{"id":77248,"date":"2026-08-17T10:09:05","date_gmt":"2026-08-17T10:09:05","guid":{"rendered":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=77248"},"modified":"2026-08-17T10:09:06","modified_gmt":"2026-08-17T10:09:06","slug":"etats-unis-lhecatombe-des-amerindiennes-sort-progressivement-du-silence-mediatique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=77248","title":{"rendered":"\u00c9tats-Unis: l\u2019h\u00e9catombe des Am\u00e9rindiennes sort progressivement du silence m\u00e9diatique"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Aux \u00c9tats-Unis, des milliers de femmes am\u00e9rindiennes disparaissent ou sont assassin\u00e9es dans une quasi-indiff\u00e9rence.&nbsp;Longtemps cantonn\u00e9 aux marges, ce drame commence \u00e0 \u00e9merger dans l\u2019espace m\u00e9diatique, sans que le nombre de disparitions ne baisse ni que la col\u00e8re des communaut\u00e9s ne retombe.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Par :Yann Le Ny &#8211; SOURCE RFI &#8211; D\u00e9but avril 2026, le FBI lance la quatri\u00e8me campagne Operation Not Forgotten, centr\u00e9e sur les affaires non r\u00e9solues de violences dans les territoires am\u00e9rindiens, avec un focus sur les disparitions et meurtres de femmes et d\u2019enfants. Une r\u00e9ponse \u00e0 la crise en cours concernant cette population.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais comme le r\u00e9sume la documentariste Sabrina Van Tassel, qui consacre son dernier documentaire\u00a0<strong><em>Les Disparues<\/em><\/strong>\u00a0\u00e0 ce ph\u00e9nom\u00e8ne\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Les femmes am\u00e9rindiennes ont toujours \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9es, ont toujours disparu, et \u00e7a depuis le premier contact avec les colons\u00a0<\/em>\u00bb. Pocahontas \u2014 de son vrai nom Matoaka \u2014 en est l&rsquo;un des premiers exemples\u00a0: contrairement \u00e0 la version romanc\u00e9e de Disney, elle a \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9e par des colons anglais\u00a0et ensuite mari\u00e9e \u00e0 un homme blanc.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 2025, le FBI re\u00e7oit chaque ann\u00e9e plus de 5&nbsp;000 signalements de femmes autochtones disparues ou assassin\u00e9es. Mais faute de donn\u00e9es compl\u00e8tes, le nombre r\u00e9el de femmes et de filles autochtones disparues ou tu\u00e9es reste inconnu \u00e0 l\u2019\u00e9chelle nationale, souligne l\u2019ONG Centre national de ressources pour les femmes autochtones (NIWRC). Ces affaires sont aussi moins r\u00e9solues que la moyenne&nbsp;: selon l\u2019Urban Indian Health Institute, dans l\u2019\u00c9tat de Washington, les populations natives repr\u00e9sentent moins de 2% des habitants mais 5% des dossiers non \u00e9lucid\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">De l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de la fronti\u00e8re, au Canada, on estime qu\u2019entre 2009 et 2021, le taux d&rsquo;homicide des femmes et des filles am\u00e9rindiennes, m\u00e9tisses et inuites \u00e9tait six fois plus \u00e9lev\u00e9 que le reste de la population.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Derri\u00e8re ces chiffres, une r\u00e9alit\u00e9 quotidienne gla\u00e7ante : \u00ab<em>&nbsp;Chaque famille ou presque conna\u00eet une femme disparue ou assassin\u00e9e&nbsp;<\/em>\u00bb, pointe Sabrina Van Tassel. Un ph\u00e9nom\u00e8ne massif, ancien, longtemps absent de l\u2019espace m\u00e9diatique et politique, qui commence \u00e0 n\u2019\u00eatre \u00e9voqu\u00e9 que depuis le milieu des ann\u00e9es 2010.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Un traitement diff\u00e9rent selon l\u2019origine<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce ph\u00e9nom\u00e8ne contraste avec la m\u00e9diatisation de certaines affaires impliquant des victimes blanches.\u00a0<strong>Gaby Petito<\/strong>, une jeune Am\u00e9ricaine blanche disparue en 2021 lors d\u2019un voyage avec son compagnon. Son visage a fait le tour des \u00e9crans du monde entier.\u00a0Pourtant, dans le Wyoming o\u00f9 Gaby Petito a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9, \u00ab\u00a0<em>on sait qu\u2019il y a \u00e0 peu pr\u00e8s 710 Am\u00e9rindiennes qui ont disparu, et personne n\u2019est jamais all\u00e9 les chercher\u00a0<\/em>\u00bb, souligne Sabrina Van Tassel. En effet, entre 2011 et 2020, un rapport sur les disparitions d&rsquo;Am\u00e9rindiennes dans l&rsquo;\u00c9tat, 710 autochtones ont disparus, dont 85% \u00e9taient mineurs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce contraste illustre le \u00ab<em>&nbsp;missing white woman syndrome&nbsp;<\/em>\u00bb d\u00e9nonc\u00e9 par les militantes autochtones&nbsp;: l\u2019attention disproportionn\u00e9e accord\u00e9e aux disparitions de femmes blanches, compar\u00e9e au silence qui entoure celles des femmes racis\u00e9es, notamment autochtones. Dans le cas des femmes am\u00e9rindiennes, cette invisibilisation est renforc\u00e9e par les pr\u00e9jug\u00e9s&nbsp;: \u00ab<em>&nbsp;Il y a vraiment un racisme, sur le fait qu\u2019on consid\u00e8re que ces filles vivent une vie de drogue, d\u2019alcool, qu\u2019elles ont disparu parce que c\u2019est un peu leur faute&nbsp;<\/em>\u00bb, d\u00e9crit la r\u00e9alisatrice.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Une pr\u00e9carit\u00e9 qui favorise les disparitions<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les femmes am\u00e9rindiennes vivent, pour beaucoup, dans des conditions de grande pr\u00e9carit\u00e9, qui les rendent particuli\u00e8rement vuln\u00e9rables. Les r\u00e9serves sont souvent situ\u00e9es dans des zones rurales recul\u00e9es. L\u2019acc\u00e8s aux soins est limit\u00e9. Les services sociaux sont sous-dot\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab<em>&nbsp;Les Am\u00e9rindiens sont les plus touch\u00e9s sur tout&nbsp;<\/em>\u00bb, constate Sabrina Van Tassel : suicide, diab\u00e8te, meurtre, viol. \u00c0 cette fragilit\u00e9 mat\u00e9rielle s\u2019ajoute une fragilit\u00e9 psychique. Le traumatisme se transmet de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration. Dans son documentaire, l\u2019histoire de Marie Ellen Johnson-Davis, une jeune femme disparue, r\u00e9v\u00e8le l\u2019ampleur des blessures : \u00ab<em>&nbsp;Dans sa famille, j\u2019ai pu \u00e9tablir que chaque femme sur au moins trois g\u00e9n\u00e9rations avait \u00e9t\u00e9 viol\u00e9e<\/em>&nbsp;\u00bb, explique-t-elle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette r\u00e9p\u00e9tition des violences, de m\u00e8re en fille, installe l\u2019id\u00e9e d\u2019une fatalit\u00e9. Les pr\u00e9dateurs, eux, savent rep\u00e9rer ces vuln\u00e9rabilit\u00e9s : \u00ab<em>&nbsp;Un pr\u00e9dateur ne va pas agresser la personne la plus forte du troupeau. Il va agresser la plus faible<\/em>&nbsp;\u00bb, r\u00e9sume la documentariste.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les addictions \u2013 alcool, drogues \u2013 sont \u00e0 la fois une cons\u00e9quence du traumatisme et un facteur aggravant. Elles s\u2019enracinent dans les politiques coloniales : changement brutal d\u2019alimentation, destruction des rep\u00e8res culturels, violences dans les pensionnats, absence de prise en charge. \u00ab<em>&nbsp;Ils n\u2019ont pas eu le syst\u00e8me n\u00e9cessaire pour pouvoir se soigner, et donc ils ont reproduit le traumatisme&nbsp;<\/em>\u00bb, note Sabrina Van Tassel.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Un vide juridique qui expose les femmes aux pr\u00e9dateurs<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au-del\u00e0 de ces facteurs, un \u00e9l\u00e9ment structurel rend les femmes am\u00e9rindiennes particuli\u00e8rement vuln\u00e9rables&nbsp;: un vide juridique. Les nations am\u00e9rindiennes sont reconnues comme \u00ab&nbsp;nations souveraines&nbsp;\u00bb au sein des \u00c9tats-Unis. Ce statut leur donne une certaine autonomie politique et judiciaire, mais il cr\u00e9e aussi des zones grises dans l\u2019application du droit.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pendant des d\u00e9cennies, la police tribale n\u2019a pas eu le droit d\u2019arr\u00eater des personnes non am\u00e9rindiennes, m\u00eame en cas de crime sur le territoire de la r\u00e9serve. Le FBI, en th\u00e9orie comp\u00e9tent pour les crimes commis dans les r\u00e9serves, n\u2019a ni la structure ni les moyens pour traiter syst\u00e9matiquement ces dossiers. \u00ab&nbsp;<em>Le FBI n\u2019est pas fait pour \u00e7a&nbsp;<\/em>\u00bb, estime la r\u00e9alisatrice. \u00ab&nbsp;<em>Normalement, il enqu\u00eate sur le trafic de drogue inter-\u00c9tats, le terrorisme. L\u00e0, on lui demande de g\u00e9rer des viols ou des disparitions \u00e0 grande \u00e9chelle, sans ressources adapt\u00e9es.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans le Montana, qui compte sept r\u00e9serves am\u00e9rindiennes et l&rsquo;un des taux les plus \u00e9lev\u00e9s de disparitions et d&rsquo;homicides de femmes autochtones du pays, les enqu\u00eates se heurtent \u00e0 l&rsquo;enchev\u00eatrement des comp\u00e9tences entre police tribale, autorit\u00e9s locales et FBI. R\u00e9sultat : les investigations prennent du retard, quand elles d\u00e9marrent. De nombreux dossiers deviennent des \u00ab<em>&nbsp;cold cases<\/em>&nbsp;\u00bb, laiss\u00e9s en suspens pendant des ann\u00e9es. Les pr\u00e9dateurs agissent en ayant conscience de cette impunit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">De timides \u00e9volutions l\u00e9gislatives<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Face \u00e0 cela, des \u00e9volutions l\u00e9gislatives timides ont vu le jour. En 2013, le Violence Against Women Act (VAWA), loi f\u00e9d\u00e9rale cens\u00e9e prot\u00e9ger les femmes victimes de violences, est enfin \u00e9tendu aux Am\u00e9rindiennes, longtemps exclues en raison du statut des nations am\u00e9rindiennes. Cette disposition constituait une avanc\u00e9e importante, apr\u00e8s des d\u00e9cennies durant lesquelles les tribunaux tribaux ne pouvaient g\u00e9n\u00e9ralement pas exercer leur comp\u00e9tence p\u00e9nale sur les non-Indiens.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette comp\u00e9tence a ensuite \u00e9t\u00e9 \u00e9largie par le VAWA de 2022. Elle couvre d\u00e9sormais, dans certaines conditions, d&rsquo;autres infractions, notamment certaines violences sexuelles et le trafic sexuel. Mais les r\u00e8gles restent complexes : selon la nature des faits, le statut de l&rsquo;auteur et de la victime et le lieu o\u00f9 l&rsquo;infraction a \u00e9t\u00e9 commise, les autorit\u00e9s tribales, \u00e9tatiques et f\u00e9d\u00e9rales peuvent toutes avoir un r\u00f4le \u00e0 jouer.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et depuis le retour de Donald Trump \u00e0 la Maison-Blanche en 2025, plusieurs organisations autochtones d\u00e9noncent un recul. Un rapport du Urban&nbsp;Indian Health Institute (UIHI) datant du 15 juillet 2026 pointe notamment une chute des financements des programmes autochtones de lutte contre les violences.&nbsp;Selon l\u2019enqu\u00eate de l\u2019UIHI, 64 % des organisations et programmes interrog\u00e9s d\u00e9clarent avoir \u00e9t\u00e9 fortement affect\u00e9s par les coupes de financements f\u00e9d\u00e9raux depuis 2025.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Auditionn\u00e9 le m\u00eame jour par la Chambre des repr\u00e9sentants, Abigail Echo-Hawk, directrice de l&rsquo;UIHI, ajoute \u00ab<em>&nbsp;la promesse de s\u00e9curit\u00e9 publique se veut universelle, mais pour les peuples autochtones, c\u2019est une promesse qui ne s\u2019est jamais traduite par des ressources ou une r\u00e9alit\u00e9 concr\u00e8te&nbsp;<\/em>\u00bb. Dans son t\u00e9moignage, elle rappelle que les \u00c9tats-Unis ont, en vertu des trait\u00e9s, une obligation l\u00e9gale de financer la s\u00e9curit\u00e9 et la sant\u00e9 des nations am\u00e9rindiennes, et que la disparition soudaine de ces fonds constitue un manquement direct \u00e0 ces engagements.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Auto-organisation et reconnexion avec sa culture<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Face \u00e0 l\u2019immobilisme des autorit\u00e9s, les communaut\u00e9s s\u2019organisent. Battues, campagnes d\u2019affichage, collectes de fonds pour offrir des r\u00e9compenses, cr\u00e9ation de bases de donn\u00e9es locales : l\u2019auto-organisation devient la norme. \u00ab<em>&nbsp;Les communaut\u00e9s, de plus en plus, ne font plus appel au FBI, parce qu\u2019elles savent que \u00e7a va nulle part&nbsp;<\/em>\u00bb, observe la r\u00e9alisatrice. Elles m\u00e8nent elles-m\u00eames les recherches, recoupent les t\u00e9moignages, cartographient les zones de risque.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les Am\u00e9rindiens Ute Mountain Ute, principalement dans le Colorado, ont lanc\u00e9 un programme&nbsp;qui associe psychologues, \u00e9quipes de pr\u00e9vention du suicide, mentorat par les anciens, activit\u00e9s de plein air, enseignement de la langue ute et formations destin\u00e9es \u00e0 l&rsquo;ensemble des services tribaux. L&rsquo;objectif est de renforcer les liens communautaires tout en am\u00e9liorant l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 des soins psychologiques adapt\u00e9s \u00e0 la culture autochtone et ainsi \u00e9viter les dangers des addictions et des fr\u00e9quentations \u00e0 risque.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour beaucoup de communaut\u00e9s, une des r\u00e9ponses fondamentales passe par la reconnexion avec leur culture. Langues, c\u00e9r\u00e9monies, r\u00e9cits, pratiques ancestrales, syst\u00e9matiquement d\u00e9truits par les politiques coloniales, sont au c\u0153ur des efforts de reconstruction. Pour Sabrina Van Tassel, cette reconnexion est une part de la solution : \u00ab<em>&nbsp;Le fait de pouvoir \u00eatre fier de sa culture, de sa famille, de s\u2019int\u00e9resser \u00e0 l\u2019histoire de sa culture, c\u2019est quelque chose qui leur donne une raison d\u2019exister.&nbsp;<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">M\u00e9diatiser pour faire avancer<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sur le plan m\u00e9diatique, les disparitions de femmes am\u00e9rindiennes restent rares \u00e0 la une des journaux nationaux, mais un mouvement na\u00eet dans le champ culturel\u00a0: documentaires, podcasts, livres. Des fictions comme la s\u00e9rie\u00a0<em>Yellowstone<\/em>\u00a0ou\u00a0<strong>le film de Martin Scorsese\u00a0<em>Killers of the Flower Moon<\/em>\u00a0<\/strong>mettent en lumi\u00e8re les violences contre les populations autochtones. Pour les militantes, la m\u00e9diatisation est cruciale\u00a0: elle permet de faire pression sur les institutions et de donner une voix \u00e0 des victimes longtemps r\u00e9duites au silence. \u00ab<em>\u00a0Il n\u2019en faudrait pas cinq des documentaires comme le mien, il en faudrait cinquante\u00a0<\/em>\u00bb, insiste la r\u00e9alisatrice.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour que les femmes am\u00e9rindiennes cessent d\u2019\u00eatre des \u00ab\u00a0<em>filles qu\u2019on n\u2019ira pas chercher\u00a0<\/em>\u00bb, comme le dit la documentariste, plusieurs transformations profondes du syst\u00e8me judiciaire am\u00e9ricain seront n\u00e9cessaires\u00a0: donner de r\u00e9els pouvoirs aux polices tribales et instaurer une coordination automatique entre les diff\u00e9rentes forces de l\u2019ordre, afin d\u2019\u00e9viter que les disparitions ne tombent dans les failles du syst\u00e8me. Il y aura aussi besoin de changer\u00a0radicalement la mani\u00e8re dont la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine per\u00e7oit les peuples autochtones : passer d\u2019une vision coloniale\u00a0<strong>h\u00e9rit\u00e9e des pensionnats<\/strong>\u00a0et des d\u00e9placements forc\u00e9s \u00e0 une reconnaissance pleine de leur dignit\u00e9, de leur souverainet\u00e9 et de leur culture.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Aux \u00c9tats-Unis, des milliers de femmes am\u00e9rindiennes disparaissent ou sont assassin\u00e9es dans une quasi-indiff\u00e9rence.&nbsp;Longtemps cantonn\u00e9 aux marges, ce drame commence<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":77249,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[51],"tags":[],"class_list":["post-77248","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-general"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/77248","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=77248"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/77248\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":77250,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/77248\/revisions\/77250"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/77249"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=77248"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=77248"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=77248"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}