{"id":71545,"date":"2026-04-28T11:57:02","date_gmt":"2026-04-28T11:57:02","guid":{"rendered":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=71545"},"modified":"2026-04-28T11:57:03","modified_gmt":"2026-04-28T11:57:03","slug":"en-plein-choc-energetique-une-conference-internationale-en-colombie-pour-sortir-des-fossiles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=71545","title":{"rendered":"En plein choc \u00e9nerg\u00e9tique, une conf\u00e9rence internationale en Colombie pour sortir des fossiles"},"content":{"rendered":"\n<p>Devant l&rsquo;impuissance des conf\u00e9rences climat de l&rsquo;ONU \u00e0 permettre aux soci\u00e9t\u00e9s de s&rsquo;\u00e9manciper du p\u00e9trole, la Colombie r\u00e9unit, du 24 au 29 avril \u00e0 Santa Marta, plus d&rsquo;une cinquantaine de pays favorables \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer la d\u00e9carbonation de nos \u00e9conomies. La guerre au Moyen-Orient double l&rsquo;urgence climatique d&rsquo;une urgence de s\u00e9curit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique pour les \u00c9tats. Et donne \u00e0 cette conf\u00e9rence toute son acuit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Par :G\u00e9raud Bosman &#8211; Delzons<\/p>\n\n\n\n<p>\u25ba&nbsp;<strong>Qui participe&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Co-pr\u00e9sid\u00e9e par les Pays-Bas, cette premi\u00e8re conf\u00e9rence pour la sortie des \u00e9nergies fossiles se tient du 24 au 29 avril dans la plus vieille ville de\u00a0<strong>Colombie<\/strong>, Santa Marta, sur la c\u00f4te carib\u00e9enne. Tr\u00e8s vocale dans l&rsquo;enceinte des COP, la Colombie est l&rsquo;un des pays les plus ambitieux sur le plan climatique et environnemental, m\u00eame si le bilan est\u00a0<strong>contrast\u00e9 sur le plan int\u00e9rieur<\/strong>. C&rsquo;est aussi\u00a0<strong>le plus mortel<\/strong>\u00a0pour les d\u00e9fenseurs des droits de l&rsquo;environnement.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;annonce de cette conf\u00e9rence\u00a0<strong>a \u00e9t\u00e9 faite lors de la COP30<\/strong>\u00a0sur le climat, \u00e0 Bel\u00e9m (Br\u00e9sil), en novembre 2025, apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9chec des pays \u00e0\u00a0<strong>s&rsquo;entendre sur une feuille de route officielle<\/strong>\u00a0pour se passer des \u00e9nergies responsables du r\u00e9chauffement climatique. Les initiateurs misent sur la souplesse de ce format informel et sur la motivation des participants pour avancer.<\/p>\n\n\n\n<p>La \u00ab&nbsp;coalition des&nbsp;acteurs engag\u00e9s&nbsp;\u00bb ou des \u00ab&nbsp;volontaires&nbsp;\u00bb&nbsp;rassemblera environ 55 d\u00e9l\u00e9gations \u00e0 Santa Marta. Un nombre et une repr\u00e9sentativit\u00e9 \u00ab&nbsp;significatifs&nbsp;\u00bb aux yeux des analystes&nbsp;: provenance g\u00e9ographique diverse, des pays producteurs et importateurs, des pays riches et des pauvres.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Sud global sera bien repr\u00e9sent\u00e9 avec huit pays africains (Angola, Cameroun, Ghana, Maldives, \u00eele Maurice, Nigeria, S\u00e9n\u00e9gal, Tanzanie), le Bangladesh, le Vietnam, le Chili ou encore le Panama. L&rsquo;UE des Vingt-Sept, et la France, l&rsquo;Allemagne, l&rsquo;Espagne ou encore l&rsquo;Autriche enverront un repr\u00e9sentant. Le niveau de repr\u00e9sentation devrait \u00eatre peu \u00e9lev\u00e9\u00a0: essentiellement des n\u00e9gociateurs techniques, des envoy\u00e9s sp\u00e9ciaux \u2013\u00a0la France envoie\u00a0<strong>son ambassadeur climat<\/strong>\u00a0\u2013 et au mieux des ministres lors du segment de haut-niveau des deux derniers jours.<\/p>\n\n\n\n<p>Plusieurs \u00eeles du Pacifique \u2013 comme le Vanuatu, \u00e0 l&rsquo;origine de\u00a0<strong>l&rsquo;avis consultatif rendu par la Cour de justice internationale<\/strong>\u00a0\u2013 et des voisines cara\u00efb\u00e9ennes \u2013\u00a0dont la Jama\u00efque, r\u00e9cemment d\u00e9vast\u00e9e par un ouragan\u00a0\u2013, seront au rendez-vous.<\/p>\n\n\n\n<p>Les invit\u00e9s les plus scrut\u00e9s seront plusieurs poids lourds du secteur p\u00e9trolier qui&nbsp;sont annonc\u00e9s et dont les politiques \u00e9nerg\u00e9tiques restent pour le moins ambivalentes&nbsp;: Australie, Canada, Norv\u00e8ge \u2013&nbsp;Br\u00e9sil, Mexique et Nigeria pour les \u00e9mergents. Quels messages enverront-ils&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Quant aux g\u00e9ants mondiaux des hydrocarbures,&nbsp;\u00c9tats-Unis, Arabie saoudite, Russie, eux seront absents. Idem pour la Chine et l&rsquo;Inde, \u00e0 la fois tr\u00e8s \u00e9mettrices de gaz \u00e0 effet de serre et \u00e0 la pointe du d\u00e9ploiement des \u00e9nergies d\u00e9carbon\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Au vu de leur capacit\u00e9 \u00e0 miner la plupart des n\u00e9gociations multilat\u00e9rales, ces absences \u00e9taient souhait\u00e9es, assume dans une interview \u00e0 RFI, la ministre colombienne de l&rsquo;Environnement, Irene V\u00e9lez Torres, cheville ouvri\u00e8re de cet \u00e9v\u00e9nement\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Nous ne nous attendions pas \u00e0 ce que ceux qui sont sceptiques sur un programme de transition juste participent. Nous ne voulons pas non plus avoir ici ceux qui s&rsquo;opposent \u00e0 cette discussion men\u00e9e dans le cadre multilat\u00e9ral. Nous avons invit\u00e9 les pays qui ont pris conscience de l&rsquo;importance et de l&rsquo;urgence de la situation d&rsquo;\u00e9liminer les combustibles fossiles, de le faire de mani\u00e8re ordonn\u00e9e, juste, mais aussi urgente. Et avec cela, nous avons aussi, d&rsquo;une certaine mani\u00e8re, \u00e9cart\u00e9 les climato-sceptiques, les boycotteurs et les\u00a0<\/em><strong><em>lobbyistes p\u00e9troliers<\/em><\/strong><em>\u00a0pour avoir une conversation plus honn\u00eate sur les d\u00e9fis \u00e0 relever, sur les opportunit\u00e9s, les attentes et les limites de chacun des pays.<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Voulue comme un espace de concertation et de partage et un moment d&rsquo;impulsion, la conf\u00e9rence colombienne pourrait prendre un effet boule de neige pour entra\u00eener les r\u00e9ticents, sugg\u00e8re Katerine Pertersen, du cercle de r\u00e9flexion E3G&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>La Chine n&rsquo;a pas forc\u00e9ment envie de rester bien longtemps sur la touche de ce sujet et laisser les autres pays d\u00e9finir les termes de la transition, comment et \u00e0 quel rythme elle doit se faire. Elle voudra jouer son r\u00f4le. Donc l&rsquo;objectif est d&rsquo;envoyer le signal qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une table autour de laquelle il est strat\u00e9gique de s&rsquo;assoir.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u25ba Quels sont les objectifs<\/strong>&nbsp;<strong>?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La conf\u00e9rence a pour but de d\u00e9terminer les solutions concr\u00e8tes pour r\u00e9aliser la transition \u00e9nerg\u00e9tique \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle globale \u00ab\u00a0<em>de mani\u00e8re juste<\/em>\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0<em>ordonn\u00e9e<\/em>\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0<em>\u00e9quitable<\/em>\u00a0\u00bb. Tels sont les termes de la d\u00e9claration adopt\u00e9e par consensus en 2023, lors de la COP28 \u00e0 Duba\u00ef. Ce moment devait marquer\u00a0<strong>\u00ab<\/strong>\u00a0<em><strong>le d\u00e9but de la fin des \u00e9nergies fossiles<\/strong><\/em>\u00a0<strong>\u00bb<\/strong>. Mais les mots tardaient \u00e0 se traduire en actes.<\/p>\n\n\n\n<p>La conf\u00e9rence d\u00e9marre par la r\u00e9union, les 25 et 26 avril, d&rsquo;un panel de scientifiques sous la houlette du Su\u00e9dois Johan Rockstr\u00f6m et du Br\u00e9silien Carlos Nobre. Sa mission sera de \u00ab&nbsp;<em>fournir des informations scientifiques aux pays et aux r\u00e9gions qui d\u00e9cident de supprimer les combustibles fossiles<\/em>&nbsp;\u00bb, explique la ministre V\u00e9lez Torres.<em>&nbsp;<\/em>\u00ab&nbsp;<em>Ce nouveau groupe scientifique pourra \u00eatre un partenaire pour tout pays qui s&rsquo;engagera \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer sa sortie progressive des \u00e9nergies fossiles<\/em>&nbsp;\u00bb, compl\u00e8te Johan Rockstr\u00f6m au micro de RFI.<\/p>\n\n\n\n<p>Un rapport pr\u00e9liminaire, pr\u00e9par\u00e9 par un groupe de 24 experts dans la foul\u00e9e de la COP30, a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 aux gouvernements afin de les \u00e9clairer sur des leviers d&rsquo;actions possibles.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon le site d&rsquo;informations Carbon Brief, il s&rsquo;agit d&rsquo;une liste de 12 pistes d&rsquo;actions et de recommandations, au ton \u00ab\u00a0<em>prescriptif<\/em>\u00a0\u00bb \u00e0 la demande du gouvernement colombien\u00a0: l&rsquo;arr\u00eat de tout nouveau projet d&rsquo;exploitation, la fin des\u00a0<strong>subventions aux \u00e9nergies fossiles<\/strong>, ne pas consid\u00e9rer\u00a0<strong>le gaz comme une \u00e9nergie de transition<\/strong>\u00a0pas plus que les technologies de captage et stockage de carbone comme des m\u00e9thodes de compensation duplicables \u00e0 grande \u00e9chelle, ou encore un cadre juridique pour interdire la publicit\u00e9 pour les acteurs du secteur.<\/p>\n\n\n\n<p>La Colombie devrait profiter de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement pour montrer l&rsquo;exemple et lancer sa propre feuille de route nationale de sortie des fossiles. La ministre Irene V\u00e9lez Torres met en avant le volontarisme anti-fossile de son pays\u00a0: \u00ab\u00a0<strong><em>La Colombie a d\u00e9cid\u00e9<\/em><\/strong><em>\u00a0(\u2026), il y a trois ans, de ne plus accorder de nouveaux contrats d&rsquo;hydrocarbures (\u2026).\u00a0Cela signifie d\u00e9sormais que nous devons rapidement remplacer l&rsquo;\u00e9conomie extractive par une \u00e9conomie productive fond\u00e9e sur d&rsquo;autres cha\u00eenes de valeur.<\/em>\u00a0\u00bb La d\u00e9cision fut lourde pour l&rsquo;\u00c9tat, qui a vu sa note abaiss\u00e9e par les agences de notation financi\u00e8re.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>La docteure en g\u00e9ographie politique ne cache pas l&rsquo;ampleur des d\u00e9fis&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;<em>Il reste \u00e0 r\u00e9gler l&rsquo;ensemble de notre \u00e9conomie fiscale qui continue de d\u00e9pendre des exportations de charbon&nbsp;<\/em>[quatri\u00e8me exportateur mondial]<em>&nbsp;et de p\u00e9trole. Nous avons pris une d\u00e9cision cruciale consistant \u00e0 supprimer la subvention sur l&rsquo;essence. Des d\u00e9cisions parfois difficiles mais n\u00e9cessaires car elles sont responsables sur le plan environnemental et climatique.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;ancienne ministre des Mines et de l&rsquo;\u00c9nergie se dit \u00e9galement \u00ab&nbsp;<em>tr\u00e8s pr\u00e9occup\u00e9e par la question de la fermeture des sites d&rsquo;extraction. Les entreprises \u2013<\/em>&nbsp;<em>nous l&rsquo;avons clairement vu avec le charbon<\/em>&nbsp;<em>\u2013 laissent une empreinte \u00e9cologique, sociale et sanitaire. Qui va r\u00e9parer cela<\/em>&nbsp;<em>?&nbsp;Toute cette charge \u00e9conomique que repr\u00e9sentent la prise en charge de la population malade, la r\u00e9paration des dommages environnementaux et la restauration de ces \u00e9cosyst\u00e8mes, incombe essentiellement \u00e0 un pays qui ne dispose pas des ressources \u00e9conomiques n\u00e9cessaires pour faire face \u00e0 ces fermetures.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Les organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile, dont plusieurs centaines participeront aux discussions, insistent sur le financement de cette transition, serpent de mer qui ne cesse de s&rsquo;allonger au fil des COP, g\u00e9n\u00e9rant la frustration et la d\u00e9fiance du Sud.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>On ne pourra pas sortir des \u00e9nergies fossiles sans s&rsquo;attaquer \u00e0 la question centrale<\/em>&nbsp;<em>: qui paie la transition<\/em>&nbsp;<em>?<\/em>, demande Ryad Selmani, sp\u00e9cialiste de la fiscalit\u00e9 climatique au CCFD-Terre solidaire.&nbsp;<em>Aujourd&rsquo;hui, les multinationales, y compris les g\u00e9ants du secteur fossile, continuent de r\u00e9aliser des profits colossaux (&#8230;). Les faire contribuer n&rsquo;est plus un choix : c&rsquo;est une urgence politique.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Selma Huart, d&rsquo;Oxfam France, rappelle que \u00ab&nbsp;<em>les pays en d\u00e9veloppement ont besoin de 455 \u00e0 2<\/em>&nbsp;<em>400 milliards de dollars par an d&rsquo;ici 2030 pour r\u00e9ussir leur transition, mais (qu&rsquo;)aujourd&rsquo;hui, on est autour de 35 milliards r\u00e9ellement disponibles&#8230; Sans financements climatiques massifs, pr\u00e9visibles et accessibles, la sortie mondiale des \u00e9nergies fossiles restera hors de port\u00e9e. Santa Marta doit pr\u00e9cis\u00e9ment permettre de poser enfin les bases de financements concrets pour 2026\u20132035.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la marge de l&rsquo;agenda, et pourtant majeure, figure la question des R\u00e8glements des diff\u00e9rends entre investisseurs et \u00c9tats (RDIE), appel\u00e9s\u00a0<strong>tribunaux arbitraux<\/strong>\u00a0: 2\u00a0600 accords commerciaux et d&rsquo;investissements en font mention, donnant aux multinationales le droit de poursuivre en justice les pays pour les changements de politiques climatique. Un \u00ab\u00a0<em>effet dissuasif<\/em>\u00a0\u00bb majeur et co\u00fbteux d\u00e9j\u00e0 d\u00e9nonc\u00e9 par le Giec.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u25ba Que peut-on en attendre ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Aucune annonce multilat\u00e9rale fracassante n&rsquo;est attendue, les organisateurs ne s&rsquo;en cachent pas. Le principal livrable annonc\u00e9 est un \u00ab&nbsp;<em>rapport des co-pr\u00e9sidences<\/em>&nbsp;\u00bb. Sa qualit\u00e9 devrait \u00eatre l&rsquo;\u00e9talon-m\u00e8tre de l&rsquo;utilit\u00e9 de la conf\u00e9rence de Santa Marta pour transformer l&rsquo;essai lors de la prochaine COP onusienne. Mais selon Ed King, expert des strat\u00e9gies climatiques internationales, il ne faut pas l&rsquo;attendre directement \u00e0 l&rsquo;issue du sommet.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce r\u00e9sum\u00e9 des \u00ab&nbsp;<em>sc\u00e9narios de solutions<\/em>&nbsp;\u00bb, reprend la ministre Irene V\u00e9lez Torres, \u00ab&nbsp;\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b<em>sera le fruit d&rsquo;un travail collectif et pas seulement des gouvernements participants, pour veiller \u00e0 ce que les positions des diff\u00e9rents acteurs sociaux soient prises en compte<\/em>&nbsp;<em>: populations autochtones, personnes afro-descendantes, paysans, femmes, la jeunesse, les ONG, le secteur priv\u00e9, les syndicats. C&rsquo;est une diversit\u00e9 que nous voulons refl\u00e9ter dans le rapport final<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b<em>On n&rsquo;attend pas que cette conf\u00e9rence r\u00e8gle tous les probl\u00e8mes pos\u00e9s par la sortie des fossiles. On n&rsquo;attend pas non plus une longue liste de courses, seulement un pointage clair de quelques solutions-cl\u00e9s et actions concr\u00e8tes sur lesquelles s&rsquo;alignent les pays<\/em>&nbsp;\u00bb, pr\u00e9vient Katerine Petersen.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u25ba Dans quel contexte&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9clench\u00e9e le 28 f\u00e9vrier, trois mois apr\u00e8s la COP30, la\u00a0<strong>guerre isra\u00e9lo-am\u00e9ricaine en Iran<\/strong>\u00a0a provoqu\u00e9 un choc \u00e9nerg\u00e9tique mondial, qui ajoute \u00e0 cette conf\u00e9rence une acuit\u00e9 et un \u00e9cho m\u00e9diatique inesp\u00e9r\u00e9. \u00ab\u00a0\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b<em>Nous ouvrons une br\u00e8che dans un d\u00e9bat qui est urgent, non seulement d&rsquo;un point de vue environnemental, mais aussi pr\u00e9cis\u00e9ment en ce moment pour la s\u00e9curit\u00e9 nationale de chaque pays<\/em>\u00a0\u00bb, commente pour RFI la ministre Irene V\u00e9lez.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b<em>On voyait, notamment depuis la derni\u00e8re COP, que la justification uniquement environnementale<\/em>\u00a0[de la transition \u00e9nerg\u00e9tique]\u00a0<em>perdait du poids<\/em>\u00a0\u00bb,\u00a0<strong>d\u00e9crypte pour RFI<\/strong>\u00a0Nicolas Berghmans, chercheur en politiques climatiques et \u00e9nerg\u00e9tiques \u00e0 l&rsquo;Iddri. L&rsquo;annihilation de la question climatique par l&rsquo;administration Trump y est pour beaucoup.<\/p>\n\n\n\n<p>Or, poursuit le directeur de programmes, \u00ab&nbsp;\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b<em>il y a d&rsquo;autres raisons \u00e0 vouloir sortir des \u00e9nergies fossiles<\/em>&nbsp;\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b<em>: \u00eatre moins sensibles \u00e0 ces crises via les d\u00e9pendances. Cette conf\u00e9rence tombe \u00e0 point nomm\u00e9. L&rsquo;une des conditions de son succ\u00e8s est qu&rsquo;elle puisse reconna\u00eetre l&rsquo;ensemble des dimensions pour lesquelles la sortie des \u00e9nergies fossiles est souhaitable.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Dit autrement par Ga\u00efa Febvre, responsable des politiques internationales au R\u00e9seau Action Climat, qui f\u00e9d\u00e8re des dizaines d&rsquo;ONG&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Sortir des \u00e9nergies fossiles n&rsquo;est pas une option id\u00e9ologique, mais une n\u00e9cessit\u00e9 strat\u00e9gique pour garantir \u00e0 la fois la stabilit\u00e9 mondiale, l&rsquo;ind\u00e9pendance \u00e9nerg\u00e9tique et un avenir vivable.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9bat du jourLe recours aux \u00e9nergies vertes va-t-il devenir indispensable ?<\/p>\n\n\n\n<p>En grippant le commerce maritime dans le d\u00e9troit d&rsquo;Ormuz, passage-cl\u00e9 d&rsquo;exportations mondiales de p\u00e9trole et de gaz, la\u00a0<strong>guerre en Iran a boulevers\u00e9 les cha\u00eenes d&rsquo;approvisionnement<\/strong>. Les cours du p\u00e9trole se sont enflamm\u00e9s avec des cons\u00e9quences directes sur l&rsquo;\u00e9conomie mondiale\u00a0: du transport des marchandises et des personnes aux produits d\u00e9riv\u00e9s du p\u00e9trole, la fabrication des plastiques en passant par l&rsquo;industrie du textile ou celui des engrais agricoles.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour l&rsquo;Europe, c&rsquo;est le deuxi\u00e8me s\u00e9isme en l&rsquo;espace de quatre ans, apr\u00e8s\u00a0<strong>l&rsquo;invasion russe en Ukraine<\/strong>\u00a0qui avait mis \u00e0 mal la fourniture en gaz de l&rsquo;UE. Dans le conflit moyen-oriental, c&rsquo;est moins l&rsquo;approvisionnement que le co\u00fbt qui se r\u00e9percute dans son \u00e9conomie. \u00ab\u00a0\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b<em>L&rsquo;int\u00e9r\u00eat d&rsquo;aller vers un mod\u00e8le \u00e9nerg\u00e9tique diff\u00e9rent est de plus en plus soulign\u00e9 et s&rsquo;accompagne de mesures<\/em>\u00a0\u00bb politiques des \u00c9tats, note encore Nicolas Berghmans. \u00ab\u00a0\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b<em>Ces mesures \u00e9taient historiquement sur le d\u00e9veloppement de l&rsquo;offre d\u00e9carbon\u00e9e \u2013<\/em>\u00a0<em>le d\u00e9veloppement des renouvelables<\/em>\u00a0\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b<em>\u2013 et ont tendance \u00e0 se d\u00e9placer du c\u00f4t\u00e9 de la demande pour (\u2026) acc\u00e9l\u00e9rer l&rsquo;adoption de l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 dans la consommation.<\/em>\u00a0\u00bb Pour cet expert, \u00ab\u00a0\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b<em>le contexte actuel devrait mettre encore plus \u00e0 l&rsquo;agenda les solutions de long terme et acc\u00e9l\u00e9rer le rythme de ces transformations<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, environ 60 pays ont annonc\u00e9 des mesures vari\u00e9es sur l&rsquo;\u00e9lectrification depuis le d\u00e9but du conflit. Une moiti\u00e9 d&rsquo;entre eux a choisi de subventionner ou r\u00e9duire les taxes sur le carburant. D&rsquo;autres (16 \u00c9tats d&rsquo;Asie) ont\u00a0<strong>opt\u00e9 pour faire baisser la consommation de p\u00e9trole<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour Irene V\u00e9lez Torres, \u00ab&nbsp;\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b<em>de nombreux gouvernements sont confront\u00e9s \u00e0 un dilemme<\/em>&nbsp;<em>: assurer leur souverainet\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique par le biais d&rsquo;un programme \u00e9cologique ou assurer leur souverainet\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique par le biais de ressources \u00e9nerg\u00e9tiques, m\u00eame si celles-ci sont polluantes. Nous voyons, par exemple, que le Royaume-Uni \u00e9voquait r\u00e9cemment la possibilit\u00e9 de reprendre l&rsquo;extraction et l&rsquo;exploration p\u00e9troli\u00e8res dans le Nord. J&rsquo;esp\u00e8re que, collectivement, nous pourrons d\u00e9cider que le moment est venu de radicaliser un programme \u00e9cologique en mati\u00e8re d&rsquo;\u00e9nergie et de transition.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Premier pays \u00e0 \u00eatre sorti du charbon<\/strong>, le Royaume-Uni a annonc\u00e9 mardi 21 avril un plan structurel pour transformer son syst\u00e8me \u00e9nerg\u00e9tique. Le 21 avril, le ministre de l&rsquo;Energie Ed Miliband s&rsquo;exprimait dans\u00a0<strong>un discours-fleuve<\/strong>\u00a0\u00e0 la tonalit\u00e9 plus \u00e9conomique que climatique\u00a0: \u00ab\u00a0<em>La le\u00e7on pour notre pays est claire<\/em>\u00a0\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b<em>: l&rsquo;\u00e8re de la s\u00e9curit\u00e9 fond\u00e9e sur les combustibles fossiles est r\u00e9volue.<\/em>\u00a0\u00bb Pas question, toutefois, de \u00ab\u00a0\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b<em>fermer compl\u00e8tement le robinet<\/em>\u00a0\u00bb. Il faut \u00eatre \u00ab\u00a0<em>pragmatique<\/em>\u00a0\u00bb pour garder le cap de la croissance. Les projets d&rsquo;extraction p\u00e9tro-gaziers en mer du Nord\u00a0<strong>sont un sujet de division outre-Manche<\/strong>, au sein m\u00eame du gouvernement travailliste.<\/p>\n\n\n\n<p>Santa Marta intervient finalement dans ce qui ressemble \u00e0 un branle-bas de combat \u00e9nerg\u00e9tique pr\u00e9cipit\u00e9 par la g\u00e9opolitique. \u00ab&nbsp;\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b<em>On arrive \u00e0 un point o\u00f9 les leaders politiques voient les \u00e9nergies fossiles non plus comme une s\u00e9curit\u00e9 mais comme un risque. Ils veulent travailler ensemble pour affronter ces risques mais aussi drainer les b\u00e9n\u00e9fices vers leurs \u00e9conomies<\/em>&nbsp;\u00bb, analyse Katerine Petersen, du cercle de r\u00e9flexion E3G.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 leur image, de nombreux pays sont encore tr\u00e8s d\u00e9pendants du charbon, du p\u00e9trole et du gaz. D&rsquo;autres aimeraient exploiter ces ressources fossiles pour se d\u00e9velopper \u00e9conomiquement. \u00ab&nbsp;\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b\u200b<em>De quel d\u00e9veloppement parlent-ils<\/em>&nbsp;<em>?,<\/em>&nbsp;r\u00e9plique le Sud-Africain Kumi Naidoo, \u00e0 la t\u00eate de l&rsquo;Initiative pour un trait\u00e9 de non-prolif\u00e9ration des \u00e9nergies fossiles, qui regroupe 19 pays favorables \u00e0 un tel m\u00e9canisme juridique sur 30 n\u00e9cessaires.&nbsp;<em>S&rsquo;engager pour une source d&rsquo;\u00e9nergie qui va contribuer \u00e0 l&rsquo;\u00e9l\u00e9vation du niveau de la mer, \u00e0 des inondations extr\u00eames, \u00e0 des cycles de s\u00e9cheresse, etc., n&rsquo;est pas une bonne chose pour le d\u00e9veloppement \u00e0 long terme. Ils vont investir d&rsquo;\u00e9normes sommes d&rsquo;argent dans l&rsquo;infrastructure des combustibles fossiles pour les 30 ou 40 prochaines ann\u00e9es, et ils se retrouveront avec des actifs carbone \u00e9chou\u00e9s, ce qui leur garantira une situation \u00e9conomique pire. Bien s\u00fbr, nous ne disons pas que nous pouvons tout \u00e9teindre demain, mais investir dans de nouveaux projets de combustibles fossiles n&rsquo;est pas dans l&rsquo;int\u00e9r\u00eat du d\u00e9veloppement \u00e0 court, moyen ou long terme d&rsquo;un pays du Sud.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>En 2025, les \u00e9nergies renouvelables ont produit plus d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 dans le monde que le charbon. Les investissements dans les \u00e9nergies propres sont environ deux fois plus importants que ceux consacr\u00e9s aux combustibles fossiles.<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 cette tendance, la part des trois combustibles polluants dans le camembert du mix \u00e9nerg\u00e9tique mondial ne descend pas en dessous de 80%. Car transition ne veut pas forc\u00e9ment dire substitution&nbsp;: les \u00e9nergies nouvelles peuvent s&rsquo;additionner aux \u00ab&nbsp;anciennes&nbsp;\u00bb, d&rsquo;autant que la demande d&rsquo;\u00e9nergie s&rsquo;accroit.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Devant l&rsquo;impuissance des conf\u00e9rences climat de l&rsquo;ONU \u00e0 permettre aux soci\u00e9t\u00e9s de s&rsquo;\u00e9manciper du p\u00e9trole, la Colombie r\u00e9unit, du 24<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":71546,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[51],"tags":[],"class_list":["post-71545","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-general"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/71545","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=71545"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/71545\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":71547,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/71545\/revisions\/71547"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/71546"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=71545"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=71545"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=71545"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}