{"id":75210,"date":"2026-07-09T10:11:51","date_gmt":"2026-07-09T10:11:51","guid":{"rendered":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=75210"},"modified":"2026-07-09T10:18:20","modified_gmt":"2026-07-09T10:18:20","slug":"conference-des-chefs-detat-major-africains-le-vice-amiral-descadre-oumar-wade-participe-aux-travaux-en-angola","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=75210","title":{"rendered":"Reprise de publications sur les r\u00e9seaux sociaux : La ligne de cr\u00eate que doivent tracer les m\u00e9dias"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Face \u00e0 la prolif\u00e9ration de l&rsquo;information en temps r\u00e9el sur les r\u00e9seaux sociaux, le journaliste perd son monopole de la collecte mais trouve sa l\u00e9gitimit\u00e9 dans la v\u00e9rification. Dans cette analyse, Dakaractu a donn\u00e9 la parole \u00e0 Mamadou Thior, pr\u00e9sident du CORED qui rappelle que mieux vaut \u00eatre le dernier \u00e0 donner une information vraie que le premier \u00e0 diffuser une fausse nouvelle. Cette exigence de prudence s&rsquo;impose avec d&rsquo;autant plus de force lorsque la parole \u00e9mane d&rsquo;un \u00e9lu, dont le statut ne prot\u00e8ge pas le m\u00e9dia qui la relaie sans discernement. Le journaliste Daouda Mine alerte sur les risques p\u00e9naux: reprendre une accusation sans v\u00e9rification expose le diffuseur, professionnel ou citoyen, aux m\u00eames sanctions que son auteur initial. La fonction parlementaire ne couvre pas la reprise ext\u00e9rieure des propos. Dans ce contexte, la seule valeur ajout\u00e9e et le seul rempart juridique du journaliste r\u00e9side dans un travail rigoureux de recoupement et de mise en perspective, seul capable de distinguer l&rsquo;information du bruit.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>La v\u00e9rification, seule valeur ajout\u00e9e du journaliste face aux r\u00e9seaux sociaux<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le constat de d\u00e9part, pos\u00e9 par Mamadou Thior, pr\u00e9sident du CORED, est sans ambages. Le journaliste n\u2019a visiblement plus le monopole de la collecte de l\u2019information. N\u2019importe quel citoyen, n\u2019importe quel \u00e9lu, peut aujourd\u2019hui publier un contenu qui touche des milliers de personnes avant qu\u2019aucune r\u00e9daction ne s\u2019en soit saisie. Face \u00e0 cette r\u00e9alit\u00e9, la valeur du journaliste ne se mesure plus \u00e0 sa capacit\u00e9 \u00e0 \u00eatre le premier, mais \u00e0 sa capacit\u00e9 \u00e0 v\u00e9rifier avant de diffuser. Thior le formule sans d\u00e9tour : il vaut mieux \u00eatre le dernier \u00e0 donner une information vraie que le premier \u00e0 propager une information fausse. La r\u00e9tractation, dit-il, est catastrophique pour la cr\u00e9dibilit\u00e9 d\u2019un m\u00e9dia et demeure un aveu de faiblesse que la course \u00e0 l\u2019exclusivit\u00e9 ne compense jamais.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce travail de v\u00e9rification n\u2019est pas qu\u2019une posture d\u00e9fensive. Il est en r\u00e9alit\u00e9 ce qui distingue le journalisme de la simple republication. Solliciter la r\u00e9action des autorit\u00e9s vis\u00e9es, chercher d\u2019autres t\u00e9moignages, recouper les faits sur le terrain; c\u2019est cette valeur ajout\u00e9e, cette capacit\u00e9 \u00e0 aller au-del\u00e0 de ce que chacun a d\u00e9j\u00e0 vu passer sur son t\u00e9l\u00e9phone, qui justifie encore l\u2019existence d\u2019une r\u00e9daction face \u00e0 un citoyen \u00e9quip\u00e9 d\u2019un smartphone. Sans cela, le journaliste ne fait que pr\u00eater sa signature, et parfois sa responsabilit\u00e9 p\u00e9nale, \u00e0 une parole qui n\u2019est pas la sienne.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Le statut de l\u2019\u00e9lu ne prot\u00e8ge jamais le m\u00e9dia qui le relaie<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette exigence de prudence prend une dimension particuli\u00e8re lorsque la publication \u00e9mane d\u2019un responsable politique. La fonction \u00e9lectorale conf\u00e8re \u00e0 la parole une apparence d\u2019autorit\u00e9, un vernis de l\u00e9gitimit\u00e9 qui peut faire oublier qu\u2019il ne s\u2019agit, la plupart du temps, que d\u2019une all\u00e9gation. C\u2019est l\u00e0 que l\u2019\u00e9clairage juridique de Daouda Mine devient indispensable. Un d\u00e9put\u00e9, rappelle-t-il, ne b\u00e9n\u00e9ficie pas d\u2019une immunit\u00e9 absolue : hors session parlementaire, des poursuites contre lui n\u00e9cessitent en principe l\u2019autorisation du bureau de l\u2019Assembl\u00e9e nationale, sauf en cas de flagrant d\u00e9lit. Mais l\u2019enjeu le plus important, pour un journaliste, ne concerne pas tant la protection dont b\u00e9n\u00e9ficie l\u2019\u00e9lu que celle, tr\u00e8s relative, dont b\u00e9n\u00e9ficie le m\u00e9dia qui reprend ses propos. Selon Mine, la loi ne fait aucune diff\u00e9rence entre l\u2019auteur initial d\u2019une accusation diffamatoire et celui qui la diffuse ensuite : l\u2019article 255 du Code p\u00e9nal s\u2019applique \u00e0 l\u2019un comme \u00e0 l\u2019autre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019exemple de la publication r\u00e9cente sur le poste de contr\u00f4le frontalier illustre bien ce m\u00e9canisme, sans qu\u2019il soit besoin de s\u2019attarder sur son contenu pr\u00e9cis . Ce terme \u00e0 consonance p\u00e9nale, employ\u00e9 par un repr\u00e9sentant du peuple pour qualifier le comportement de policiers, suffit \u00e0 transformer une question parlementaire ou un acte politique parfaitement l\u00e9gitime, en accusation dont la reprise non v\u00e9rifi\u00e9e expose le m\u00e9dia qui la diffuse. Le choix des mots devient alors central. Reformuler une accusation au conditionnel, l\u2019attribuer explicitement \u00e0 son auteur, \u00e9viter les qualifications juridiques tranch\u00e9es. Par exemple, ces r\u00e9flexes, loin d\u2019\u00eatre de simples pr\u00e9cautions stylistiques qui constituent la seule protection dont dispose un journaliste face \u00e0 une parole qu\u2019il n\u2019a pas lui-m\u00eame v\u00e9rifi\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Un risque qui d\u00e9passe les r\u00e9dactions professionnelles<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce risque ne se limite d\u2019ailleurs pas aux m\u00e9dias. Daouda Mine le souligne implicitement en rappelant que la loi ne distingue pas selon le statut de celui qui diffuse. Il indique qu\u2019un citoyen ordinaire qui partage ou commente une publication accusatoire sur ses propres r\u00e9seaux s\u2019expose, en th\u00e9orie, aux m\u00eames cons\u00e9quences qu\u2019un m\u00e9dia qui la reprendrait dans un article. La viralit\u00e9 d\u2019un contenu, port\u00e9e par la notori\u00e9t\u00e9 de son auteur, ne dispense donc personne du devoir de prudence.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il faut savoir, en substance, que rappelle ce type de publication, au-del\u00e0 du cas particulier qui l\u2019a suscit\u00e9e, c\u2019est que le statut de l\u2019auteur ( \u00e9lu, activiste, personnalit\u00e9 publique) ne prot\u00e8ge jamais le m\u00e9dia qui le relaie sans discernement. La fonction parlementaire couvre la parole tenue dans l\u2019enceinte de l\u2019Assembl\u00e9e nationale ; elle ne couvre pas sa reprise \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. Le seul rempart, pour le journaliste comme pour le citoyen qui partage l\u2019information, reste la v\u00e9rification pr\u00e9alable. Et ce n\u2019est non par exc\u00e8s de prudence, mais parce que la loi elle-m\u00eame ne fait gu\u00e8re de diff\u00e9rence entre celui qui accuse et celui qui r\u00e9p\u00e8te l\u2019accusation sans la questionner.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">DAKARACTU<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Face \u00e0 la prolif\u00e9ration de l&rsquo;information en temps r\u00e9el sur les r\u00e9seaux sociaux, le journaliste perd son monopole de la<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":73922,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[21],"tags":[],"class_list":["post-75210","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-societe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/75210","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=75210"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/75210\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":75214,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/75210\/revisions\/75214"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/73922"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=75210"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=75210"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=75210"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}