{"id":72665,"date":"2026-05-24T08:03:43","date_gmt":"2026-05-24T08:03:43","guid":{"rendered":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=72665"},"modified":"2026-05-24T08:03:44","modified_gmt":"2026-05-24T08:03:44","slug":"limogeage-de-sonko-de-la-primature-un-seisme-institutionnel-ou-une-reconfiguration-calculee-du-pouvoir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=72665","title":{"rendered":"Limogeage de Sonko de la primature : Un s\u00e9isme institutionnel ou une reconfiguration calcul\u00e9e du pouvoir ?"},"content":{"rendered":"\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Par le d\u00e9cret n\u00b02026-1128 sign\u00e9 le vendredi 22 mai 2026, le pr\u00e9sident Bassirou Diomaye Faye a mis fin aux fonctions d&rsquo;Ousmane Sonko \u00e0 la t\u00eate du gouvernement. Un acte \u00e0 la port\u00e9e consid\u00e9rable. <\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En effet, il cl\u00f4t le tandem qui avait structur\u00e9 l&rsquo;alternance de 2024, ouvre une crise de gouvernance in\u00e9dite et recompose, en profondeur, l&rsquo;architecture du pouvoir s\u00e9n\u00e9galais. Retour sur les enjeux constitutionnels, politiques et strat\u00e9giques d&rsquo;un s\u00e9isme annonc\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La rupture : anatomie d&rsquo;un limogeage Le d\u00e9cret n\u00b02026-1128 du 22 mai 2026, lu en direct \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision nationale par le ministre secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la Pr\u00e9sidence, Oumar Samba Ba, a officialis\u00e9 ce que les observateurs pressentaient depuis plusieurs mois.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> Le pr\u00e9sident Bassirou Diomaye Faye a mis fin \u00ab aux fonctions de M. Ousmane Sonko, Premier ministre, et par cons\u00e9quent \u00e0 celles des ministres et secr\u00e9taires d&rsquo;\u00c9tat membres du gouvernement \u00bb. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le d\u00e9clencheur imm\u00e9diat est la s\u00e9ance des questions d&rsquo;actualit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale, quelques heures seulement avant le limogeage. Devant les d\u00e9put\u00e9s, Sonko n&rsquo;a pas masqu\u00e9 ses divergences avec la pr\u00e9sidence. \u00ab Je ne suis pas un Premier ministre qui ob\u00e9it aveugl\u00e9ment et qui acquiesce \u00e0 tout \u00bb, avait-il affirm\u00e9 publiquement, dans une d\u00e9claration lue comme une rupture ouverte de la solidarit\u00e9 gouvernementale. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour un chef de l&rsquo;\u00c9tat qui avait averti que sa confiance constituait la condition sine qua non du maintien de Sonko \u00e0 la Primature, la ligne rouge venait d&rsquo;\u00eatre franchie. Mais la rupture est bien ant\u00e9rieure \u00e0 ce jour fatidique. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Depuis l&rsquo;automne 2025, les tensions s&rsquo;accumulaient : Diomaye Faye avait progressivement \u00e9vinc\u00e9 plusieurs proches du PASTEF pour les remplacer par des profils issus de sa propre coalition, la \u00ab Coalition Diomaye Pr\u00e9sident \u00bb relanc\u00e9e en mars 2026. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En d\u00e9cembre 2025, Ousmane Sonko avait publiquement annonc\u00e9 sa candidature \u00e0 la pr\u00e9sidentielle de 2029, pla\u00e7ant les deux hommes en concurrence directe pour le leadership de l&rsquo;espace politique qu&rsquo;ils avaient construit ensemble. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La r\u00e9action de Sonko \u00e0 l&rsquo;annonce de son limogeage, publi\u00e9e sur sa page Facebook en quelques lignes : \u00ab Alhamdoulillah. Ce soir je dormirai le c\u0153ur l\u00e9ger \u00e0 la cit\u00e9 Keur Gorgui \u00bb, a autant surpris qu&rsquo;elle a parl\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> Ce soulagement affich\u00e9, cette l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 revendiqu\u00e9e, sont le signe que le chef du PASTEF vivait son passage \u00e0 la Primature sous une pression devenue insupportable et qu&rsquo;il consid\u00e8re ce d\u00e9part non comme une d\u00e9faite mais comme une lib\u00e9ration strat\u00e9gique. Le retour \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale, le labyrinthe constitutionnel et le cadre l\u00e9gal : entre incompatibilit\u00e9 et suspension <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La question d&rsquo;un retour d&rsquo;Ousmane Sonko \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale est, depuis l&rsquo;annonce de son limogeage, au c\u0153ur du d\u00e9bat juridique et politique. Elle met en lumi\u00e8re une tension r\u00e9elle entre plusieurs textes dont les interpr\u00e9tations divergent radicalement. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;article 54 de la Constitution de 2001 dispose que \u00ab la qualit\u00e9 de membre du Gouvernement est incompatible avec un mandat parlementaire \u00bb. Cette incompatibilit\u00e9 est r\u00e9affirm\u00e9e par l&rsquo;article 109 du R\u00e8glement int\u00e9rieur de l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale (2021), qui renvoie \u00e0 l&rsquo;article LO 155 du Code \u00e9lectoral. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Jusque-l\u00e0, la logique \u00e9tait univoque : nomm\u00e9 ministre, un d\u00e9put\u00e9 perdait son si\u00e8ge.Mais la loi n\u00b02023\/13 du 2 ao\u00fbt 2023 portant r\u00e9vision de la Constitution a substantiellement modifi\u00e9 ce dispositif. L&rsquo;article 54 r\u00e9vis\u00e9 pr\u00e9cise d\u00e9sormais que \u00ab le d\u00e9put\u00e9 nomm\u00e9 membre du gouvernement ne peut si\u00e9ger \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale pendant la dur\u00e9e de ses fonctions minist\u00e9rielles \u00bb. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le verbe est d\u00e9cisif : \u00ab ne peut si\u00e9ger \u00bb et non \u00ab perd son mandat \u00bb. Ceci, en r\u00e9alit\u00e9, ouvre la voie \u00e0 une lecture de la nomination minist\u00e9rielle non plus comme une d\u00e9mission d\u00e9finitive, mais comme une simple suspension temporaire du mandat parlementaire. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;article 124 du R\u00e8glement int\u00e9rieur de l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale va plus loin en d\u00e9taillant les modalit\u00e9s de cette logique : \u00ab le d\u00e9put\u00e9, nomm\u00e9 membre du Gouvernement, ne peut si\u00e9ger \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale pendant la dur\u00e9e de ses fonctions. Il est provisoirement pourvu \u00e0 son si\u00e8ge vacant par le suppl\u00e9ant de droit. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La suppl\u00e9ance cesse au plus un mois apr\u00e8s la fin des fonctions du membre du Gouvernement concern\u00e9, sauf en cas de renonciation \u00e9crite irr\u00e9vocable. Le d\u00e9put\u00e9 qui retrouve ainsi son si\u00e8ge est r\u00e9int\u00e9gr\u00e9 par le Bureau de l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> Le n\u0153ud : la \u00ab d\u00e9mission \u00bb de novembre 2024 Le probl\u00e8me est que lors de l&rsquo;installation de la nouvelle Assembl\u00e9e nationale en novembre 2024, Ousmane Sonko s&rsquo;est lui-m\u00eame pr\u00e9sent\u00e9 pour \u00ab d\u00e9poser sa d\u00e9mission \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> Cette d\u00e9marche a \u00e9t\u00e9 interpr\u00e9t\u00e9e diff\u00e9remment selon les camps. Pour les partisans de l&rsquo;impossibilit\u00e9 d&rsquo;un retour, cette d\u00e9marche constitue une renonciation volontaire et d\u00e9finitive au mandat de d\u00e9put\u00e9, qui s&rsquo;ajoute \u00e0 l&rsquo;incompatibilit\u00e9 constitutionnelle. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour les partisans du retour essentiellement dans le camp PASTEF, cette \u00ab d\u00e9mission \u00bb s&rsquo;analyse plut\u00f4t comme une formalit\u00e9 administrative de prise d&rsquo;acte de la suspension, et non comme une renonciation irr\u00e9vocable au sens de l&rsquo;article 124 du R\u00e8glement int\u00e9rieur. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En l&rsquo;absence de jurisprudence \u00e9tablie sur ce point pr\u00e9cis, la question rel\u00e8ve en d\u00e9finitive du Conseil constitutionnel. Si Sonko venait \u00e0 revendiquer son si\u00e8ge de d\u00e9put\u00e9 et si le Bureau de l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale refusait sa r\u00e9int\u00e9gration, un recours constitutionnel serait in\u00e9vitable. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La d\u00e9cision des Sages du Conseil constitutionnel ferait alors jurisprudence. El Malick Ndiaye, la pr\u00e9sidence de l&rsquo;Assembl\u00e9e et le sc\u00e9nario d&rsquo;une recomposition Si le retour de Sonko \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale \u00e9tait valid\u00e9, l&rsquo;horizon politique qui s&rsquo;ouvrirait serait d&rsquo;une tout autre dimension. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c9lu avec 134 voix sur 163 votants, El Malick Ndiaye occupe le perchoir de l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale depuis le 2 d\u00e9cembre 2024. Il \u00e9tait son ministre des Infrastructures avant d&rsquo;\u00eatre \u00e9lu d\u00e9put\u00e9 de Lingu\u00e8re et d&rsquo;acc\u00e9der \u00e0 la pr\u00e9sidence de l&rsquo;Assembl\u00e9e. La question qui s&rsquo;impose alors est celle de sa d\u00e9mission volontaire de la pr\u00e9sidence de l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans un sc\u00e9nario o\u00f9 le PASTEF et ses alli\u00e9s, disposant d&rsquo;une majorit\u00e9 confortable au Parlement, d\u00e9cident de porter Ousmane Sonko \u00e0 la t\u00eate de l&rsquo;institution l\u00e9gislative, une telle d\u00e9mission serait la premi\u00e8re \u00e9tape.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> Elle d\u00e9clencherait un vote interne \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e pour \u00e9lire un nouveau pr\u00e9sident, vote que la majorit\u00e9 PASTEF, avec ses 130 si\u00e8ges auxquels s&rsquo;ajoutent des groupes alli\u00e9s, ma\u00eetriserait ais\u00e9ment. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce sc\u00e9nario \u00ab Sonko pr\u00e9sident de l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale \u00bb repr\u00e9senterait une r\u00e9volution dans l&rsquo;\u00e9quilibre des pouvoirs. Il disposerait d&rsquo;un v\u00e9ritable contre-pouvoir institutionnel face \u00e0 la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique, d&rsquo;une tribune permanente pour incarner une opposition structur\u00e9e au gouvernement que Diomaye Faye s&rsquo;appr\u00eate \u00e0 former et d&rsquo;une l\u00e9gitimit\u00e9 constitutionnelle inattaquable pour pr\u00e9parer la pr\u00e9sidentielle de 2029. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment ce sc\u00e9nario que le chef de l&rsquo;\u00c9tat devra anticiper dans le choix de son prochain Premier ministre et dans la gestion de son rapport avec le PASTEF. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Reste une inconnue majeure : El Malick Ndiaye est-il pr\u00eat \u00e0 sacrifier le perchoir au profit de son mentor ? La question est loin d&rsquo;\u00eatre triviale. En sept mois de pr\u00e9sidence, il a entrepris des r\u00e9formes de modernisation de l&rsquo;institution avec introduction du vote \u00e9lectronique, la digitalisation de l&rsquo;administration, le rayonnement international et semble avoir trouv\u00e9 dans ce r\u00f4le un espace d&rsquo;autonomisation politique propre. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sa position lors de la crise au sein du PASTEF en mai 2026 est un silence calcul\u00e9, ni contre Sonko ni contre Diomaye mais sugg\u00e8re qu&rsquo;il cherche \u00e0 pr\u00e9server ses propres marges de man\u0153uvre. Crise institutionnelle : la majorit\u00e9 parlementaire contre le gouvernement<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> Le S\u00e9n\u00e9gal entre dans une configuration politique sans pr\u00e9c\u00e9dent dans son histoire post-ind\u00e9pendance. Un ex\u00e9cutif pr\u00e9sidentiel priv\u00e9 de sa majorit\u00e9 naturelle au Parlement, face \u00e0 une Assembl\u00e9e nationale domin\u00e9e par le parti du Premier ministre fra\u00eechement limog\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> Si le PASTEF avec ses 130 si\u00e8ges et ses alli\u00e9s, choisit la confrontation institutionnelle, Bassirou Diomaye Faye se retrouvera dans une situation de cohabitation hostile au sens fort du terme. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Concr\u00e8tement, cette majorit\u00e9 hostile dispose d&rsquo;instruments redoutables : le rejet de la d\u00e9claration de politique g\u00e9n\u00e9rale du futur Premier ministre, qui d\u00e9clencherait la d\u00e9mission obligatoire du gouvernement selon l&rsquo;article 86 de la Constitution ; le vote d&rsquo;une motion de censure sur le fondement de l&rsquo;article 85 ; le blocage syst\u00e9matique des projets de loi et du budget de l&rsquo;\u00c9tat et la cr\u00e9ation de commissions d&rsquo;enqu\u00eate parlementaire ciblant la gouvernance pr\u00e9sidentielle. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le premier gouvernement que Diomaye nommera apr\u00e8s le limogeage de Sonko sera un test d\u00e9cisif. S&rsquo;il choisit des profils ext\u00e9rieurs au PASTEF ou des personnalit\u00e9s de sa propre coalition sans consulter la direction du parti, la rupture sera consomm\u00e9e et la confrontation institutionnelle in\u00e9vitable. S&rsquo;il opte pour un compromis en int\u00e9grant des cadres du PASTEF tout en excluant le premier cercle de Sonko, il tente de diviser le parti et de pr\u00e9server une majorit\u00e9 gouvernementale fonctionnelle. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C&rsquo;est le pari le plus risqu\u00e9 mais aussi le plus habile politiquement.   <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;article 52 de la Constitution : gouverner par ordonnances <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Face au risque de blocage parlementaire, la Constitution offre au pr\u00e9sident de la R\u00e9publique un instrument de contournement puissant : l&rsquo;article 52. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Celui-ci dispose que \u00ab le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique peut, pour l&rsquo;ex\u00e9cution de son programme, demander \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale l&rsquo;autorisation de prendre par ordonnances, pendant un d\u00e9lai limit\u00e9, des mesures qui sont normalement du domaine de la loi \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> Cette habilitation l\u00e9gislative, une fois accord\u00e9e, permet au chef de l&rsquo;\u00c9tat de l\u00e9gif\u00e9rer par voie r\u00e9glementaire sans passer par le vote parlementaire. Mais l&rsquo;usage de l&rsquo;article 52 est doublement conditionn\u00e9. D&rsquo;une part, il requiert une autorisation pr\u00e9alable de l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale, ce qui suppose que la majorit\u00e9 parlementaire y consente, ce qui est loin d&rsquo;\u00eatre acquis si le PASTEF choisit l&rsquo;opposition frontale. D&rsquo;autre part, les ordonnances doivent \u00eatre ratifi\u00e9es ult\u00e9rieurement par le Parlement, faute de quoi elles tombent. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La voie la plus praticable pour Diomaye Faye serait d&rsquo;invoquer une lecture extensive de ses pr\u00e9rogatives constitutionnelles dans le cadre d&rsquo;une situation d&rsquo;urgence ou de n\u00e9cessit\u00e9 nationale.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> La Constitution conf\u00e8re en effet au pr\u00e9sident de solides pr\u00e9rogatives en mati\u00e8re de politique \u00e9trang\u00e8re, de d\u00e9fense et de s\u00e9curit\u00e9, domaines que l&rsquo;article 43 r\u00e9serve au domaine r\u00e9serv\u00e9 de l&rsquo;ex\u00e9cutif. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour le reste de la gouvernance \u00e9conomique et sociale, le c\u0153ur des politiques publiques, le blocage parlementaire repr\u00e9senterait un obstacle structurel difficile \u00e0 contourner sans d\u00e9clencher une crise constitutionnelle majeure.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le recours \u00e0 l&rsquo;article 52 dans un contexte de confrontation avec l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale d\u00e9clencherait probablement un recours devant le Conseil constitutionnel. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les Sages seraient ainsi plac\u00e9s au c\u0153ur d&rsquo;un conflit de pouvoirs dont ils ne sont pas institutionnellement pr\u00e9par\u00e9s \u00e0 \u00eatre les arbitres ultimes. Ce sc\u00e9nario repr\u00e9sente le niveau le plus \u00e9lev\u00e9 de la crise institutionnelle possible. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quel avenir politique pour Ousmane Sonko ? <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La pr\u00e9sidentielle de 2029 comme horizon strat\u00e9gique Lib\u00e9r\u00e9 de la solidarit\u00e9 gouvernementale, Ousmane Sonko entre dans une nouvelle phase de sa trajectoire politique. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sa d\u00e9claration de candidature \u00e0 la pr\u00e9sidentielle de 2029, faite publiquement en d\u00e9cembre 2025, n&rsquo;\u00e9tait pas un accident mais l&rsquo;annonce d&rsquo;une strat\u00e9gie de reconqu\u00eate. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le limogeage, s&rsquo;il est per\u00e7u comme une injustice par sa base \u00e9lectorale, peut se transformer en carburant pour une mobilisation populaire renouvel\u00e9e. Son espace politique est identifiable : capter la d\u00e9ception de l&rsquo;\u00e9lectorat populaire qui avait port\u00e9 le projet de rupture de 2024 et qui estimerait que le r\u00e9gime a d\u00e9vi\u00e9 de sa ligne fondatrice. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Son discours pourrait s&rsquo;articuler sur l&rsquo;id\u00e9e que le pouvoir, sous la pr\u00e9sidence de Diomaye Faye, s&rsquo;est \u00e9cart\u00e9 du projet initial port\u00e9 par le PASTEF, et que lui seul incarne la continuit\u00e9 authentique de ce projet. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cependant, la question de son \u00e9ligibilit\u00e9 reste centrale. Les condamnations judiciaires qui avaient motiv\u00e9 son exclusion de la pr\u00e9sidentielle de 2024 n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 effac\u00e9es. La r\u00e9forme du Code \u00e9lectoral notamment la modification des articles L.29 et L.30 adopt\u00e9e fin avril 2026 par l&rsquo;Assembl\u00e9e, visait pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 lever ce verrou. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais cette r\u00e9forme reste soumise \u00e0 un contr\u00f4le constitutionnel \u00e9ventuel et son application concr\u00e8te lors du parrainage pour 2029 n&rsquo;est pas garantie. L&rsquo;\u00e9ligibilit\u00e9 de Sonko demeure un champ de bataille juridique et politique qui structurera les prochaines ann\u00e9es. La bataille pour le contr\u00f4le du PASTEF L&rsquo;autre front d\u00e9cisif est interne au parti. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le premier congr\u00e8s national du PASTEF, annonc\u00e9 pour le 6 juin 2026 \u00e0 Dakar, sera le premier grand test de force depuis la rupture avec Diomaye Faye. La question du leadership et de l&rsquo;orientation strat\u00e9gique du parti y sera pos\u00e9e de mani\u00e8re frontale. Ousmane Sonko, en tant que figure tut\u00e9laire du PASTEF, dispose d&rsquo;un capital symbolique et d&rsquo;une loyaut\u00e9 militante que nul autre cadre ne peut lui disputer. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sa base reste massivement acquise \u00e0 sa cause. Mais Diomaye Faye n&rsquo;est pas sans ressources. En effet, en tant que pr\u00e9sident de la R\u00e9publique en exercice, il contr\u00f4le les leviers de l&rsquo;\u00c9tat et dispose d&rsquo;une l\u00e9gitimit\u00e9 \u00e9lectorale propre avec 54 % au premier tour en mars 2024. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il peut tenter de construire une faction pr\u00e9sidentielle au sein du PASTEF ou de le faire \u00e9clater en provoquant une scission. La question de l&rsquo;exclusion de Diomaye Faye du PASTEF ou de son d\u00e9part volontaire peut \u00eatre pos\u00e9e avec acuit\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un parti dont le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral est en guerre ouverte avec son propre pr\u00e9sident de la R\u00e9publique ne peut maintenir ind\u00e9finiment une coh\u00e9rence programmatique. La rupture pourrait se consommer lors du congr\u00e8s de juin, aboutissant soit \u00e0 l&rsquo;exclusion disciplinaire de Faye par la direction PASTEF domin\u00e9e par les fid\u00e8les de Sonko, soit \u00e0 la cr\u00e9ation par le pr\u00e9sident d&rsquo;un nouveau mouvement politique sur le mod\u00e8le de la \u00ab Coalition Diomaye Pr\u00e9sident \u00bb qui concurrencerait directement son ancien parti.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> L&rsquo;avenir politique de Bassirou Diomaye Faye : le pari risqu\u00e9 d&rsquo;une pr\u00e9sidence autonome En limogeant Sonko, Bassirou Diomaye Faye a accompli l&rsquo;acte le plus courageux et le plus risqu\u00e9 de son mandat. Il a d\u00e9montr\u00e9 que la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique est une institution r\u00e9elle, pas un avatar symbolique du leadership du PASTEF. Mais le prix \u00e0 payer pourrait \u00eatre consid\u00e9rable. La coalition qui lui a permis de gouverner depuis mars 2024 reposait sur une \u00e9quation: Ousmane Sonko apportait le parti et la ferveur populaire, Diomaye Faye apportait la l\u00e9gitimit\u00e9 pr\u00e9sidentielle. Sans Sonko, il doit reconstruire une majorit\u00e9 de gouvernement soit avec des dissidents PASTEF, soit avec des forces politiques nouvelles, soit une hypoth\u00e8se extr\u00eame avec une partie de l&rsquo;opposition traditionnelle. Chacune de ces options comporte des co\u00fbts politiques importants. Bassirou Diomaye Faye dispose d&rsquo;un atout constitutionnel sous-estim\u00e9. Il a la possibilit\u00e9 de dissoudre l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale si celle-ci adoptait une motion de censure contre son gouvernement (article 87 de la Constitution). Cette arme de la dissolution, \u00e0 double tranchant, contraindrait le PASTEF \u00e0 un calcul de risque car , de nouvelles \u00e9lections l\u00e9gislatives, dans un contexte de rupture Diomaye-Sonko, pourraient r\u00e9server des surprises. L&rsquo;\u00e9lectorat populaire, toujours volatile, n&rsquo;a pas encore r\u00e9v\u00e9l\u00e9 ses pr\u00e9f\u00e9rences dans ce nouveau contexte. Il faut noter que le limogeage de Sonko n&rsquo;est pas seulement la fin d&rsquo;un tandem. Mais le d\u00e9but d&rsquo;une comp\u00e9tition pour d\u00e9finir qui, de Diomaye ou de Sonko, incarne v\u00e9ritablement le projet pour lequel des millions de S\u00e9n\u00e9galais ont vot\u00e9 en 2024. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">SOURCE DAKARACTU<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par le d\u00e9cret n\u00b02026-1128 sign\u00e9 le vendredi 22 mai 2026, le pr\u00e9sident Bassirou Diomaye Faye a mis fin aux fonctions<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":63851,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1,6],"tags":[],"class_list":["post-72665","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-politique","category-politics"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/72665","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=72665"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/72665\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":72666,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/72665\/revisions\/72666"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/63851"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=72665"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=72665"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=72665"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}