{"id":70407,"date":"2026-04-03T12:00:34","date_gmt":"2026-04-03T12:00:34","guid":{"rendered":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=70407"},"modified":"2026-04-03T12:01:03","modified_gmt":"2026-04-03T12:01:03","slug":"la-democratie-ce-nest-pas-pour-nous-ibrahim-traore-ecarte-lidee-delections-au-burkina-faso-un-rapport-revele-des-crimes-de-guerre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=70407","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0La d\u00e9mocratie ce n&rsquo;est pas pour nous\u00a0\u00bb: Ibrahim Traor\u00e9 \u00e9carte l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;\u00e9lections au Burkina Faso, un rapport r\u00e9v\u00e8le des crimes de guerre"},"content":{"rendered":"\n<p>L&rsquo;ONG Human Rights Watch a publi\u00e9, ce jeudi 2 avril, un rapport qui d\u00e9signe les responsables de crimes de guerre au Burkina Faso, alors que le capitaine Ibrahim Traor\u00e9 affirme que les Burkinab\u00e8 doivent&nbsp;<em>\u00ab\u00a0oublier\u00a0\u00bb<\/em>&nbsp;la d\u00e9mocratie. Jean-Baptiste Gallopin, chercheur \u00e0 HRW, d\u00e9taille pour TV5MONDE les r\u00e9sultats de l&rsquo;enqu\u00eate qui recueille quelques 380 t\u00e9moignages.<\/p>\n\n\n\n<p>Les meurtres de civils au Burkina Faso ne sont pas des bavures isol\u00e9es: c&rsquo;est ce que r\u00e9v\u00e8le\u00a0un rapport de Human Rights Watch\u00a0(HRW) qui expose l&rsquo;ampleur des crimes de guerre perp\u00e9tr\u00e9s dans ce pays d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest, depuis\u00a0la prise de pouvoir du capitaine Ibrahim Traor\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019organisation non gouvernementale&nbsp;a publi\u00e9 son enqu\u00eate intitul\u00e9e \u00ab\u00a0Personne ne pourra s&rsquo;\u00e9chapper\u00a0\u00bb, ce jeudi 2 avril. Ce document de 316 pages met en lumi\u00e8re les atrocit\u00e9s commises par les forces arm\u00e9es burkinab\u00e8 et par les djihadistes du Groupe de soutien \u00e0 l&rsquo;islam et aux musulmans (Jnim), avec un bilan de plus de 1.800 civils tu\u00e9s entre 2023 et 2025.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\u00ab\u00a0<em>On ne parle m\u00eame pas d&rsquo;\u00e9lections\u00a0\u00bb<\/em><\/h2>\n\n\n\n<p>Ces r\u00e9v\u00e9lations font surface alors que le chef du pouvoir militaire, le capitaine Ibrahim Traor\u00e9, a d\u00e9clar\u00e9&nbsp;que les Burkinab\u00e8 devaient \u00ab\u00a0<em>oublier<\/em>\u00a0\u00bb la d\u00e9mocratie, dans un entretien accord\u00e9 \u00e0 plusieurs m\u00e9dias ce jeudi 2 avril. \u00ab\u00a0<em>On ne parle m\u00eame pas d\u2019\u00e9lections, d\u2019abord (\u2026) il faut que les gens oublient la question de la d\u00e9mocratie. La d\u00e9mocratie ce n\u2019est pas pour nous<\/em>\u00ab\u00a0, a-t-il affirm\u00e9 \u00e0 l\u2019occasion de l&rsquo;an 1 de la proclamation de la \u00ab\u00a0R\u00e9volution progressiste populaire\u00a0\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La Charte de la transition a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9e pour cette proclamation, le 27\u00a0mars. Elle permet au capitaine Ibrahim Traor\u00e9 de rester au pouvoir cinq ans de plus \u00e0 compter de juillet 2024, date de fin officielle de la transition, et \u00e0 se pr\u00e9senter aux \u00ab\u00a0<em>\u00e9lections pr\u00e9sidentielle, l\u00e9gislatives et municipales<\/em>\u00ab\u00a0, pr\u00e9vues au terme de ces cinq ann\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Le r\u00e9gime militaire a dissous, en octobre 2025, la Commission \u00e9lectorale nationale ind\u00e9pendante (C\u00e9ni), puis, en f\u00e9vrier dernier, les partis politiques, dont les activit\u00e9s \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 suspendues. \u00ab\u00a0<em>Nous ne sommes pas dans une d\u00e9mocratie<\/em>\u00ab\u00a0, avait-il d\u00e9j\u00e0 assum\u00e9 l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour parvenir aux conclusions de son rapport, Human Rights Watch a men\u00e9 une enqu\u00eate approfondie sur une p\u00e9riode d&rsquo;un an et demi, documentant 57 incidents \u00e0 travers le pays. Jean-Baptiste Gallopin, chercheur \u00e0 Human Rights Watch, explique \u00e0 TV5MONDE que ce travail a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 dans un contexte de r\u00e9pression du journalisme ind\u00e9pendant et de l&rsquo;activit\u00e9 politique, rendant les t\u00e9moins r\u00e9ticents \u00e0 s&rsquo;exprimer.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab\u00a0<em>C&rsquo;est un travail qui a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s difficile, puisqu&rsquo;aujourd&rsquo;hui r\u00e8gne au Burkina Faso un climat de terreur et de parano\u00efa (&#8230;). Les t\u00e9moins craignent pour leur vie, ils ont tr\u00e8s peur<\/em>\u00ab\u00a0.<\/p>\n\n\n\n<p>Jean-Baptiste Gallopin, chercheur \u00e0 Human Rights Watch<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">380 t\u00e9moignages recueillis<\/h2>\n\n\n\n<p>L&rsquo;organisation a ainsi d\u00fb recourir \u00e0 des interviews t\u00e9l\u00e9phoniques et \u00e0 des rencontres avec des survivants r\u00e9fugi\u00e9s dans les pays voisins. Au total, 380 t\u00e9moignages ont \u00e9t\u00e9 recueillis. L&rsquo;analyse a \u00e9t\u00e9 compl\u00e9t\u00e9e par des images satellites, des vid\u00e9os et des photos diffus\u00e9es sur les r\u00e9seaux sociaux, ainsi que par une m\u00e9thode utilisant l&rsquo;intelligence artificielle pour analyser des milliers de vid\u00e9os en ligne.<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les images analys\u00e9es, certaines ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es sur les r\u00e9seaux sociaux du Jnim \u00ab\u00a0<em>qui combat le gouvernement<\/em>\u00ab\u00a0, explique Jean-Baptiste Gallopin. D&rsquo;autres proviennent de la cha\u00eene de radio et t\u00e9l\u00e9vision gouvernementale du Burkina Faso.<\/p>\n\n\n\n<p>Le rapport r\u00e9v\u00e8le que \u00ab\u00a0<em>le ciblage des civils est vraiment devenu un \u00e9l\u00e9ment de strat\u00e9gie des deux c\u00f4t\u00e9s<\/em>\u00a0\u00bb du conflit, indique le chercheur du HWR. Le Jnim attaque les populations sous contr\u00f4le gouvernemental, les accusant de soutenir le gouvernement. En r\u00e9ponse, le gouvernement burkinab\u00e9 cible les populations vivant sous l&rsquo;influence du Jnim, les assimilant \u00e0 des terroristes.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le gouvernement responsable de la majorit\u00e9 des morts<\/h2>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0<em>Une dynamique tr\u00e8s claire s&rsquo;est enclench\u00e9e depuis la d\u00e9cision de la junte de recruter des dizaines de milliers de civils dans la milice des Volontaires pour la D\u00e9fense de la Patrie (VDP), qui a men\u00e9 \u00e0 de nouvelles attaques<\/em>\u00ab\u00a0, estime Jean-Baptiste Gallopin. Le Jnim a commenc\u00e9 \u00e0 viser les villages o\u00f9 ce recrutement avait lieu. Le gouvernement et les VDP ont quant \u00e0 eux cibl\u00e9 les personnes qui refusaient de s&rsquo;engager.<\/p>\n\n\n\n<p>Le rapport r\u00e9v\u00e8le qu&rsquo;environ 1.200 civils, soit une forte majorit\u00e9, ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s dans des attaques du gouvernement et des VDP. Certaines attaques sont cibl\u00e9es, comme celles contre la communaut\u00e9 peule, qui font partie d&rsquo;une politique de nettoyage ethnique, selon le chercheur.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Juste une \u00ab\u00a0partie immerg\u00e9e de l&rsquo;iceberg\u00a0\u00bb<\/h2>\n\n\n\n<p>Les forces gouvernementales et les VDP sont accus\u00e9es de cibler cette ethnie, entra\u00eenant le d\u00e9placement de dizaines de milliers de personnes. Des villages entiers ont \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9s, des civils tu\u00e9s, et leurs biens pill\u00e9s et d\u00e9truits. \u00ab\u00a0<em>Les violations que nous avons pu documenter sont la partie immerg\u00e9e de l&rsquo;iceberg<\/em>\u00ab\u00a0, rappelle le chercheur.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 ces violations, Human Rights Watch appelle la Cour p\u00e9nale internationale \u00e0 ouvrir un examen pr\u00e9liminaire sur la situation au Burkina Faso, premi\u00e8re \u00e9tape vers une enqu\u00eate formelle. L&rsquo;organisation exhorte \u00e9galement les \u00c9tats \u00e0 poursuivre les responsables de ces crimes, qu&rsquo;ils soient membres du Jnim ou de l&rsquo;arm\u00e9e burkinab\u00e9. Face \u00e0 ces accusations,&nbsp;Ibrahim Traor\u00e9 a affirm\u00e9, ce jeudi, qu&rsquo;<em>\u00ab\u00a0il n&rsquo;y a pas de preuves<\/em>\u00ab\u00a0.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;ONG Human Rights Watch a publi\u00e9, ce jeudi 2 avril, un rapport qui d\u00e9signe les responsables de crimes de guerre<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":36953,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[],"class_list":["post-70407","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-politics"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/70407","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=70407"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/70407\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":70408,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/70407\/revisions\/70408"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/36953"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=70407"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=70407"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=70407"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}