{"id":72390,"date":"2026-05-19T12:08:17","date_gmt":"2026-05-19T12:08:17","guid":{"rendered":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=72390"},"modified":"2026-05-19T12:08:35","modified_gmt":"2026-05-19T12:08:35","slug":"chronique-de-limproviste-du-club-de-reflexion-au-bouclier-humain-par-henriette-niang-kande","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=72390","title":{"rendered":"Chronique de l\u2019improviste Du club de r\u00e9flexion au bouclier humain Par Henriette Niang Kand\u00e9"},"content":{"rendered":"\n<p>De L\u00e9opold Senghor \u00e0 Diomaye Faye, l\u2019histoire politique s\u00e9n\u00e9galaise peut se lire \u00e0 travers les mots choisis pour d\u00e9signer les structures d\u2019appui au pouvoir et les militants. Ce texte propose une travers\u00e9e des diff\u00e9rents soutiens des pr\u00e9sidents s\u00e9n\u00e9galais \u00e0 travers l\u2019\u00e9volution du vocabulaire militant et des imaginaires politiques.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La R\u00e9publique des professeurs<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Sous Senghor, on cr\u00e9ait des clubs de r\u00e9flexion. Rien que l\u2019expression m\u00e9riterait aujourd\u2019hui une inscription au patrimoine linguistique national. Le mot \u00ab club \u00bb venait d\u2019un univers presque aristocratique. Le Club \u00ab Nation et D\u00e9veloppement \u00bb par exemple, avait \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 selon les sources, en mars 1969, suite aux secousses politiques et sociales li\u00e9es aux \u00e9v\u00e9nements de Mai 1968.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Club regroupait surtout des technocrates, des hauts fonctionnaires, universitaires, des intellectuels et sachants proches du pouvoir. Il avait pour objectif de r\u00e9fl\u00e9chir aux questions de souverainet\u00e9 nationale, de d\u00e9veloppement \u00e9conomique et de r\u00e9forme de l\u2019\u00c9tat s\u00e9n\u00e9galais. Plusieurs historiens le pr\u00e9sentent comme une \u00ab soupape d\u2019ouverture \u00bb mise en place par le r\u00e9gime senghorien apr\u00e8s la crise de 1968<\/p>\n\n\n\n<p>Un club \u00e9voque les salons litt\u00e9raires, les cercles d\u2019intellectuels, les soci\u00e9t\u00e9s o\u00f9 l\u2019on \u00e9change des id\u00e9es avec gravit\u00e9, souvent, il faut le dire, avec pr\u00e9tention, souvent avec des citations interminables. Quant \u00e0 la \u00ab r\u00e9flexion \u00bb, elle suppose l\u2019exercice de la pens\u00e9e, la distance critique, la m\u00e9ditation presque philosophique. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, le militant s\u00e9n\u00e9galais avait l\u2019allure d\u2019un \u00e9tudiant en sciences humaines qui h\u00e9sitait entre un colloque sur la n\u00e9gritude et une conf\u00e9rence sur la civilisation de l\u2019universel. On ne soutenait pas encore le pouvoir comme on pousse aujourd\u2019hui un camion embourb\u00e9. On r\u00e9fl\u00e9chissait avec lui. La politique se voulait c\u00e9r\u00e9brale. Le S\u00e9n\u00e9gal donnait alors l\u2019impression d\u2019\u00eatre gouvern\u00e9 par une acad\u00e9mie de professeurs l\u00e9g\u00e8rement solennels.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce club de r\u00e9flexion comme dans bien d\u2019autres cercles, on d\u00e9battait avec des mots lourds de sens et parfois encore plus lourds d\u2019ennui. On analysait la Nation, la Culture, l\u2019Identit\u00e9, la Modernit\u00e9, le Socialisme africain. La R\u00e9publique sentait la biblioth\u00e8que, et les discours de congr\u00e8s \u00e9taient soigneusement tap\u00e9s \u00e0 la machine.<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00eame les oppositions avaient alors l\u2019\u00e9l\u00e9gance syntaxique des dissertations universitaires. Au S\u00e9n\u00e9gal des ann\u00e9es Senghor, un adversaire politique ne \u00ab&nbsp;surgit pas un certain jour, comme un diable sort de sa bo\u00eete&nbsp;\u00bb. Il r\u00e9digeait des tribunes longues publi\u00e9s dans des journaux (clandestins), mais r\u00e9pondait au pouvoir avec des r\u00e9f\u00e9rences historiques, des citations savantes, des r\u00e9f\u00e9rences et des concepts aussi complexes que ceux du pouvoir qu\u2019il combattait.<\/p>\n\n\n\n<p>Cheikh Anta Diop pol\u00e9miquait avec L\u00e9opold S\u00e9dar Senghor sur la n\u00e9gritude, l\u2019histoire africaine ou le socialisme avec une densit\u00e9 intellectuelle qui donnait aux querelles politiques des allures de soutenance universitaire. Le S\u00e9n\u00e9gal offrait alors ce spectacle rare d\u2019un pouvoir et d\u2019une opposition se combattant \u00e0 coups de concepts, de th\u00e9ories et de manifestes id\u00e9ologiques. Le militant n\u2019\u00e9tait pas encore un gladiateur \u00e9lectoral.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019\u00e2ge des fid\u00e9lit\u00e9s<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Puis vint Abdou Diouf, et avec lui l\u2019\u00e8re des \u00ab mouvements de soutien \u00bb. Ici, le glissement lexical devient fascinant. Le mot \u00ab mouvement \u00bb d\u00e9signe une dynamique collective, une action coordonn\u00e9e, un d\u00e9placement vers un objectif. Mais au S\u00e9n\u00e9gal politique de ces temps-l\u00e0, le mouvement a fini souvent immobile, install\u00e9 sous une tente avec des chaises en plastique et un ma\u00eetre de c\u00e9r\u00e9monie dithyrambique. Quant au mot \u00ab soutien \u00bb, il m\u00e9rite aussi une \u00e9tude anthropologique. Soutenir, c\u2019est porter, emp\u00eacher une chute, maintenir debout une structure fragilis\u00e9e. Le militant dioufiste devient alors une b\u00e9quille institutionnelle. Avec Abdou Diouf, toute une g\u00e9n\u00e9ration de responsables politiques se transforma en orthop\u00e9distes \u00e9lectoraux.<\/p>\n\n\n\n<p>On ne cr\u00e9ait plus des espaces de pens\u00e9e mais des structures d\u2019adh\u00e9sion. Le pays entra progressivement dans l\u2019\u00e2ge du militantisme musculaire mais encore poli. Chaque notable fondait son mouvement. &nbsp;Il y avait des soutiens spontan\u00e9s, des soutiens r\u00e9affirm\u00e9s, des soutiens renouvel\u00e9s, des soutiens exceptionnels et m\u00eame des soutiens dits \u00ab sans faille \u00bb, transformant d\u00e8s lors la politique s\u00e9n\u00e9galaise en un concours national de ma\u00e7onnerie morale.<\/p>\n\n\n\n<p>Le plus remarquable est que le vocabulaire demeurait encore relativement pacifique. Le soutien n\u2019attaque pas ou tr\u00e8s rarement. Il applaudit. Il accompagne. Il rassure le soutenu. Le militant \u00e9tait une sorte de mobilier humain destin\u00e9 \u00e0 remplir les salles et les cort\u00e8ges. On le convoquait pour acclamer, danser, brandir des pancartes et surtout produire ce bruit si particulier des foules politiques, m\u00e9lange de slogans, de tam-tams et de promesses administratives.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le militant-soldat<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Plus tard, survint Abdoulaye Wade, et avec lui l\u2019irruption spectaculaire des \u00ab calots bleus \u00bb. L\u00e0, la R\u00e9publique quitta la biblioth\u00e8que pour entrer dans l\u2019action. Le \u00ab calot \u00bb est d\u2019abord un couvre-chef militaire, souvent port\u00e9 dans les casernes. Ce n\u2019est d\u00e9j\u00e0 plus le vocabulaire de la dissertation. C\u2019est celui de l\u2019ordre, de la discipline et de la troupe. En y ajoutant le mot \u00ab bleu \u00bb, couleur associ\u00e9e avec le jaune \u00e0 l\u2019identit\u00e9 du Parti d\u00e9mocratique s\u00e9n\u00e9galais.<\/p>\n\n\n\n<p>Le militant cesse alors d\u2019\u00eatre un simple partisan. Il devient un \u00e9l\u00e9ment de s\u00e9curit\u00e9 politique. Une unit\u00e9 de terrain. Une pr\u00e9sence dissuasive. Avec les \u00ab calots bleus \u00bb, le S\u00e9n\u00e9gal d\u00e9couvre que le militantisme peut porter des allures paramilitaires sans jamais devenir officiellement militaire. Le pays invente une sorte de folklore s\u00e9curitaire o\u00f9 les partisans ressemblent \u00e0 des figurants de film r\u00e9volutionnaire tourn\u00e9 avec un budget insuffisant.<\/p>\n\n\n\n<p>Et comme toujours dans la trag\u00e9die politique s\u00e9n\u00e9galaise, les mots finissent par r\u00e9v\u00e9ler des v\u00e9rit\u00e9s involontaires. Plusieurs anciens \u00ab calots bleus \u00bb finirent par r\u00e9clamer reconnaissance et r\u00e9compense. Car dans toutes les arm\u00e9es politiques, les fantassins d\u00e9couvrent un jour qu\u2019ils ont combattu pour une victoire dont les g\u00e9n\u00e9raux d\u00e9gustent seuls les privil\u00e8ges.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La brutalisation du militantisme<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Sous Macky Sall, le vocabulaire politique franchit une nouvelle \u00e9tape dans l\u2019exag\u00e9ration \u00e9pique. Voici venir les \u00ab Marrons du feu \u00bb. L\u2019expression est splendide tant elle est involontairement honn\u00eate. Dans la langue fran\u00e7aise, \u00ab tirer les marrons du feu \u00bb signifie accomplir une t\u00e2che dangereuse au profit d\u2019autrui. L\u2019image vient d\u2019une vieille fable o\u00f9 un singe utilise la patte d\u2019un chat pour retirer des marrons br\u00fblants des braises. Le chat se br\u00fble pendant que le singe mange les fruits.<\/p>\n\n\n\n<p>Il fallait une audace linguistique consid\u00e9rable pour baptiser ainsi des militants politiques. Car tout \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 dit dans le mot lui-m\u00eame. Le marron du feu est celui qui s\u2019expose. Celui qui prend les risques. Celui qui br\u00fble ou se br\u00fble pour qu\u2019un autre r\u00e9colte les b\u00e9n\u00e9fices. Ces groupes charg\u00e9s de d\u00e9fendre le r\u00e9gime furent souvent per\u00e7us comme des nervis ou des gros bras. Le militant s\u00e9n\u00e9galais devient alors une mati\u00e8re inflammable. Il absorbe, avec les gaz lacrymog\u00e8nes, les insultes, les tensions, et les affrontements. &nbsp;Et comme dans toutes les grandes pi\u00e8ces politiques nationales, les \u00ab Marrons du feu \u00bb finirent eux aussi devant les grilles du pouvoir pour r\u00e9clamer emplois et reconnaissance.<\/p>\n\n\n\n<p>La R\u00e9publique s\u00e9n\u00e9galaise poss\u00e8de cette ironie permanente o\u00f9 les soldats \u00e9lectoraux d\u00e9couvrent apr\u00e8s la victoire qu\u2019ils ne figuraient pas sur la liste des b\u00e9n\u00e9ficiaires du festin. Dans le champ politique, l\u2019expression peut \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e comme la mobilisation de militants ou de soutiens envoy\u00e9s au front pour d\u00e9fendre un pouvoir, attaquer des adversaires ou mener des combats parfois p\u00e9rilleux. Les \u00ab marrons \u00bb deviennent les ex\u00e9cutants d\u2019une strat\u00e9gie pens\u00e9e ailleurs, expos\u00e9s aux critiques, aux tensions ou aux cons\u00e9quences des affrontements politiques. L\u2019expression porte la double id\u00e9e du courage militant, mais aussi celle d\u2019une instrumentalisation possible des partisans par les centres de d\u00e9cision.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La politique sous tension<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les ann\u00e9es 2021-2024, sont une p\u00e9riode \u00e9lectrique, tendue, volcanique m\u00eame. Et le vocabulaire suivit imm\u00e9diatement l\u2019atmosph\u00e8re. On a entendu des appellations dans l\u2019espace public et sur les r\u00e9seaux sociaux, comme \u00ab soldats du Projet \u00bb, \u00ab forces sp\u00e9ciales du Projet \u00bb, mais le mot qui s\u2019est le plus impos\u00e9 dans le langage populaire et m\u00e9diatique reste bien celui de \u00ab Commandos \u00bb. Voici donc les \u00ab Commandos \u00bb. Cette fois, la prudence s\u00e9mantique dispara\u00eet. Le commando appartient clairement au champ lexical militaire. Il d\u00e9signe une unit\u00e9 sp\u00e9ciale charg\u00e9e d\u2019interventions rapides, souvent offensives, mais surtout clandestines. Le militant politique s\u00e9n\u00e9galais cesse alors d\u2019\u00eatre un soutien, un protecteur ou un ex\u00e9cutant. Il devient un combattant symbolique.<\/p>\n\n\n\n<p>Le mot refl\u00e8te parfaitement l\u2019\u00e9poque. La politique ressemblait alors \u00e0 une succession de confrontations permanentes, de mobilisations \u00e9clairs et de d\u00e9monstrations de force. Le vocabulaire lui-m\u00eame semblait contamin\u00e9 par l\u2019id\u00e9e d\u2019assaut. Le S\u00e9n\u00e9gal donnait \u00e0 ce moment-l\u00e0, l\u2019impression \u00e9trange d\u2019\u00eatre gouvern\u00e9 par des sc\u00e9naristes de s\u00e9ries s\u00e9curitaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Le plus fascinant est cette coh\u00e9rence historique entre les mots et les climats politiques. Les clubs de r\u00e9flexion correspondaient \u00e0 une R\u00e9publique intellectuelle en qu\u00eate de doctrine. Les mouvements de soutien accompagnaient une d\u00e9mocratie de fid\u00e9lit\u00e9s et de r\u00e9seaux. Les calots bleus traduisaient la culture de l\u2019opposition combative sous Wade. Les Marrons du feu r\u00e9v\u00e9laient la brutalisation du d\u00e9bat politique sous Macky Sall. Les Commandos naissaient dans un contexte de tension extr\u00eame o\u00f9 chaque camp se percevait comme assi\u00e9g\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Et voici maintenant les \u00ab Boucliers de Diomaye \u00bb. Le mot m\u00e9rite lui aussi une petite autopsie linguistique. Le bouclier est un instrument d\u00e9fensif. Depuis l\u2019Antiquit\u00e9, il sert \u00e0 prot\u00e9ger le guerrier contre les projectiles et les coups. Contrairement au glaive, il n\u2019attaque pas. Il absorbe. Il amortit. Il encaisse.<\/p>\n\n\n\n<p>Toute la psychologie du nouveau pouvoir semble contenue dans cette appellation. Le r\u00e9gime actuel sait qu\u2019il \u00e9volue dans un environnement de critiques incessantes, d\u2019attentes sociales immenses et de surveillance permanente des r\u00e9seaux sociaux. Le militant n\u2019est donc plus pr\u00e9sent\u00e9 comme un conqu\u00e9rant. Il devient un rempart humain, un pare-chocs politique, une protection symbolique destin\u00e9e \u00e0 absorber les attaques m\u00e9diatiques et les frustrations populaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Le plus dr\u00f4le dans cette histoire reste l\u2019\u00e9volution g\u00e9n\u00e9rale du militant s\u00e9n\u00e9galais \u00e0 travers les d\u00e9cennies. Sous Senghor, il pensait. Sous Diouf, il soutenait. Sous Wade, il s\u00e9curisait. Sous Macky, il br\u00fblait. Pendant les ann\u00e9es de tension, il intervenait. Sous Diomaye, il prot\u00e8ge.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La R\u00e9publique des m\u00e9taphores politiques<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 ce rythme, la prochaine \u00e9tape sera probablement biom\u00e9canique. Apr\u00e8s les boucliers surgiront peut-\u00eatre les \u00ab Casques patriotiques \u00bb, les \u00ab Airbags de la souverainet\u00e9 \u00bb, les \u00ab Gilets anti-critiques \u00bb, les \u00ab Paratonnerres du projet \u00bb ou les \u00ab Essuie-glaces de la gouvernance sobre \u00bb. Car le S\u00e9n\u00e9gal poss\u00e8de un talent inimitable pour transformer la politique en champ lexical permanent.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans d\u2019autres d\u00e9mocraties, les mouvements politiques portent des noms techniques et froids. Chez nous, ils ressemblent \u00e0 des titres de films d\u2019aventure ou \u00e0 des accessoires de guerre. Chaque r\u00e9gime produit son imaginaire, ses troupes, ses objets symboliques et sa petite mythologie.<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant que les appellations changent avec une cr\u00e9ativit\u00e9 d\u00e9bordante, le militant, lui, reste le m\u00eame personnage tragique et comique \u00e0 la fois. Il transpire sous le soleil des meetings, colle les affiches, porte des tee-shirts, d\u00e9fend son leader dans les d\u00e9bats de quartier, re\u00e7oit parfois des coups et attend toujours que la R\u00e9publique se souvienne de lui autrement que pendant les campagnes \u00e9lectorales. Mais derri\u00e8re l\u2019engagement partisan, il faut pr\u00e9ciser qu\u2019il y a aussi un citoyen qui soutient, milite et vote dans l\u2019espoir tr\u00e8s concret d\u2019am\u00e9liorer sa propre existence, celle de sa famille et les conditions de vie collectives.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais g\u00e9n\u00e9ralement, derri\u00e8re les clubs, les soutiens, les calots, les marrons, les commandos ou les boucliers, il existe surtout cette vieille figure s\u00e9n\u00e9galaise du fid\u00e8le anonyme qui d\u00e9couvre souvent, apr\u00e8s les tambours, les slogans et les promesses, qu\u2019en politique le premier bouclier sacrifi\u00e9 est presque toujours celui qui croyait prot\u00e9ger le pouvoir<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De L\u00e9opold Senghor \u00e0 Diomaye Faye, l\u2019histoire politique s\u00e9n\u00e9galaise peut se lire \u00e0 travers les mots choisis pour d\u00e9signer les<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":72391,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[],"class_list":["post-72390","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-politics"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/72390","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=72390"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/72390\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":72392,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/72390\/revisions\/72392"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/72391"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=72390"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=72390"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=72390"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}