, pas de temple majestueux. Seul un \u0153il averti saisit la g\u00e9om\u00e9trie sacr\u00e9e des lieux. Plant\u00e9s \u00e0 m\u00eame le sol, trois morceaux de bois forment un triangle mystique. \u00c0 deux m\u00e8tres de l\u00e0, quatre autres pieux dessinent un rectangle parfait. C\u2019est tout. Et pourtant, c\u2019est ici que r\u00e9side l\u2019invisible.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab C\u2019est ici, au niveau du triangle, qu\u2019il faut formuler vos v\u0153ux et vos pri\u00e8res les plus intimes avant d\u2019entrer dans l\u2019eau pour vous baigner \u00bb, murmure Mamadou Thiar\u00e9, le ton soudain habit\u00e9 d\u2019une solennit\u00e9 religieuse. Puis, pointant un index noueux vers le second trac\u00e9 : \u00ab Le rectangle que vous voyez l\u00e0, c\u2019est la tombe sacr\u00e9e d\u2019un disciple d\u2019El Hadj Omar Foutiyou Tall. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette r\u00e9v\u00e9lation \u00e9claire le syncr\u00e9tisme du site. La l\u00e9gende dit que quiconque se baigne sur ce site apr\u00e8s une morsure de serpent verra le venin descendre aussit\u00f4t. \u00ab C\u2019est El Omar qui aurait formul\u00e9 ces pri\u00e8res. Et cela est attest\u00e9 \u00bb, confie le vieux Wack B\u00e2, consid\u00e9r\u00e9 comme \u00ab la m\u00e9moire \u00bb du terroir du Log.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Selon le salitigu\u00e9, le rituel du \u00ab Paciin \u00bb remonte au XVII\u1d49 si\u00e8cle, bien avant l\u2019arriv\u00e9e des grandes figures maraboutiques, mais le passage du fondateur de l\u2019empire toucouleur est venu sceller la puissance spirituelle de l\u2019endroit. \u00ab Ce lieu est b\u00e9ni, absolument b\u00e9ni \u00bb, affirme le gardien avec une conviction qui ne laisse aucune place au doute.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Quiconque y formule ses v\u0153ux avec des intentions pures et un c\u0153ur d\u00e9barrass\u00e9 du mal verra ses pri\u00e8res exauc\u00e9es \u00bb, ajoute-t-il. Et pour prouver l\u2019infaillibilit\u00e9 du sanctuaire, le vieil homme avance un exemple qui parle aux familles de la r\u00e9gion.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Tout militaire qui doit partir en op\u00e9ration \u00e0 l\u2019\u00e9tranger ou au front, s\u2019il vient ici faire ses d\u00e9votions, rentrera toujours vivant au bercail. Vous pouvez v\u00e9rifier mes dires ! Quand votre reportage sera publi\u00e9, les appels de t\u00e9moignages afflueront pour confirmer ce que je vous dis. \u00bb Alors que le monde s\u2019acc\u00e9l\u00e8re, hyperconnect\u00e9 et rationalis\u00e9, la foi dans le \u00ab Paciin \u00bb demeure un roc in\u00e9branlable. Les si\u00e8cles ont gliss\u00e9 sur cette berge sans en alt\u00e9rer la ferveur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Les gens, et plus particuli\u00e8rement les natifs du terroir du Log, croient fermement aux vertus et aux bienfaits de ce site \u00bb, explique le ma\u00eetre de c\u00e9r\u00e9monie. Le profil des p\u00e8lerins d\u00e9passe largement le cadre des villageois locaux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sous le couvert de l\u2019anonymat et souvent \u00e0 l\u2019abri des regards, de hautes personnalit\u00e9s de l\u2019\u00c9tat, des ministres, des hommes d\u2019affaires, mais aussi des citoyens anonymes accabl\u00e9s par la maladie ou le sort, viennent du S\u00e9n\u00e9gal entier pour se baigner dans les eaux du \u00ab Paciin \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab N\u2019e\u00fbt \u00e9t\u00e9 l\u2019acc\u00e8s difficile du site en cette p\u00e9riode d\u2019hivernage \u00e0 cause de la boue et des hautes herbes, vous verriez ici une noria ininterrompue de voitures de luxe, de motos et de taxis \u00bb, glisse Mamadou Thiar\u00e9 dans un sourire \u00e9tendu.<\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\">Un rythme ancestral<\/h6>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En effet, la r\u00e9putation du lieu d\u00e9passe m\u00eame les fronti\u00e8res du pays s\u00e9r\u00e8re. Les descendants et membres de la famille du saint homme El Hadj Omar Tall, inform\u00e9s du passage et de la s\u00e9pulture d\u2019un des disciples de leur a\u00efeul, effectuent au moins quatre fois par an le p\u00e8lerinage pour se recueillir sur la tombe selon Mamadou Thiar\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une pi\u00e9t\u00e9 telle qu\u2019ils ont failli transformer le paysage. \u00ab \u00c0 un moment donn\u00e9, la famille omarienne a voulu \u00e9riger un mur de cl\u00f4ture en b\u00e9ton autour du site pour le sanctifier \u00bb, raconte le salitigu\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Mais la communaut\u00e9 locale s\u2019y est fermement oppos\u00e9e. Construire un mur, c\u2019\u00e9tait risquer la privatisation d\u2019un espace de gr\u00e2ce. Ici, chaque \u00eatre humain, pauvre ou riche, doit pouvoir acc\u00e9der librement \u00e0 la pri\u00e8re et chercher la gu\u00e9rison \u00bb, confie Mamadou Thiar\u00e9. Si les d\u00e9votions individuelles sont quotidiennes, le \u00ab Paciin \u00bb est avant tout la grande respiration collective du pays Log.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Historiquement, le rituel scande les saisons d\u2019une communaut\u00e9 essentiellement agricole et pastorale. \u00c0 la veille de chaque hivernage, lorsque les premiers nuages noirs s\u2019amoncellent sur le fleuve, les habitants de Mbam et de tous les villages environnants convergent vers le site. On y implore les esprits et le Tout-Puissant pour qu\u2019ils accordent des pluies abondantes et pr\u00e9servent les cultures.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Puis, \u00e0 la fin de la saison des pluies, alors que les r\u00e9coltes s\u2019annoncent abondantes, la communaut\u00e9 se rassemble \u00e0 nouveau au m\u00eame endroit pour un rituel de gratitude et d\u2019actions de gr\u00e2ces. Mamadou Thiar\u00e9 se prend \u00e0 r\u00eaver en \u00e9voquant les c\u00e9l\u00e9brations d\u2019antan. Jusqu\u2019\u00e0 la fin des ann\u00e9es 1980, le \u00ab Paciin \u00bb n\u2019\u00e9tait pas une simple halte, mais une grande f\u00eate sacr\u00e9e qui durait trois jours et trois nuits cons\u00e9cutives.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tout le territoire du Log se mobilisait : les populations accouraient de Mbam, mais aussi de Ndorong Log, Gagu\u00e9 Mody, Gagu\u00e9 Bocar, Mbassis, Thiar\u00e9, Sap, et des hameaux recul\u00e9s comme Keur Samba Wane, Ndolete ou Bambou. C\u2019\u00e9tait une mar\u00e9e humaine. On immolait des dizaines de b\u0153ufs pour nourrir la foule des h\u00f4tes venus chercher la b\u00e9n\u00e9diction.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais le sacr\u00e9 ob\u00e9it \u00e0 des r\u00e8gles de puret\u00e9 strictes et inflexibles. Dans cette organisation, les castes avaient leur place bien d\u00e9finie. \u00ab Les griots et les musiciens n\u2019avaient pas le droit de fouler le sol m\u00eame du sanctuaire \u00bb, pr\u00e9cise Mamadou Thiar\u00e9 en d\u00e9signant du doigt un gigantesque baobab s\u00e9culaire, dress\u00e9 \u00e0 plus de 500 m\u00e8tres de l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\">La flamme perp\u00e9tuelle<\/h6>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Ils devaient imp\u00e9rativement s\u2019arr\u00eater sous cet arbre. C\u2019est de l\u00e0-bas qu\u2019ils faisaient r\u00e9sonner le son sourd et envo\u00fbtant des tam-tams. La musique portait jusqu\u2019\u00e0 l\u2019eau, mais les instrumentistes ne franchissaient jamais la limite. Ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 la fin des c\u00e9r\u00e9monies que la foule les rejoignait sous le baobab pour poursuivre la f\u00eate.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Aujourd\u2019hui, le rituel a perdu de son faste monumental d\u2019autrefois. La crise \u00e9conomique, les mutations sociales et l\u2019exode des jeunes ont r\u00e9duit la dur\u00e9e des festivit\u00e9s et le nombre de b\u00eates sacrifi\u00e9es. Pourtant, l\u2019essentiel est sauf : l\u2019esprit n\u2019a pas boug\u00e9 d\u2019un iota. Le cadre s\u2019est \u00e9pur\u00e9, mais le geste demeure. Dans le silence rompu seulement par le clapotis de l\u2019eau du bras de mer et le cri lointain des oiseaux migrateurs, Mamadou Thiar\u00e9 ajuste son boubou.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Face au triangle de bois, il murmure les paroles ancestrales, celles-l\u00e0 m\u00eames que les salitigu\u00e9s du XVII\u1d49 si\u00e8cle r\u00e9p\u00e9taient d\u00e9j\u00e0 au m\u00eame endroit. \u00ab L\u2019\u00e9v\u00e9nement attire peut-\u00eatre moins de foule en un seul jour qu\u2019il y a quarante ans \u00bb, reconna\u00eet le vieil homme en fixant la ligne d\u2019horizon o\u00f9 le soleil fait scintiller l\u2019eau de Foundiougne.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Mais le rituel, lui, est bien vivant. Et tant qu\u2019il y aura un Thiar\u00e9 pour garder cette tradition, le Paciin continuera d\u2019apporter sa protection, sa paix et ses bienfaits \u00e0 notre communaut\u00e9. C\u2019est notre racine. Et un arbre sans racines ne r\u00e9siste pas au vent \u00bb, confie le saltigu\u00e9, tout heureux de raconter l\u2019histoire de ce rituel, son histoire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sur le chemin du retour, la chaleur du jour semble moins pesante. Dans le sillage du salitigu\u00e9, on comprend que sur cette rive du bras de mer du Saloum, le temps n\u2019est pas un ennemi qui efface, mais un t\u00e9moin qui s\u2019incline devant la puissance des croyances.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Par Mamadou GU\u00c8YE (Textes) et Amadou Mamoune DIOP (Photos)<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 Foundiougne, au c\u0153ur du pays S\u00e9r\u00e8re, le rituel ancestral du Paciin continue d\u2019exercer sa magie. 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