{"id":77170,"date":"2026-08-14T11:29:40","date_gmt":"2026-08-14T11:29:40","guid":{"rendered":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=77170"},"modified":"2026-08-14T11:52:17","modified_gmt":"2026-08-14T11:52:17","slug":"fruits-de-saison-le-business-du-madd-fait-recette","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=77170","title":{"rendered":"FRUITS DE SAISON -Le business du \u00abmadd \u00bb fait recette"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Au march\u00e9 \u00ab Syndicat \u00bb de Pikine, le \u00ab madd \u00bb (Saba senegalensis), un fruit de saison, s\u2019ach\u00e8te par sac, demi-sac ou \u00e0 la pi\u00e8ce, avant de prendre le chemin des quartiers. Pr\u00e9par\u00e9, puis conditionn\u00e9 dans de petits pots, le fruit est revendu \u00e0 100, 250, 500, 1.000 ou 2.000 FCfa. C\u2019est selon les formats. De Gu\u00e9diawaye \u00e0 Colobane en passant par la Cit\u00e9 Douane, revendeuses et commer\u00e7ants ont construit autour du \u00ab madd \u00bb une v\u00e9ritable micro-\u00e9conomie faite d\u2019achats en gros, de transformation, de livraisons et d\u2019une multitude de ventes au d\u00e9tail.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au march\u00e9 \u00ab Syndicat \u00bb (ou \u00ab S\u00e0ndika \u00bb) de Pikine, le \u00ab madd \u00bb (Saba senegalensis), fruit embl\u00e9matique de saison, se vend d\u2019abord comme une marchandise de gros. Les sacs sont entass\u00e9s chez les grossistes, o\u00f9 les fruits sont scrupuleusement examin\u00e9s, tri\u00e9s et n\u00e9goci\u00e9s selon leur maturit\u00e9 et leur qualit\u00e9. Des acheteurs venus de divers quartiers s\u2019y pressent pour constituer leur stock. La plupart ne viennent pas pour leur propre consommation, mais pour s\u2019approvisionner en vue d\u2019une revente au d\u00e9tail une fois rentr\u00e9s chez eux. Dans ce march\u00e9 tr\u00e8s anim\u00e9, le sac constitue le point de d\u00e9part d\u2019une longue cha\u00eene commerciale qui se prolonge au c\u0153ur des concessions et des ruelles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Achet\u00e9 en grande quantit\u00e9, le \u00ab madd \u00bb sera vendu \u00e0 la pi\u00e8ce, r\u00e9parti dans de petits pots ou assaisonn\u00e9 (avec du sucre, du piment ou du sel), avant d\u2019\u00eatre propos\u00e9 aux consommateurs. \u00c0 ce stade, l\u2019\u00e9chelle des prix change compl\u00e8tement : un sac achet\u00e9 \u00e0 plusieurs milliers de francs donne naissance \u00e0 une succession de petites ventes de 100, 250, 500 ou 1.000 FCfa, et parfois davantage.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mari\u00e9tou Ndiaye fait partie de ces commer\u00e7antes qui connaissent parfaitement le circuit. Habitante de Gu\u00e9diawaye, elle vient r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 Pikine pour acheter un demi-sac. Son objectif ? Le revendre dans son quartier sous de petits formats. Une fois rentr\u00e9e, elle r\u00e9partit la pulpe dans de petits pots plastiques qu\u2019elle propose \u00e0 100 FCfa l\u2019unit\u00e9. Un tarif volontairement accessible pour toucher une large client\u00e8le.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Je le revends dans de petits pots \u00e0 100 FCfa au quartier. Je m\u2019en sors pas mal \u00bb, explique-t-elle. Derri\u00e8re cette modeste d\u00e9claration se cache une vraie strat\u00e9gie commerciale : acheter en gros pour vendre en micro-portions adapt\u00e9es au budget quotidien des habitants, pour qui il est bien plus facile de d\u00e9bourser 100 FCfa au coup par coup que d\u2019investir dans une grande quantit\u00e9. Le sac achet\u00e9 au march\u00e9 n\u2019est plus visible dans le commerce final. Il se retrouve dispers\u00e9 dans une multitude de petits contenants.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 quelques m\u00e8tres des vendeurs de sacs, Faty Dione, la cinquantaine, vient elle aussi s\u2019approvisionner, sa fid\u00e8le bassine sous le bras. Contrairement \u00e0 Mari\u00e9tou, elle n\u2019ach\u00e8te pas de demi-sac, mais s\u00e9lectionne des pi\u00e8ces de \u00ab madd \u00bb \u00e0 l\u2019unit\u00e9 qu\u2019elle \u00e9coulera selon deux formules : une partie est vendue telle quelle, pi\u00e8ce par pi\u00e8ce, tandis que l\u2019autre est retravaill\u00e9e, assaisonn\u00e9e, puis mise en pot. Cette double approche lui permet de concilier vente rapide \u00e0 l\u2019\u00e9tat brut et meilleure marge sur le produit pr\u00e9par\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Recettes diversifi\u00e9es<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le m\u00eame achat peut ainsi donner lieu \u00e0 deux types de recettes. Avec sa bassine, Faty repart du march\u00e9 avec une marchandise qu\u2019elle va progressivement transformer en petites ventes. Son activit\u00e9 montre aussi que l\u2019entr\u00e9e dans le commerce du \u00ab madd \u00bb ne n\u00e9cessite pas forc\u00e9ment l\u2019achat d\u2019un sac entier. Le volume peut \u00eatre adapt\u00e9 aux moyens de la revendeuse et \u00e0 la capacit\u00e9 de vente de son quartier. Pour ces commer\u00e7antes, le march\u00e9 est le premier maillon de leur activit\u00e9. Elles y choisissent la quantit\u00e9 qu\u2019elles peuvent financer, puis organisent la suite de la vente en fonction de leur client\u00e8le.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le circuit se poursuit au rond-point de Colobane, avec Ndiaga Sylla. Ce commer\u00e7ant ach\u00e8te ses sacs entre 10.000 et 15.000 FCfa. Le prix d\u00e9pend de la qualit\u00e9 du \u00ab madd \u00bb. Cette diff\u00e9rence constitue d\u00e9j\u00e0 un \u00e9l\u00e9ment important dans son activit\u00e9 puisqu\u2019un sac plus cher n\u00e9cessite ensuite de vendre suffisamment de portions pour couvrir l\u2019investissement et les autres d\u00e9penses. Apr\u00e8s l\u2019achat, Ndiaga Sylla pr\u00e9pare le \u00ab madd \u00bb avant de le conditionner. Le sac est progressivement transform\u00e9 en petits pots. Le produit n\u2019est plus vendu comme une quantit\u00e9 unique, mais comme une s\u00e9rie de portions destin\u00e9es \u00e0 des clients qui n\u2019ont pas tous le m\u00eame budget. Ndiaga Sylla propose ainsi plusieurs prix. Ses pots sont vendus \u00e0 250, 500 et 1.000 FCfa. Cette gamme permet de toucher plusieurs cat\u00e9gories de clients. Celui qui dispose de quelques pi\u00e8ces prend le petit format et celui qui en veut davantage choisit un pot plus grand<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Du \u00ab Ndiambaan \u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le commerce fonctionne par accumulation de petites ventes. Le sac achet\u00e9 entre 10.000 et 15.000 FCfa doit \u00eatre transform\u00e9 en un nombre suffisant de pots pour permettre au vendeur de r\u00e9cup\u00e9rer son investissement et de couvrir les d\u00e9penses li\u00e9es \u00e0 la pr\u00e9paration et au conditionnement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 la Cit\u00e9 Douane, Fatou Kin\u00e9 Mbaye a install\u00e9 son activit\u00e9 devant son domicile. Une table lui sert de comptoir. Les clients viennent y acheter directement les pots. Elle paye le sac, transforme le \u00ab madd \u00bb, puis le conditionne avant de le proposer \u00e0 sa client\u00e8le. Le sac lui est revenu \u00e0 10.000 FCfa. \u00c0 cette somme s\u2019ajoutent les d\u00e9penses li\u00e9es \u00e0 la pr\u00e9paration. Elle doit \u00e9galement acheter les pots et le packaging.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> Le co\u00fbt r\u00e9el de son activit\u00e9 d\u00e9passe le prix pay\u00e9 au moment de l\u2019approvisionnement. Une fois le \u00ab madd \u00bb pr\u00e9par\u00e9 et conditionn\u00e9, elle le vend selon plusieurs formats. Les pots sont propos\u00e9s \u00e0 500, 1.000 et 2.000 FCfa. L\u00e0 encore, le prix varie avec la quantit\u00e9. Le client peut choisir son format selon ses besoins et son budget. Fatou Kin\u00e9 ne compte pas uniquement sur les clients qui passent devant sa maison. Elle fait aussi de la livraison dans les alentours. Son activit\u00e9 se prolonge au-del\u00e0 de sa table. Une commande peut \u00eatre pr\u00e9par\u00e9e chez elle, puis remise \u00e0 un client dans le voisinage. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle consid\u00e8re que cette activit\u00e9 lui permet de s\u2019en sortir. Son t\u00e9moignage montre aussi que la vente du \u00ab madd \u00bb peut s\u2019organiser \u00e0 partir d\u2019un domicile, avec des moyens relativement simples : une table, des pots, un stock et une client\u00e8le construite au fil des ventes. Mais, derri\u00e8re la simplicit\u00e9 apparente de ces petits commerces, les d\u00e9penses sont nombreuses. L\u2019achat du fruit constitue le premier investissement. Viennent ensuite la pr\u00e9paration, les emballages, les pots et, pour certains vendeurs, les frais de d\u00e9placement ou de livraison. La rentabilit\u00e9 d\u00e9pend donc de plusieurs param\u00e8tres. Le prix du sac varie selon la qualit\u00e9. La quantit\u00e9 obtenue apr\u00e8s pr\u00e9paration d\u00e9termine le nombre de pots disponibles. Le prix de chaque pot influence les recettes. Les d\u00e9penses engag\u00e9es avant la vente viennent r\u00e9duire le montant r\u00e9ellement conserv\u00e9 par le commer\u00e7ant. C\u2019est ce qui explique la diversit\u00e9 des strat\u00e9gies rencontr\u00e9es sur le terrain. Mari\u00e9tou Ndiaye mise sur des pots \u00e0 100 francs. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Faty Dione combine la vente \u00e0 la pi\u00e8ce et celle du produit pr\u00e9par\u00e9. Ndiaga Sylla propose des pots \u00e0 250, 500 et 1.000 FCfa. Fatou Kin\u00e9 Mbaye va jusqu\u2019\u00e0 2.000 FCfa et ajoute la livraison \u00e0 son activit\u00e9. Tous n\u2019ach\u00e8tent d\u2019ailleurs pas de la m\u00eame mani\u00e8re. Ces diff\u00e9rences montrent une \u00e9conomie souple, adapt\u00e9e aux moyens de ceux qui la pratiquent. Il n\u2019est pas n\u00e9cessaire de disposer d\u2019un grand capital pour entrer dans le circuit. Une bassine peut suffire pour acheter quelques pi\u00e8ces. Une moiti\u00e9 de sac permet de constituer un petit stock. Un sac entier ouvre la possibilit\u00e9 d\u2019une activit\u00e9 plus importante. Ce commerce repose finalement sur une op\u00e9ration simple : acheter en quantit\u00e9 pour revendre en petites portions.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Par Amadou K\u00c9B\u00c9<\/strong><br>LESOLEIL<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au march\u00e9 \u00ab Syndicat \u00bb de Pikine, le \u00ab madd \u00bb (Saba senegalensis), un fruit de saison, s\u2019ach\u00e8te par sac,<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":77171,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-77170","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-event-more-news"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/77170","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=77170"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/77170\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":77175,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/77170\/revisions\/77175"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/77171"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=77170"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=77170"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=77170"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}